Maxime Tandonnet
Maxime Tandonnet
Des débats parlementaires en 1789 à l'affaire Dreyfus, jusqu'aux polémiques philosophiques des dernières années, les droits de l'Homme n'ont cessé d'être discutés, en France, mais aussi en Europe et dans le monde. Quels sont leurs fondements théoriques ? Quels rapports ont-ils avec le droit ? Comment les utiliser dans les combats politiques ? Toutes ces questions débattues dans cette anthologie proposée par Frédéric Worms n'ont rien perdu de leur actualité bien au contraire, en un moment où les droits de l'Homme font toujours l'objet de débats et d'élargissements, mais aussi de violations.
Prince et grand serviteur de l'État. Descendant d'une vieille famille polonaise et italienne qui a donné un roi à la Pologne, un maréchal d'Empire à la France et un feld-maréchal à l'Autriche, authentique héros de la Résistance et de la Seconde Guerre mondiale, énarque, ministre de la Santé publique, puis de l'Intérieur, député européen, sénateur… Michel Poniatowski (1922-2002), personnage de tous les contrastes, d'un tempérament réservé sous la carapace du provocateur, secret, d'une sensibilité hors du commun, passionné d'histoire, admiré et adoré de ses collaborateurs, a joué un rôle capital – et sans aucun équivalent – aux côtés de Valéry Giscard d'Estaing pendant une vingtaine d'années : " Personne n'a consacré autant d'énergie au service d'un autre en politique, fût-ce au détriment de son propre destin " constate Alain Duhamel. L'amitié, longtemps fusionnelle entre ces deux hommes, semble tout à fait unique dans le champ de la politique française, mêlant un attachement profond à une implacable complicité et complémentarité, tournée vers la conquête puis l'exercice du pouvoir. Ce personnage, qui fut au cœur de la vie politique française dans les années 1970, a beaucoup médité sur le passé et sur l'avenir, multipliant les mises en garde sur les défis du XXIe siècle : danger des technologies de l'information pour les libertés, montée des violences ou encore les menaces pesant sur les démocraties nationales liées à l'essor de la judiciarisation et de la bureaucratie supranationale. Écrivain, visionnaire, qui a décrit dans un ouvrage, dès 1970, avec une acuité stupéfiante et un demi-siècle d'avance, le nouveau monde engendré par Internet, le " prince " mérite d'être redécouvert par les Français. La présente biographie est la première qui est consacrée à ce grand serviteur de l'État. Elle se fonde sur de nombreux témoignages et d'abondantes archives privées retrouvées dans des cartons jamais ouverts, que les descendants de Michel Poniatowski ont bien voulu accepter de mettre à la disposition de l'auteur. Parmi ces documents figure la vingtaine de chapitres du tome II de ses Mémoires qui n'ont jamais été publiés, car tenus jusqu'alors secrets.
Un visionnaire incompris.Héritier de Clemenceau et de Poincaré, précurseur du général de Gaulle et de la Ve République, trois fois président du Conseil, homme politique et écrivain, André Tardieu (1876-1945) fut l'une des personnalités françaises les plus considérables des années 1920 et 1930. Personnage complexe, tourmenté, déchiré entre un caractère misanthrope et une profonde générosité, son ambition était de refonder la politique sur l'action en faveur du bien commun. Entraîné par ses intuitions visionnaires, notamment sur le danger hitlérien et l'urgence de réformer la République pour la rendre plus efficace, il fut incompris, détesté et violemment rejeté par la classe politique française, autant à gauche qu'à droite. Accablé par les insultes, les trahisons et l'aveuglement pacifiste, Tardieu a terminé sa vie seul, mais déterminé à mener un combat d'idées pour changer la France en s'adressant à son peuple.
