Nathalie Azoulai
Nathalie Azoulai
"Soeur. Ce tout petit mot me fait de l'oeil. Combien de lettres a-t-il ? Officiellement quatre, mais avec un léger trouble au milieu. Son e dans l'o est une ligature qui forme un noeud sitôt qu'on l'écrit, inscrit le lien en son coeur. Il n'y a pas de touche dévolue à ce caractère, ce digramme, sur les claviers. On peut utiliser un raccourci pour l'obtenir (sous Mac, c'est Maj + Option + o), mais moi, je tape toujours o puis e, puis j'attends : l'ordinateur hésite une nanoseconde, je dois taper sur la touche espace pour que le coeur se contracte et que le e entre dans le o. Je guette cette minuscule étreinte digitale. Un instant, sous mes yeux, s o e u r a flotté, bringuebalant, en mal d'un centre qui le leste, d'un noeud qui le tienne, d'un coeur qui le soeure." Avoir des soeurs, faire des soeurs, deux, trois, quatre, cinq, etc. Dans le temps, le réel et la fiction, Nathalie Azoulai explore le lien.
"Soeur. Ce tout petit mot me fait de l'oeil. Combien de lettres a-t-il ? Officiellement quatre, mais avec un léger trouble au milieu. Son e dans l'o est une ligature qui forme un noeud sitôt qu'on l'écrit, inscrit le lien en son coeur. Il n'y a pas de touche dévolue à ce caractère, ce digramme, sur les claviers. On peut utiliser un raccourci pour l'obtenir (sous Mac, c'est Maj + Option + o), mais moi, je tape toujours o puis e, puis j'attends : l'ordinateur hésite une nanoseconde, je dois taper sur la touche espace pour que le coeur se contracte et que le e entre dans le o. Je guette cette minuscule étreinte digitale. Un instant, sous mes yeux, s o e u r a flotté, bringuebalant, en mal d'un centre qui le leste, d'un noeud qui le tienne, d'un coeur qui le soeure." Avoir des soeurs, faire des soeurs, deux, trois, quatre, cinq, etc. Dans le temps, le réel et la fiction, Nathalie Azoulai explore le lien.
"On aurait voulu inventer ta vie, Théo, qu'on n'aurait pas osé, dit Léa. Tu auras passé la première moitié à vouloir être juif et la deuxième à vouloir être arabe. - Et toi, à vouloir oublier que tu étais juive puis à t'en vouloir d'avoir voulu l'oublier, dit-il du tac au tac. - Au moins, moi, je me débrouille avec ce que je suis. Mais qui sait, un jour, tu seras peut-être toi-même..." À travers les yeux de Théo et la voix chaleureuse de Yoann Gasiorowski, le roman aborde le sujet délicat des unions mixtes et des amours qui font alliance contre le mal. © P.O.L éditeur, 2025 Couverture : © Nadiiiya / Shutterstock
"On aurait voulu inventer ta vie, Théo, qu'on n'aurait pas osé, dit Léa. Tu auras passé la première moitié à vouloir être juif et la deuxième à vouloir être arabe. - Et toi, à vouloir oublier que tu étais juive puis à t'en vouloir d'avoir voulu l'oublier, dit-il du tac au tac. - Au moins, moi, je me débrouille avec ce que je suis. Mais qui sait, un jour, tu seras peut-être toi-même..." À travers les yeux de Théo et la voix chaleureuse de Yoann Gasiorowski, le roman aborde le sujet délicat des unions mixtes et des amours qui font alliance contre le mal. © P.O.L éditeur, 2025 Couverture : © Nadiiiya / Shutterstock
"On aurait voulu inventer ta vie, Théo, qu'on n'aurait pas osé, dit Léa. Tu auras passé la première moitié à vouloir être juif et la deuxième à vouloir être arabe. - Et toi, à vouloir oublier que tu étais juive puis à t'en vouloir d'avoir voulu l'oublier, dit-il du tac au tac. - Au moins, moi, je me débrouille avec ce que je suis. Mais qui sait, un jour, tu seras peut-être toi-même..." À travers les yeux de Théo et la voix chaleureuse de Yoann Gasiorowski, le roman aborde le sujet délicat des unions mixtes et des amours qui font alliance contre le mal. © P.O.L éditeur, 2025 Couverture : © Nadiiiya / Shutterstock
« Les machines du monde tournent grâce à des programmes informatiques qu'on appelle le code. Cette révolution technique ressemble à celle de l'électricité à la différence près qu'elle se compose de langages, de grammaires, de traductions, toutes choses qui devraient nous concerner mais dont nous ignorons tout. Je suis une femme, j'ai plus de cinquante ans, je suis écrivain et, malgré tous ces handicaps, je veux apprendre à coder. Je veux comprendre ce qui se passe sous les doigts des jeunes codeurs qui pianotent jour et nuit, font défiler sur leurs écrans noirs des lignes de signes multicolores, véloces, écrites dans notre alphabet mais que nous autres ne décodons pas. Ils sont