Nicole Aubert
Nicole Aubert
Au fond, on pourrait imaginer que les femmes, prenant de plus en plus les rênes de la vie sociale, de la vie économique, de la vie politique réussissent tout doucement à faire disparaître l'espèce masculine comme les diplodocus ont disparu ; et puis, un jour, on dirait : après tout, c'était une erreur de la nature. Enfin, une voie de garage... Au-delà de cette boutade, n'est-ce pas aussi en terme de menace que se pose, pour les hommes, l'insertion croissante des femmes à des postes de responsabilité dans l'entreprise et dans la vie sociale ? Assiste-t-on à l'émergence d'un pouvoir féminin durable et puissant ? Mais le monde de la grande entreprise concurrentielle est souvent un monde a-féminin, et la place faite aux femmes y apparaît comme un héritage de l'histoire et du rôle que les hommes entendent assigner à la Féminité dans un espace dont ils gardent la maîtrise. L'avènement des femmes ne constitue-t-il pas, dès lors, un puissant élément de psychanalyse de l'organisation et, par-delà, de notre société ? Selon le caractère plus ou moins culturellement masculin et l'imaginaire des entreprises dans lesquelles elles s'insèrent, les femmes vivront leur identité féminine sur des modes différents : ici, elles choisiront de préserver l'image que les hommes ont d'elles : là, de nier leur féminité ou bien encore de la neutraliser. À ces modes correspondent divers types de pouvoir féminin : pouvoir occulte dans l'ombre de l'homme, pouvoir de la permanence, pouvoir de la séduction, pouvoir égalitaire par-delà la contestation masculine, pouvoir maternel, auxquels s'oppose un pouvoir masculin qui semble animé par une quête inassouvie d'existence. Au-delà des relations hommes-femmes en jeu dans l'entreprise, c'est aussi l'affrontement entre pouvoir masculin et pouvoir féminin, tel qu'on en retrouve les racines mythologiques et psychologiques dans notre culture, que l'on voit se dessiner dans ce livre qui s'appuie sur de nombreuses interviews réalisées auprès de femmes et d'hommes, cadres dans diverses grandes entreprises. Ce sont également toutes les traditionnelles notions du masculin et du féminin qui y sont analysées et remises en question.
Celui qui s'aventure sur le " passage des chantages " s'expose a toutes sortes de recel. Josuke et Joshu n'y coupent pas non plus : les voila victimes d'une succession de complots ! S'agit-il la d'un habile tour de passe-passe ?! Ou serait-ce pluto t l'oeuvre d'un nouveau Stand ?!
« Pas le temps ! » À la métaphore traditionnelle du temps qui s'écoule a succédé depuis peu celle d'un temps qui s'accélère, un temps qui nous échappe sans cesse et dont le manque nous obsède. Avec l'avènement de la communication instantanée et sous la dictature du « temps réel » qui régit l'économie, notre culture temporelle est en train de changer radicalement. L'urgence a envahi nos vies : il nous faut réagir « dans l'instant », sans plus avoir le temps de différencier l'essentiel de l'accessoire. Ce règne du court terme produit des effets contrastés. Certains, « shootés » à l'urgence, ont besoin de ce rythme pour se sentir exister intensément. Dans d'autres cas, le climat de pression est tel qu'il corrode les individus, qui déconnectent brutalement ou sombrent dans la dépression. Plus globalement, que ce soit dans le domaine de la famille, de la quête spirituelle, des modes de thérapie ou même de la littérature, le règne du temps court supplante celui du temps long. Dans une société fonctionnant souvent sur l'unique registre de la réactivité, se dessine ainsi le visage d'un nouveau type d'individu, flexible, pressé, collant aux exigences de l'instant ou à la jouissance qu'il procure, et cherchant dans l'intensité du moment une immédiate éternité.
