Merleau-Ponty M.
Merleau-Ponty M.
Peut-on valablement étudier la notion de Nature ? N'est-elle pas autre chose que le produit d'une histoire au cours de laquelle elle a acquis une série d'acceptations qui ont fini par la rendre inintelligible ? Il faudrait s'attacher à l'histoire des méprises sur le sens du mot. Mais ces changements ont-ils été fortuits, n'y aurait-il pas un quelque chose qui a toujours été visé, s'il n'a pas été exprimé, par ceux qui employaient les mots ? La Nature est un objet énigmatique, un objet qui n'est pas tout à fait objet ; elle n'est pas tout à fait devant nous. Elle est notre sol, non pas ce qui est devant, mais ce qui nous porte. Disparu brutalement en 1961 à Paris, Maurice Merleau-Ponty est l'une des grandes figures de l'existentialisme français, héritier direct de Husserl et de Heidegger. Il est le fondateur, avec Sartre, de la revue Les Temps modernes.
Les cours de Maurice Merleau-Ponty n'étaient pas rédigés à l'avance. Les notes dont ils se servaient, abondantes ou succintes, ne lui fournissaient qu'un appui. Jamais cet appui ne le dispensait du risque d'avoir à penser devant les autres. Il lui arrivait parfois de s'en écarter au point de l'oublier. Ces résumés ont été rédigés par Merleau-Ponty lui-même. Ils disent tout ce qu'il leur est possible de dire : la variété et la rigueur des questions qui commandaient les cours, et leur vertu de nourrir des oeuvres qui s'élaboraient dans le même temps - l'Introduction à la prose du monde, Le visible et l'invisible.