là, à côté de nous, silencieux et puissants, et nous ne les voyons pas. Mes proches se moquent de moi, me rappellent que je panique au moindre bug et ils ont raison, alors que faire ? Par où commencer ? Python est bien le nom d'un langage de programmation mais c'est surtout ici une autofiction écrite comme un conte initiatique, mythologique, au cours duquel je croise Boris, Chloé, Margaux, Enzo, des jeunes gens qui codent et tentent de m'expliquer comment ils font. Je n'y comprends rien, je laisse tomber, je n'ai plus l'âge, je retourne à mes livres, à quoi bon ? Mais Python m'obsède et je m'obstine. Je m'y remets, intriguée par ces bataillons de geeks tournés vers des fonds où ils descendent entre eux, entre hommes. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Que cachent-ils ? J'enquête et Python s'écrit en images sur mon mur à coups de visages, de scènes, de mots, de tableaux, de films, comme dans la série Homeland. Et brusquement, le visage de mon suspect affleure. Je remonte le temps, je retrouve Simon qui, le premier, m'a guidée dans le monde des jeunes hommes entre eux, Simon qui planquait ses magazines porno sous mon lit de jeune fille... » Python est le récit fascinant d'une séduction contrariée pour le « nouveau monde » informatique, son langage, la puissance et la jeunesse qui lui sont associées. L'enquête se fait progressivement plus intime et trouble, jusqu'à révéler une autre séduction.
« Les machines du monde tournent grâce à des programmes informatiques qu'on appelle le code. Cette révolution technique ressemble à celle de l'électricité à la différence près qu'elle se compose de langages, de grammaires, de traductions, toutes choses qui devraient nous concerner mais dont nous ignorons tout. Je suis une femme, j'ai plus de cinquante ans, je suis écrivain et, malgré tous ces handicaps, je veux apprendre à coder. Je veux comprendre ce qui se passe sous les doigts des jeunes codeurs qui pianotent jour et nuit, font défiler sur leurs écrans noirs des lignes de signes multicolores, véloces, écrites dans notre alphabet mais que nous autres ne décodons pas. Ils sont là, à côté de nous, silencieux et puissants, et nous ne les voyons pas. Mes proches se moquent de moi, me rappellent que je panique au moindre bug et ils ont raison, alors que faire ? Par où commencer ? Python est bien le nom d'un langage de programmation mais c'est surtout ici une autofiction écrite comme un conte initiatique, mythologique, au cours duquel je croise Boris, Chloé, Margaux, Enzo, des jeunes gens qui codent et tentent de m'expliquer comment ils font. Je n'y comprends rien, je laisse tomber, je n'ai plus l'âge, je retourne à mes livres, à quoi bon ? Mais Python m'obsède et je m'obstine. Je m'y remets, intriguée par ces bataillons de geeks tournés vers des fonds où ils descendent entre eux, entre hommes. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Que cachent-ils ? J'enquête et Python s'écrit en images sur mon mur à coups de visages, de scènes, de mots, de tableaux, de films, comme dans la série Homeland. Et brusquement, le visage de mon suspect affleure. Je remonte le temps, je retrouve Simon qui, le premier, m'a guidée dans le monde des jeunes hommes entre eux, Simon qui planquait ses magazines porno sous mon lit de jeune fille... » Python est le récit fascinant d'une séduction contrariée pour le « nouveau monde » informatique, son langage, la puissance et la jeunesse qui lui sont associées. L'enquête se fait progressivement plus intime et trouble, jusqu'à révéler une autre séduction.
Elle a dit, c'est génial finalement, considère qu'on est les deux filles d'une seule et même famille : l'une fera des maths, l'autre des lettres. Nos parents auront le sentiment d'avoir accompli une progéniture parfaite, qui couvre tout le spectre. Tu te rends compte, où qu'ils tournent la tête, nos parents, il y a toujours une de leurs deux filles pour savoir. Ce doit être extrêmement satisfaisant pour des parents, tu ne crois pas, d'atteindre ces extrémités, des confins qui se confondent ? Et puis, nous sommes des filles, ça ne s'est jamais vu. Il y a des tas de frères célèbres, avec un grand scientifique et un grand homme de lettres, les James, les Huxley, les Flaubert, les Proust, mais tu remarqueras, chaque fois, ce que retient la postérité, c'est l'écrivain. C'est injuste mais c'est comme ça, de nous deux, c'est toi qui resteras, pas moi.
