Martine Gozlan
Martine Gozlan
Apprendre à nager, c'est apprendre à évoluer dans un milieu spécifique, potentiellement dangereux, avec sécurité, confiance et autonomie. Dans un contexte où les noyades demeurent l'une des premières causes de mortalité accidentelle chez les enfants, l'enseignement du savoir-nager s'impose comme un enjeu majeur de santé publique, mais aussi comme une priorité éducative et citoyenne. Le savoir-nager ne se limite pas à parcourir quelques mètres en grande profondeur mais il s'agit de - construire une véritable compétence aquatique, - mobiliser des habiletés motrices spécifiques, - comprendre l'environnement, - gérer ses émotions - et prendre des décisions adaptées. Ce livre développe une approche innovante fondée sur le concept de « littératie aquatique ». Les auteurs défendent une vision globale et intégrée de l'apprentissage, articulant les dimensions physiques, cognitives, affectives et sociales du rapport à l'eau, en cohérence avec les enjeux actuels de formation du citoyen. Structuré en 5 périodes et 12 étapes progressives, ce guide propose - une démarche rigoureuse et opérationnelle en 12 étapes pour accompagner l'enseignant, l'éducateur sportif, le maître-nageur ou le parent dans la construction du savoir-nager ; - chaque étape est explicitée à partir de fondements scientifiques solides ; - des situations d'apprentissage hiérarchisées, différenciées et adaptées aux caractéristiques des enfants. Les auteurs proposent une démarche pédagogique exigeante et ambitieuse qui vise à former des nageurs capables de se déplacer efficacement dans l'eau, d'identifier les risques, de connaître leurs limites, d'adapter leurs conduites et d'agir avec lucidité dans des contextes variés. Un véritable outil de référence qui s'adresse à tous les professionnels soucieux de penser et d'enseigner le savoir-nager, dans une perspective à la fois sécuritaire, éducative et émancipatrice.
Au départ, un constat : des trois monothéismes en activité, l'Islam est le seul qui (culturellement, démographiquement...) fait, chaque jour, de nouveaux adeptes. D'où les questions : qu'y a-t-il derrière le « désir d'Islam » ? Quel type de sagesse, de confort, d'espérance, va-t-on y puiser ? Et qu'y a-t-il de commun entre les individus (intellectuels de haut niveau, ou jeunes habitants des cités en mal d'identité) qui épousent son crédo ? Ce livre - bref, brillant, enlevé - tente d'y répondre. Au fil d'une démonstration limpide, l'auteur observe alors que l'Islam, aujourd'hui, propose d'abord des certitudes là où les autres monothéismes ne sont paradoxalement que des pédagogies du doute. Il note également - à travers les itinéraires d'individus aussi différents que Lawrence d'Arabie, Louis Massignon, Roger Garaudy, Jean Genet ou Michel Foucault - que l'Islam est, aussi, une « matrice nourricière et maternelle » qui procure un sentiment d'imersion, d'appartenance, qui fait tragiquement défaut aux sociétés démocratiques et « désenchantées ». De façon plus polémique, plus allusive, Martine Gozlan s'interroge également sur les rapports entre l'Islam et l'homosexualité - perçue, ici, comme un lieu primordial avec le pouvoir des mères et l'effroi devant la sexualité féminine.
