Monette Vacquin
Monette Vacquin
Juin 1816 au bord du lac Léman : un groupe de jeunes gens parmi lesquels Byron, Shelley et Mary, sa future épouse, décident d'écrire des histoires de revenants. Ainsi naquit Frankenstein sous la plume de Mary Shelley, qui ignorait alors qu'elle fondait un mythe contemporain. Plus encore, cette fille des Lumières au destin singulier, anticipe là ce qui allait advenir deux siècles plus tard : procréations artificielles, manipulations génétiques, eugénisme, transhumanisme, etc. De nos jours, la fabrication de l'humain n'est plus imaginaire. À partir de la vie et de l'oeuvre de Mary Shelley, Monette Vacquin dénonce dans ce livre les dangers de la science mis en acte. « La question du chercheur fou est maintenant déplacée vers celle de la science folle », comme l'écrit le biologiste Jacques Testart dans sa préface. « La figure la plus terrifiante et la plus repoussante de notre temps, c'est la conjonction de l'immaturité psychique la plus complète avec les moyens d'action les plus sophistiqués », conclut le philosophe Olivier Rey dans sa postface au livre de Monette Vacquin.
"À partir des questions posées par la fécondation in vitro et son inscription dans l'histoire des idées depuis la naissance de Louise Brown en 1978, première enfant de l'histoire de l'humanité conçue sans sexualité, l'auteur analyse le passage entre les années 1960 (faire l'amour sans faire des enfants), les années 1980 (faire des enfants sans faire l'amour), les années 2000 (faire des enfants sans être de sexe différent) et les années 2020 (choisir son sexe et en changer à volonté). S'agit-il, comme l'indiquait le Frankenstein de Mary Shelley, de fabriquer l'homme pour le comprendre ? Est-il pertinent d'observer que la technoscience s'est emparée des grands moments de l'expérience humaine - naissance, mort, transmission - sur fond de déclin des grands discours qui « équipaient » l'humain de représentations pour les vivre ?"
Juin 1816 : l'été est pluvieux au bord du lac Léman. Pour passer le temps, un groupe de jeunes gens décide d'écrire des histoires de revenants. Parmi eux, Byron, Shelley et sa future femme, Mary. Ainsi naît Frankenstein. En le créant, Mary Shelley ignore qu'elle fonde un mythe, un des seuls mythes contemporains. Un siècle et demi plus tard, la fabrication de l'humain n'est plus imaginaire : procréations artificielles, embryons congelés, manipulations génétiques... donnent à la science les pouvoirs qu'avait anticipés Mary. Comment cette fille des Lumières eut-elle tant de prescience ? Pourquoi le mythe de Frankenstein a-t-il gardé une telle puissance sur nos esprits ? Que peut-il nous enseigner aujourd'hui face aux dangers que fait peser sur l'humanité l'irruption de la technique dans le domaine de la reproduction ?