Un parcours hors normes Fondée sur d'abondantes archives personnelles récemment ouvertes et de nouveaux témoignages, cette première biographie de Georges Bidault depuis un quart de siècle dépeint le portrait romanesque d'un simple professeur d'histoire, issu de la France profonde et militant chrétien sous l'entre-deux-guerres, engagé dans la lutte clandestine dès 1941 et devenu, en 1942, le plus proche compagnon de Jean Moulin avant de lui succéder à la tête de la résistance intérieure. Ministre des Affaires étrangères du général de Gaulle à la Libération, il prit personnellement une part déterminante à la reconquête du " rang " international de la France en 1945 – malgré des relations tendues avec ce dernier. Créateur d'un parti politique, l'inclassable MRP, Bidault fut l'un des principaux dirigeants de la IVe République, plusieurs fois reconduit au Quai d'Orsay en pleine guerre froide, visionnaire de la réconciliation européenne et bête noire de Staline, mais aussi président du Conseil à l'origine de grandes réformes sociales dont la création du SMIG. Pourtant, son style exagérément bohême, mâtiné d'un sens aigu de la dérision et de la provocation, le condamna à l'incompréhension puis à la solitude. Au début des années 1960, son engagement en faveur de l'Algérie française acheva de le diaboliser et d'en faire un authentique paria contraint à l'exil avec son épouse Suzanne Borel – la première femme diplomate. Passé en quelques années de la lumière du héros à la nuit du pestiféré, Bidault est aujourd'hui oublié. Mais les convictions de cet homme d'Etat, intellectuel hanté par le déclin de la France et de l'Europe, pourfendeur de la résignation et de la repentance, anticipaient sur les déchirures du XXIe siècle.
Un voyage dans la grande et la petite histoire du palais de l'Élysée à travers les portraits savoureux de ses 24 occupants, de Louis Napoléon Bonaparte à François Hollande.De Louis Napoléon Bonaparte à François Hollande, Maxime Tandonnet pourfend l'image traditionnelle qui oppose le chef d'État effacé des IIIe et IVe Républiques au monarque républicain tout-puissant de la Ve. Grâce à de nombreux témoignages tirés de l'oubli ou totalement inédits, l'auteur dresse des portraits fouillés de chacun des vingt-quatre hommes qui se sont succédé à l'Élysée - leur caractère, leurs idées, leur entourage, leur attitude face aux crises, leur oeuvre politique - et souligne à quel point leur propre personnalité, plus encore que les institutions, a pu influer sur le cours des événements qui ont forgé la France contemporaine.
Avant DSK et Cahuzac, les politiques déchus déchaînaient déjà les passions.Bien avant DSK et Cahuzac, les politiques défrayaient la chronique ! Que ce soit Albert de Broglie, Joseph Caillaux, Alexandre Millerand, André Tardieu, Jules Moch, Georges Bidault, Michel Poniatowski ou encore Edith Cresson, tous ont déchaîné les passions, tutoyé les sommets, avant de subir les affres de la chute. Ces personnalités ont pourtant servi au plus haut niveau de l'Etat et ont joué un rôle parfois décisif dans l'histoire de notre pays, avant d'être tour à tour trahies, abandonnées et diabolisées, à l'exemple de Jules Moch. Ce socialiste féru d'ordre, plusieurs fois ministre sous la IVe République, a compté parmi les quatre-vingts parlementaires qui refusèrent les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940, a pris une part active à la reconstruction et au refus du stalinisme, avant de sombrer en raison de sa gestion musclée des grèves de 1948. Intelligence, esprit visionnaire, force de caractère et sens du bien commun font souvent de ces incompris, bannis de l'Histoire, des personnages hors normes. Sans chercher à les réhabiliter, Maxime Tandonnet en dresse des portraits dont la force est de mêler vie intime et convictions publiques. Il mène également, à travers ces huit maudits, une réflexion sur le monde politique et s'interroge sur la notion d'homme d'Etat.