« Pas le temps ! » À la métaphore traditionnelle du temps qui s'écoule a succédé depuis peu celle d'un temps qui s'accélère, un temps qui nous échappe sans cesse et dont le manque nous obsède. Avec l'avènement de la communication instantanée et sous la dictature du « temps réel » qui régit l'économie, notre culture temporelle est en train de changer radicalement. L'urgence a envahi nos vies : il nous faut réagir « dans l'instant », sans plus avoir le temps de différencier l'essentiel de l'accessoire. Ce règne du court terme produit des effets contrastés. Certains, « shootés » à l'urgence, ont besoin de ce rythme pour se sentir exister intensément. Dans d'autres cas, le climat de pression est tel qu'il corrode les individus, qui déconnectent brutalement ou sombrent dans la dépression. Plus globalement, que ce soit dans le domaine de la famille, de la quête spirituelle, des modes de thérapie ou même de la littérature, le règne du temps court supplante celui du temps long. Dans une société fonctionnant souvent sur l'unique registre de la réactivité, se dessine ainsi le visage d'un nouveau type d'individu, flexible, pressé, collant aux exigences de l'instant ou à la jouissance qu'il procure, et cherchant dans l'intensité du moment une immédiate éternité.
Toute l'histoire de notre rapport au temps est marquée par une progressive accélération du rythme de la vie. L'avènement des nouvelles technologies de la communication (mails, téléphones mobiles, Internet) et le triomphe du capitalisme financier, fondé sur une exigence de rentabilité à très court terme, ont entraîné trois façons nouvelles de vivre le temps : l'instantanéité, l'immédiateté et enfin l'urgence. La nouveauté est là, dans le fait que l'urgence, autrefois cantonnée au domaine médical ou, parfois, au domaine juridique, a envahi le domaine économique et, par voie de conséquence, le registre de la vie professionnelle et celui de la vie personnelle. Ce sont les fondements et les incidences de ce nouveau rapport au temps que les auteurs se proposent d'approfondir au niveau des individus, des groupes, des institutions et des entreprises, et dans différents domaines : la finance, la politique, l'économie, l'utilisation des technologies, les apprentissages...
Mondialisation économique soumise aux lois du marché, éclatement des limites spatiales (plus de frontières), temporelles (règne de l'immédiateté, de l'urgence), éthiques (plus d'interdit), massification et violence : dans ce contexte où l'adhésion se fait plus à soi-même qu'à une cause, l'individu, devenu avant tout un consommateur, aussi bien de produits que de sens ou de soi (autoréflexivité permanente), doit aussi lutter pour son existence sociale. On assiste ainsi aujourd'hui à une recomposition de l'identité personnelle, à la fois renforcée et fragilisée, au renouvellement des profils psychologiques, à l'émergence de nouveaux types de pathologies, à l'hypercompétitivité permanente et à un rapport au temps inédit. L'ouvrage rend compte de ces mutations en explorant toutes les facettes de cet individu, produit et producteur de la société hypermoderne. Nicole Aubert, sociologue, professeur à l'Ecole supérieure de commerce de Paris
La visibilité est un terme qui revient aujourd'hui de façon récurrente dans le débat public. Pas une réunion en entreprise, privée ou publique, à l'université ou dans les organismes sociaux qui ne se préoccupe désormais de rendre visible l'action menée ou ne se montre consciente de la nécessité de se rendre visible, de façon à capter l'attention. Pas un parti politique, un responsable qui ne s'en soucie de manière lancinante et continue. L'ensemble des pratiques sociales connaissent à présent les tyrannies de la médiatisation permanente. Pourquoi et comment l'exigence de visibilité a-t-elle pris une telle ampleur aujourd'hui dans notre société ? Quelles en sont les manifestations et les conséquences à différents niveaux, celui de la société dans son ensemble, celui du travail, de la vie politique, de la façon de communiquer, celui du rapport à soi et du vécu individuel de chacun ? Nicole Aubert est professeur à ESCP Europe et membre du Laboratoire de changement social de l'université Paris 7. Claudine Haroche est directeur de recherches au CNRS