"Quelle que soit l'heure à laquelle j'arrive, vous êtes là. Vous surveillez la salle principale du musée. Vous devez suivre discrètement les visiteurs pour qu'ils ne s'approchent pas trop des oeuvres... Enfin, sur le papier, parce qu'en vérité, dans votre musée, il ne vient jamais personne. À part moi."
Une famille regarde, inquiète et médusée, une conférence de presse du Général de Gaulle à la télévision. En direct, le fils de treize ans comprend qu'on peut avoir à quitter son pays natal, sa langue, sa maison. Comme ses parents chassés de chez eux quelques années plus tôt. Bouleversé, il veut savoir comment ça s'est passé, quand et comment on décide de partir, ce qu'on emporte dans ses valises, ce qu'on laisse derrière soi. Mais à toutes ses questions, personne ne répond vraiment, comme si on lui cachait quelque chose. En interceptant des récits qui ne lui sont pas destinés, l'enfant reconstitue les menaces, le départ, les adieux, et recoud les différents pans d'une histoire qui entrelace l'amour et le secret, l'exil et les films hollywoodiens, l'Orient et l'Occident...
C'est l'histoire d'un film, Clic-Clac, celui que veut tourner Claire Ganz à la mort de sa mère. Pour couper la tête à son mélodrame et à ce cinéma d'hommes qui ne montre jamais que des femmes éternellement transies d'amour. Comme on a sorti la scène d'adieu, on la range. Une scène pliable, clic-clac. Dire, c'est tout, fini, terminé. Cut.
« Chaque matin, devant sa glace, Laure déplorait les effets de l'âge sur sa peau, ses cheveux, sa silhouette, et ce, malgré tous les efforts et le sport qu'elle pratiquait assidûment. Elle songeait aussi invariablement au corps parfait de Juvena Biel qui s'exhibait dans les films où elle se produisait et dont Pierre, son ex-mari, profitait avantageusement depuis qu'il avait épousé la jeune trentenaire. Jusqu'au matin du 27 janvier où l'on annonça le vote de la nouvelle loi à la majorité parlementaire et où, en un instant, devant sa glace, Laure crut devenir la reine à laquelle le chasseur vient d'annoncer qu'il a tué Blanche-Neige dans la forêt. Un immense sourire lui mangea le visage. Et, comme dans une bulle de BD ou un néon dans la nuit, elle put lire l'énoncé qui motivait ce sourire : ENFIN VENGÉE. » Cette loi du 27 janvier interdit aux hommes de la République de Juvenia de vivre avec des femmes de plus de vingt ans leurs cadettes : un raz-de-marée dans la vie des six personnages que Nathalie Azoulai fait se croiser dans une ronde drolatique et diabolique. Une jeune femme va-t-elle se retrouver hors-la-loi parce que le père du bébé dont elle est enceinte a le double de son âge ? Les ricanements des hommes envers les femmes qui vieillissent inexorablement vont-ils enfin cesser ? Et permettre à celles-ci de retrouver la confiance et le sens de l'avenir ? Les hommes de plus de cinquante ans s'en remettront-ils ? Et si cette loi réveillait un érotisme nouveau ? Révolutions sentimentales, revirements cocasses, aventures ébouriffantes, déceptions en chaîne, guerre des sexes : cette satire est portée ici par un style voltairien aussi rapide qu'inventif. Nathalie Azoulai observe notre société, s'amuse avec les codes du libertinage, joue avec nos craintes et nos fantasmes en romancière virtuose.