À la veille du 11 novembre 1940, les autorités d'occupation déclarent « prohibée sous toutes ses formes l'expression d'un souvenir insultant pour le Reich et attentatoire à l'honneur de la Wehrmacht ». À la Sorbonne et dans les lycées parisiens, cet ordre suscite une vague d'indignation. Initié par un petit groupe d'étudiants du Quartier latin, l'appel à un rassemblement patriotique se propage comme une traînée de poudre dans les établissements scolaires et universitaires. Le 11 novembre 1940, trois mille jeunes filles et garçons remontent les Champs Élysées, se rassemblent devant l'Arc de triomphe pour commémorer la Victoire de 1918 et entonnent La Marseillaise, défiant ainsi l'armée d'occupation d'Hitler. L'intervention de la Wehrmacht et la répression qui s'ensuit sont impitoyables : quinze blessés, un millier d'interpellations, cent vingt-trois arrestations, surtout de jeunes lycéens emprisonnés et martyrisés. Cet acte de résistance constitue, au dire même du général de Gaulle, la première réponse de la France à l'appel du 18 juin. De fait, les conséquences furent considérables, marquant la rupture entre le régime de Vichy et une partie de l'opinion publique, qui tourna désormais ses espoirs vers la France libre. Cet événement, qui aurait dû entrer dans la légende nationale, a quasiment sombré dans l'oubli. Il est temps de le redécouvrir.
Je me souviens avoir été submergé de bonheur quand, le 14 mai 2007, Emmanuelle Mignon et Claude Guéant, les deux plus proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy, m'ont proposé un poste de conseiller au cabinet du président de la République fraîchement élu. J'allais enfin entrer au coeur du pouvoir - sans savoir que ce coeur-là était surtout celui d'un volcan ! À l'Élysée, jusqu'à fin 2011, j'ai été en charge de deux dossiers sensibles, essentiels aux yeux du président : la sécurité et l'immigration. Pendant presque cinq ans, j'ai partagé la vie quotidienne de l'équipe du chef de l'État, et pris part, auprès de ce dernier, à l'élaboration et à la mise en oeuvre de sa politique. J'ai vécu dans les coulisses plusieurs événements qui ont marqué l'actualité, par exemple la tempête Xynthia, le discours de Grenoble, la réforme des retraites ou l'intervention de la France en Libye. J'ai été témoin d'épisodes demeurés jusque-là confidentiels, comme les visites du chef de l'État aux habitants des quartiers sensibles, mais aussi spectateur des réactions, coups de gueule et autres bons mots de figures politiques telles que François Fillon, Alain Juppé, Brice Hortefeux, Roselyne Bachelot, Éric Woerth... Ce furent cinq années intenses, riches en satisfactions comme en désillusions, un quinquennat où j'ai fréquenté, analysé et contemplé une scène politique que je ne pouvais pas une seule seconde imaginer. De haut en bas, de gauche à droite : © Witt / SIPA ; © Pool / Rémy de la Mauvinière / AFP ; © Pool / Éric Feferberg / AFP ; © Jean-Claude Coutausse / French Politics ; © Gérard Cerles / AFP ; © Jean-Claude Coutausse / French Politics ; © Ludovic / REA ; © Albert Facelly / French Politics ; © Jean-Claude Coutausse / French Politics © Flammarion, 2014
Je me souviens avoir été submergé de bonheur quand, le 14 mai 2007, Emmanuelle Mignon et Claude Guéant, les deux plus proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy, m'ont proposé un poste de conseiller au cabinet du président de la République fraîchement élu. J'allais enfin entrer au coeur du pouvoir - sans savoir que ce coeur-là était surtout celui d'un volcan ! À l'Élysée, jusqu'à fin 2011, j'ai été en charge de deux dossiers sensibles, essentiels aux yeux du président : la sécurité et l'immigration. Pendant presque cinq ans, j'ai partagé la vie quotidienne de l'équipe du chef de l'État, et pris part, auprès de ce dernier, à l'élaboration et à la mise en oeuvre de sa politique. J'ai vécu dans les coulisses plusieurs événements qui ont marqué l'actualité, par exemple la tempête Xynthia, le discours de Grenoble, la réforme