Murray Bookchin
Murray Bookchin
Publié pour la première fois en 1976, cet ouvrage retrace tambour battant l'histoire de l'anarchisme en Espagne depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à la veille de la révolution sociale de 1936. Fondé sur une variété de sources et salué comme une pierre angulaire de l'historiographie de l'anarchisme, ce classique de l'écologiste libertaire Murray Bookchin est traduit en français pour la première fois. Non content de rendre accessibles au lectorat francophone les riches enseignements que l'anarchisme espagnol continue de nous apporter, ce livre permet de contester, preuves à l'appui, l'idée reçue voulant qu'une société libertaire soit une utopie irréalisable.
« Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais à tout le moins, elle voulait une révolution - une révolution sociale - sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or, sauf à me tromper complètement, les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive. » Dans ce petit livre, Murray Bookchin étrille les dérives d'une gauche radicale surtout préoccupée par la transformation de son mode de vie, et récusant toute forme d'organisations et de programmes révolutionnaires. Sa perméabilité aux maux qui affectent nos sociétés - individualisme forcené, goût de la posture, narcissisme et irrationalisme - a ainsi conduit ses partisans à se détourner de leur héritage socialiste.
Comme l'impératif capitaliste du croître-ou-mourir est radicalement opposé à l'impératif d'interdépendance et de limite propre à l'écologie, l'un et l'autre ne peuvent pas coexister ; aucune société fondée sur le mythe d'une réconciliation de ces deux impératifs ne peut espérer survivre. Soit nous établissons une société écologique, soit la société s'effondrera pour tout un chacun, quel que soit son statut social. S'arrêter au constat que la planète est menacée de destruction ne suffit pas. Bookchin part d'une critique radicale du marxisme et de l'anarchisme, jointe à une analyse des moments dans l'histoire qui ont posé les jalons d'une véritable démocratie - de l'antique cité athénienne aux assemblées anarchistes espagnoles de 1936 - pour développer un projet de société qui repose sur des municipalités autogérées par les personnes qui les habitent, et la formation d'une confédération pour constituer un contre-pouvoir à l'État-nation et abolir le capitalisme. Ce recueil, inédit en France, rassemble des essais sur la démocratie directe, la crise écologique, la question nationale et l'avenir de la gauche an d'établir les conditions de réalisation des solutions nouvelles et concrètes pour une société de liberté et d'abondance. Murray Bookchin (1921-2006) est l'auteur d'une oeuvre abondante qui a influencé un large éventail de penseurs politiques et de mouvements sociaux, en offrant une vision politique audacieuse qui peut nous faire passer de la seule protestation à la transformation sociale. Ont notamment été traduits en français : Au-delà de la rareté (Écosociété, 2016), Pouvoir de détruire, pouvoir de créer (L'Échappée, 2019) et Changer sa vie sans changer le monde (Agone, 2019).
Dans ce recueil de textes pionniers (1965-70) qui ont fait sa renommée, Murray Bookchin conjugue sa vision anarchiste et écologiste avec les possibilités prometteuses d'une société d'abondance. Une abondance envisagée non pas sous la forme d'un accès illimité à des biens de consommation pléthoriques, mais bien une par laquelle l'être humain a amplement les moyens de satisfaire ses besoins fondamentaux pour se consacrer à l'assouvissement de ses désirs réels. S'attelant à esquisser les contours d'une telle société, Bookchin appelle à dépasser l'économie politique marxiste, enracinée dans une ère de pénurie matérielle et soumise aux logiques de la rareté économique. Si les avancées technologiques du XXe siècle ont grandement accru la production, cela s'est fait au profit d'intérêts corporatifs et aux dépens des besoins humains et de la soutenabilité écologique. Et si l'émancipation pouvait jadis sembler passer par un certain productivisme sous l'égide de structures autoritaires, aujourd'hui les outils nécessaires à une auto-organisation de la société ont largement été développés et, combinés avec la perspective écologique, ils ont grandement modifié le paysage révolutionnaire. Les sociétés postindustrielles ont en effet le potentiel de se muer en des sociétés d'abondance favorisant l'accomplissement des potentialités sociales et culturelles latentes dans les écotechnologies. Avant-gardiste, Bookchin défendait en ce sens les énergies renouvelables et des institutions décentralisées. Lire Bookchin, c'est renouer avec une verve utopique rafraîchissante, qui rappelle avec force que d'autres voies sont envisageables pour le devenir de nos sociétés. "Au-delà de la rareté" est également une lecture incontournable pour comprendre les origines théoriques de l'écologie sociale, concept que cet intellectuel étatsunien a raffiné tout au long de sa vie de militant.
En définissant le handicap comme une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, la loi française du 11 février 2005 rapproche les secteurs de la pédopsychiatrie et du médico-social : un bilan des connaissances, des tensions et des enjeux qui mobilisent actuellement professionnels et chercheurs de ces secteurs. Les auteurs conceptualisent les liens qui existent entre les champs du handicap et de la psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, en fonction de l'état des connaissances sur le sujet et en les mettant en perspective avec les nouvelles considérations sociales et législatives, y compris dans leurs dimensions économiques. Ce livre situe dans leur contexte les questions actuelles et les discute au regard des apports de la psychologie, de la psychopathologie, des neurosciences, de la sociologie, de l'anthropologie et plus généralement des sciences de l'éducation et des sciences humaines et sociales.