"C'était un beau loup joueur sous la jupe des arbres Je m'en souviens car les cerisiers étaient en pleurs Les talus hérissés d'iris la mer étale appelait le soir Et moi je me soutenais avec l'ombre l'air était fou Et arrogant Le vent décoiffait les chevaux blonds Il n'y avait rien à comprendre c'est bien souvent cela La vie : les pierres tièdes sous la peau des pieds nus L'odeur du pain qui grille jusqu'à l'or cuivré le livre Qu'on ne voudrait pas finir et soudain c'est la fin Le soleil du matin qui a des rires à tous les rayons Une femme dont la peau luit dans le noir mon Dieu Qu'elle est belle : la rivière s'arrête pour la regarder C'était pareil c'est la vie qui passe je me souviens De celles dont j'ai touché le visage que sont-elles Devenues le loup s'est enfui peut-être ou on l'a tué Dis que reste-t-il du vent de l'ombre de cet instant" Alain Duault
"C'était un beau loup joueur sous la jupe des arbres Je m'en souviens car les cerisiers étaient en pleurs Les talus hérissés d'iris la mer étale appelait le soir Et moi je me soutenais avec l'ombre l'air était fou Et arrogant Le vent décoiffait les chevaux blonds Il n'y avait rien à comprendre c'est bien souvent cela La vie : les pierres tièdes sous la peau des pieds nus L'odeur du pain qui grille jusqu'à l'or cuivré le livre Qu'on ne voudrait pas finir et soudain c'est la fin Le soleil du matin qui a des rires à tous les rayons Une femme dont la peau luit dans le noir mon Dieu Qu'elle est belle : la rivière s'arrête pour la regarder C'était pareil c'est la vie qui passe je me souviens De celles dont j'ai touché le visage que sont-elles Devenues le loup s'est enfui peut-être ou on l'a tué Dis que reste-t-il du vent de l'ombre de cet instant" Alain Duault
Titus n'aimait pas Bérénice alors que Bérénice pensait qu'il l'aimait. Titus n'aimait pas Bérénice alors que tout le monde a toujours pensé qu'il n'avait pas le choix et qu'il la quittait contre sa propre volonté. Titus est empereur de Rome, Bérénice, reine de Palestine. Ils vivent et s'aiment au Ier siècle après Jésus-Christ. Racine, entre autres, raconte leur histoire au XVIIe siècle. Mais cette histoire est actuelle : Titus quitte Bérénice dans un café. Dans les jours qui suivent, Bérénice décide de revenir à la source, de lire tout Racine, de chercher à comprendre ce qu'il a été, un janséniste, un bourgeois, un courtisan. Comment un homme comme lui a-t-il pu écrire une histoire comme ça ? Entre Port-Royal et Versailles, Racine devient le partenaire d'une convalescence où affleure la seule vérité qui vaille : si Titus la quitte, c'est qu'il ne l'aime pas comme elle l'aime. Mais c'est très long et très compliqué d'en arriver à une conclusion aussi simple.
En 2002, Nathalie Azoulai publie Mère agitée, succès de librairie qui raconte la vie des jeunes femmes confrontées aux joies et aux angoisses de la maternité. Elle reprend aujourd'hui le fil et explore une nouvelle tranche de vie : l'adolescence. Bien des scènes accrochent son oeil, chez le gynécologue, au téléphone, un soir de Noël, au retour d'Angleterre, ou au café. À la table du petit déjeuner, dans la salle de bain, devant les grilles du lycée. Il est question de féminité, de langage, d'amour, d'ambition ou encore de goûts que l'on partage. Mais qui dit partage dit transmission, le nerf de la guerre au temps de l'adolescence. 102 récits courts et incisifs, drôles et graves. Des instantanés qui racontent la vie des mères et des filles « agitées ».
Titus est empereur de Rome, Bérénice, reine de Palestine. Ils vivent et s'aiment au Ier siècle après Jésus-Christ. Racine, entre autres, raconte leur histoire au XVIIe siècle. Mais cette histoire est actuelle : le Titus d'aujourd'hui quitte Bérénice dans un café. Dans les jours qui suivent, Bérénice décide de revenir à la source, de lire tout Racine, de chercher à comprendre ce qu'il a été, un janséniste, un bourgeois, un courtisan. Comment un homme comme lui a-t-il pu écrire une histoire comme ça ? Entre Port-Royal et Versailles, Racine devient le partenaire d'une convalescence où affleure la seule vérité qui vaille : si Titus la quitte, c'est qu'il ne l'aime pas comme elle l'aime. Elsa Lepoivre nous entraîne sur les pas d'une jeune femme d'aujourd'hui qui trouve dans le Grand Siècle les mots pour exprimer sa souffrance amoureuse. Une lecture sensible et mélodieuse. Prix Médicis 2015
Productrice de télé-réalité connue et redoutée, beauté rousse aux allures de lionne, Ambre Deschanel a tout pour être heureuse. Mais, après trois divorces, l'ambitieuse jeune femme commence à se poser des questions sur son avenir sentimental... Jusqu'à ce qu'elle rencontre Paul Martin-Duval, brillant journaliste aux multiples identités qui, enrôlé par son ex-mari, se fait passer pour un candidat de sa nouvelle émission. Dans ce jeu de dupes, entre voyages et paillettes, qui se révélera au final le plus habile ? Et si derrière les quiproquos, les trahisons et les masques, se cachait une véritable histoire d'amour ?
Productrice de télé-réalité connue et redoutée, beauté rousse aux allures de lionne, Ambre Deschanel a tout pour être heureuse. Mais, après trois divorces, l'ambitieuse jeune femme commence à se poser des questions sur son avenir sentimental... Jusqu'à ce qu'elle rencontre Paul Martin-Duval, brillant journaliste aux multiples identités qui, enrôlé par son ex-mari, se fait passer pour un candidat de sa nouvelle émission. Dans ce jeu de dupes, entre voyages et paillettes, qui se révélera au final le plus habile ? Et si derrière les quiproquos, les trahisons et les masques, se cachait une véritable histoire d'amour ?