des retraites ou l'intervention de la France en Libye. J'ai été témoin d'épisodes demeurés jusque-là confidentiels, comme les visites du chef de l'État aux habitants des quartiers sensibles, mais aussi spectateur des réactions, coups de gueule et autres bons mots de figures politiques telles que François Fillon, Alain Juppé, Brice Hortefeux, Roselyne Bachelot, Éric Woerth... Ce furent cinq années intenses, riches en satisfactions comme en désillusions, un quinquennat où j'ai fréquenté, analysé et contemplé une scène politique que je ne pouvais pas une seule seconde imaginer. De haut en bas, de gauche à droite : © Witt / SIPA ; © Pool / Rémy de la Mauvinière / AFP ; © Pool / Éric Feferberg / AFP ; © Jean-Claude Coutausse / French Politics ; © Gérard Cerles / AFP ; © Jean-Claude Coutausse / French Politics ; © Ludovic / REA ; © Albert Facelly / French Politics ; © Jean-Claude Coutausse / French Politics © Flammarion, 2014
L'écrivain et philologue Victor Klemperer (1881-1960) a le premier recensé au quotidien dans son journal les manipulations opérées sur la langue allemande par le régime nazi : abondance d'abréviations donnant le sentiment d'appartenir à un groupe d'initiés, profusion de termes techniques mécanisant l'homme, tendance à décrire la société en termes organiques. Alors que certains régimes continuent à tordre le langage pour les besoins de leur idéologie, il devenait urgent de redécouvrir l'oeuvre de Klemperer. C'est à cette entreprise que s'est consacré le colloque de Cerisy. Linguistes, sociologues, psychanalystes, anthropologues, confrontent ici l'oeuvre de Klemperer à d'autres pensées politiques et explorent, de l'Italie de Mussolini aux dictatures d'Amérique du Sud en passant par les régimes de la Corée du Nord, les caractéristiques de cette langue qui appelle au meurtre et à l'anéantissement de toute altérité. C'est un langage mort, figé, altéré dans sa capacité de signifier, de dire le différent que découvrent ces enquêtes sur divers types de régimes de coercition et de terreur, ainsi que sur les manifestations discursives de leur violence inouïe. Une relecture de l'histoire des régimes totalitaires dans le sillage de l'auteur de la Langue du IIIe Reich.
Depuis 40 ans, la France accueille chaque année des milliers de migrants, au titre du travail, du droit d'asile ou de l'immigration familiale, et ce sans toujours proposer le minimum nécessaire à leur intégration : un emploi et un logement. Les élites françaises et les milieux privilégiés encouragent cette ouverture au nom de la libre circulation et des droits de l'homme. N'est-il pas acquis, une fois pour toutes, que l'immigration est un facteur de modernité, de diversité culturelle ? Or, dans le même temps, la France d'en-haut se voit préservée dans sa quiétude du fait de la ghettoïsation des migrants et de leurs descendants. Les bons sentiments, oui ; la promiscuité, non... Le résultat est là : 630 cités sont aujourd'hui sensibles (elles étaient une centaine en 1990). Ce principe d' ouverture excluante installe peu à peu une sorte d'apartheid français, un climat de déchirement, dont les événements de l'automne 2005 n'ont été que les prémices. L'immigration qui aurait dû être une chance pour la France se referme sur elle comme un piège... Dans le même temps, une partie de la jeunesse des pays pauvres, poussée par la détresse, trompée par des filières criminelles, s'abandonne à l'illusion de l'émigration à tout prix. Comment sortir de ce chaos ? Comment réconcilier la France avec son immigration ? Ce livre repose sur la conviction que la fatalité n'existe pas. A condition d'affronter enfin les questions qui fâchent : existe-t-il un seuil au-delà duquel un pays ne parvient plus à intégrer de nouveaux arrivants ? Quel avenir pour l'immigration choisie ? Le co-développement, mythe ou réalité ? Entre le dogme irrecevable de l'immigration zéro et l'ouverture générale des frontières, il y a place pour une troisième voie. Les années à venir seront cruciales.