Mathieu Belisle
Mathieu Belisle
Salomon, un garçon qui préfère se taire plutôt que de bégayer, découvre un jour qu’un oiseau lui parle… et qu’il peut lui répondre sans peine, dans une langue inventée et libératrice.
Contrairement à ce qu'on croit, la culture québécoise n'est pas dominée par l'idéalisme, mais par le prosaïsme. La recherche de simplicité, l'attention accordée à la présence sensible des êtres et des choses, l'amour pour les situations modestes et les minuscules destins, telles sont les valeurs qui règnent au pays de la vie ordinaire. Il ne saurait être question d'y renoncer, mais de voir le danger d'insignifiance que court toute culture qui n'obéit pas aussi à des idéaux nous arrachant à nous-mêmes, qui ne cherche pas le supplément de sens que procure la contemplation d'un monde autre, perdu ou à venir. Lecture attentive de la grande et de la petite histoire de ce pays ainsi que de sa littérature, cet essai brosse le portrait de l'homme québécois moyen, dont le défi est de supporter la tension entre Sancho Pança et son maître, entre l'horizon prosaïque et le goût du vertige et de la verticalité.
Un soir d'octobre 2022, la professeure et romancière Catherine Mavrikakis accueille à l'Université de Montréal deux écrivains qui se connaissent à peine: Mathieu Bélisle et Alain Vadeboncoeur. Ils sont invités à parler de la mort, de ce que la pandémie nous a révélé à son sujet, chacun à partir de son expérience, celle de la médecine et des sciences pour Vadeboncoeur, celle de la littérature et des humanités pour Bélisle. La discussion s'engage, teintée d'humour et de tragique, et passe tout naturellement d'une question à l'autre, traitant des mille et un sujets qui font la vie et donnent un sens à la mort: la famille et la filiation, le passé et le présent, l'amour des livres et des idées, la maladie et l'agonie, les rituels et la religion. Plus tard viendra l'idée de la mise en livre, processus pendant lequel chacun des auteurs affinera et étoffera son propos. Le dialogue entre Alain Vadeboncoeur et Mathieu Bélisle se lit comme un texte de théâtre. La parole s'essaie, littéralement, les protagonistes hésitent et se reprennent, se contredisent et argumentent, s'amusent et s'interrogent, cherchant avec rigueur et sans complaisance à comprendre la mort et ce qu'elle peut représenter. Surtout, ce livre fait la preuve que pour donner un sens aux êtres et aux choses, quelqu'un, quelque part, doit parler.
Ce troisième livre de Mathieu Bélisle s'inscrit dans le sillage des précédents, qui prenaient la mesure du déficit de transcendance qui afflige notre époque. Mais à l'exercice critique s'ajoute une démarche créatrice qui permet à l'auteur de renouer avec la part tragique de sa sensibilité, de concilier la noirceur et la lumière, l'insignifiance et la beauté. Plus qu'un texte circonstanciel, et sans être un manifeste, cet essai a quelque chose de fondateur.
Albert Cohen, écrivain inclassable, défie les normes et réinvente le roman par son humour mordant, sa lyrisme enflammé et ses polémiques audacieuses.
Un "changement étrange" s'est produit au collège des Titans ! Comment vont réagir Eren et ses amis face à l'éventuelle démission du professeur Erwin ? Eren affronte le Titan colossal mais aussi Livaï ! L'irrésistible comédie inspirée de L'Attaque de Titans où se succèdent des duels de rêve !
Grâce au pouvoir des innombrables réseaux qu'il déploie sur le monde comme autant de filets (ou de webs), qui l'enserrent et le retiennent, le nourrissent et le traversent, l'empire américain est en train d'oeuvrer à sa propre invisibilisation. Il a créé les moyens inédits de s'établir au coeur de notre existence, au plus près de notre pensée et de notre imagination, jusqu'à ne plus devoir être vu. Si bien que le monde est aujourd'hui en train d'« absorber » l'Amérique, de la métaboliser, comme on le dit d'un corps qui assimile un autre corps et en retient les qualités.
Si le rire accompagne le roman tout au long de son aventure, c'est qu'il apparaît comme l'un des traits les plus sûrs par lesquels cet art protéiforme puisse être défini. Il paraît clair, en effet, que le roman ne peut pas être caractérisé uniquement suivant les principes qui président à la formation des genres canoniques, c'est-à-dire à partir de critères formels et performatifs, ou alors qu'un tel effort de définition, pour valable qu'il soit, ne parvient pas à cerner la spécificité du genre. Pour mieux apprécier la nature du roman, il convient de faire intervenir un autre critère, moins concret parce que non formel, mais autrement plus décisif, en ce qu'il tient à une certaine manière de représenter et de concevoir le monde, ou mieux : à un certain esprit, ainsi que l'on nommait jadis l'humour. L'existence d'un tel esprit expliquerait qu'au cours de son histoire, le roman n'ait pas eu besoin de se figer dans une forme précise, qu'il ait pu emprunter à toutes les formes et à tous les discours, qu'il ait pu s'écrire d'abord en vers puis en prose, qu'il ait pu parodier autrui et se parodier lui-même, sans que l'acuité de son regard s'en trouve altérée.