Nicole Edelman
Nicole Edelman
Le XIXe siècle n'est pas seulement « le temps des prophètes », comme l'a écrit Paul Bénichon, il est également celui des somnambules et des médiums. Jamais auparavant, le spiritisme n'avait connu un tel succès, aussi bien auprès des hommes que des femmes. Pourtant, seuls ses adeptes masculins et, en particulier le groupe réuni autour d'Allan Kardec avaient retenu l'attention des historiens. Des femmes ne subsistaient dans la mémoire que les quelques héroïnes des romans de Balzac ou de Dumas, et la très célèbre Mlle Le normand. C'est à mieux connaître celles qui, nombreuses, notamment à Paris et à Lyon, se réclamaient de la mouvance spirite que Nicole Edelman, historienne du XIXe siècle, consacre son livre, fruit d'un rigoureux dépouillement d'archives inexplorées et d'un regard neuf porté sur ces femmes. Animatrices de cercles, fondatrices de revues, elles se sont voulues visionnaires et militantes d'un monde renouvelé : une nouvelle morale, une nouvelle société, une nouvelle Église. Repoussées et marginalisées par le clergé, les médecins et les politiques, elles ont trouvé des accents utopiques en plein siècle des révolutions, avant de s'effacer en 1914 et de n'être aujourd'hui remplacées que par de simples servantes des illusions de chacun.
Timothée Castellan, un homme aux pieds bots, s'enfuit pendant trois jours avec Joséphine Hugues, 26 ans, encore célibataire. Il sera condamné à 12 ans de bagne pour l'avoir « violée sous magnétisme », c'est-à-dire sous hypnose. Nicole Edelman nousplonge en historienne dans les archives de cette affaire pour comprendre cette fugue et interroger l'impossible consentement de Joséphine. En juillet 1865, Timothée Castellan, ancien bouchonnier, est condamné à 12 ans de bagne pour avoir violé sous magnétisme Joséphine Hugues, journalière de 26 ans. Lors de ce procès, des médecins-experts valident l'existence de l'hypnose, jusqu'alors niée par les académies médicales, transformant Joséphine Hugues en cas de référence pendant de longues années. Nicole Edelman questionne les archives de l'affaire et l'histoire du Var : pourquoi valider, à ce moment, l'efficacité de l'hypnose ? Pourquoi fallait-il que Joséphine soit lavée de tout soupçon de consentement, privée de désir propre ? Pourquoi maires, médecins et juges ont-ils pesé de tout leur poids pour condamner Castellan à une peine aussi lourde, si rare en cas de viol ? Nicole Edelman analyse cette affaire sous l'angle des rapports de domination à la fois sociale, médicale et politique, et elle met au jour avec brio les multiples enserrements dans lesquels sont pris Timothée Castellan et bien plus encore Joséphine Hugues. Et les échos de cette affaire résonnent encore, ainsi dans l'adaptation récente que le cinéaste Benoît Jacquot en a faite.
Timothée Castellan, un homme aux pieds bots, s'enfuit pendant trois jours avec Joséphine Hugues, 26 ans, encore célibataire. Il sera condamné à 12 ans de bagne pour l'avoir « violée sous magnétisme », c'est-à-dire sous hypnose. Nicole Edelman nousplonge en historienne dans les archives de cette affaire pour comprendre cette fugue et interroger l'impossible consentement de Joséphine. En juillet 1865, Timothée Castellan, ancien bouchonnier, est condamné à 12 ans de bagne pour avoir violé sous magnétisme Joséphine Hugues, journalière de 26 ans. Lors de ce procès, des médecins-experts valident l'existence de l'hypnose, jusqu'alors niée par les académies médicales, transformant Joséphine Hugues en cas de référence pendant de longues années. Nicole Edelman questionne les archives de l'affaire et l'histoire du Var : pourquoi valider, à ce moment, l'efficacité de l'hypnose ? Pourquoi fallait-il que Joséphine soit lavée de tout soupçon de consentement, privée de désir propre ? Pourquoi maires, médecins et juges ont-ils pesé de tout leur poids pour condamner Castellan à une peine aussi lourde, si rare en cas de viol ? Nicole Edelman analyse cette affaire sous l'angle des rapports de domination à la fois sociale, médicale et politique, et elle met au jour avec brio les multiples enserrements dans lesquels sont pris Timothée Castellan et bien plus encore Joséphine Hugues. Et les échos de cette affaire résonnent encore, ainsi dans l'adaptation récente que le cinéaste Benoît Jacquot en a faite.
Voyance, astrologie, numérologie, parapsychologie, spiritisme, le paranormal englobe de nos jours toutes ces croyances et d'autres encore : la théosophie, le new age, le "psy". Le plus souvent confondus, amalgamés, ces termes font régulièrement la une de nos journaux et de nos revues. Ils traversent nos vies, se glissent dans les scénarios de film, de série, de documentaire ou de reportage, et toujours se pose la question : "Y croyez-vous ?" Ce livre pourtant ne la posera pas. Son but est autre : il vise à analyser et à replacer dans un temps long ces domaines du paranormal. Voir, prédire, traverser les miroirs du temps, voyager dans des univers parallèles, ces phénomènes réels ou irréels, vrais ou rêvés, s'ils sont universels, n'en ont pas moins une histoire complexe et tortueuse, chacun possédant une signification particulière qui évolue au fil du temps. C'est cet envers de la raison, cette emprise progressive du paranormal sur nos sociétés que l'ouvrage donne à comprendre, en montrant comment les frontières entre science et religion, savoir et croyance, normal et anormal s'en trouvent radicalement bouleversées.
Depuis le XIXe siècle, l'hystérie est un défi pour la pensée médicale. Protéiforme, elle oscille entre vapeurs et possession, entre mal de mère et mal du diable, entre " bovarysme " et folie, maladie nerveuse et maladie psychique. Ce livre retrace ces métamorphoses incessantes, au gré des découvertes médicales mais aussi des évolutions sociales, culturelles, voire politiques du siècle. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2003.)