Quand l'étoile montante de la scène littéraire française devient le soleil noir de la France de Vichy. En 1932, Abel Bonnard est élu à l'Académie française. À quarante-huit ans, le plus brillant causeur des salons de l'entre-deux-guerres est au faîte de sa carrière littéraire. Poète précoce, délicat moraliste et grand voyageur, " l'exquis Bonnard " va pourtant se muer en tribun flamboyant et en essayiste fulgurant au service du fascisme. Comment ce cosmopolite méditatif - qui écrivait encore, en revenant de Chine en 1924, que " le voyage donne plus de liberté à nos rêves " - est-il devenu l'idéologue le plus méthodique de la Collaboration avec l'Allemagne nazie ? Quel rôle a-t-il joué durant l'Occupation ? Comment les tribunaux l'ont-ils jugé ? L'itinéraire extraordinaire du poète est ici brossé avec maestria : ses jeunes années en province, ses débuts littéraires, son entrée fracassante dans le Tout-Paris de la Belle Époque, son engagement politique dans les années 1930 puis sa conversion immédiate et sans retour à la Collaboration qui lui vaudra le portefeuille de l'Éducation nationale en 1942 dans le gouvernement Laval. Mais le ministre n'accomplira jamais la Révolution pédagogique qu'il avait théorisée : criblé d'épigrammes par la Résistance qui fustige son homosexualité présumée, " la Belle Bonnard " - tantôt appelé " Gestapette " - est chassée par la Libération. Ce pilier du collaborationnisme trouve alors refuge en Allemagne puis en Espagne. Radié de l'Académie, jugé deux fois et deux fois condamné, Abel Bonnard meurt en 1968 à Madrid. S'appuyant sur de nombreuses sources inédites, Benjamin Azoulay retrace sans manichéisme le parcours inattendu d'une figure aujourd'hui tombée dans l'oubli, mais ô combien complexe, fascinante et sulfureuse.
Arrivée de sa Russie natale à huit ans, chassée par les pogroms, Rosa Ajivanski s'installe à Paris, où elle apprend le français. Le début d'une histoire de vie à laquelle vient s'accoler la grande Histoire, récit romancé par sa petite-fille, Martine Gozlan. Telle cette femme mystérieuse qui s'invite dans la vie de la narratrice, journaliste, en l'abordant dans un café des Gobelins. Surgie d'une autre époque, elle va pourtant se révéler très proche et l'entraîner dans une enquête où remonter le temps, de la Russie natale à l'ancien cours de la Bièvre, la rivière parisienne enterrée, fief des tanneurs juifs, puis à l'Algérie où l'enchaîna un amour malheureux. Les destins des deux femmes se croisent au passé et au présent dans ce roman irrigué par la magie du Paris secret, la vie quotidienne d'un journal et les ressacs de la mémoire, de la Lituanie au Constantinois. Sur les pas de Rose, la frontière s'efface entre le possible et l'impossible, le songe et la réalité, pour une traversée de la condition féminine sur un siècle, de l'enfermement à la liberté.
Partout dans le monde musulman, l'ordre islamiste menace ou triomphe, qu'il s'impose par les urnes (Tunisie, Égypte), la terreur (Irak), la fraude (Iran), ou qu'il cherche à s'imposer par les armes (Mali, Syrie, Pakistan).Cet ordre qui se dit " voie " (charia) et voix d'Allah viole pourtant sans état d'âme les droits humains, la liberté de mouvement, de parole, de pensée. Dans certains cas, les êtres qui lui sont soumis ne disposent plus que du droit de mourir.Face à la barbarie, des femmes, des hommes, des enfants ont tout risqué pour affirmer le droit à la vie : celui d'aller à l'école, d'enseigner, d'écrire un poème, de défendre un citoyen. Ce livre raconte l'histoire de sept rebelles d'Orient dressés contre l'ordre islamiste.Amina Sboui, ex-Femen tunisienne, incarne la rébellion des femmes. Fazil Say, virtuose turc : la rébellion de l'art. Malala Yousafzaï, écolière pakistanaise blessée par les talibans : la rébellion de l'enfance. Hamza Kashgari, poète saoudien : la rébellion des mots. Nasrine Sotoudeh, avocate iranienne : la rébellion de la loi. Habib Hazdaghli, universitaire tunisien : la rébellion du savoir. Waleed al Husseini, blogueur palestinien : la rébellion des athées.
Une radiographie fouillée de l'Israël d'aujourd'hui, à travers le prisme des sept défis auxquels la société israélienne doit faire face. Par une journaliste de Marianne spécialiste du sujet. Soixante-dix ans après sa création - sa " recréation ", selon David Ben Gourion -, l'État d'Israël reste un mystère aux yeux du monde.Mystère de l'hostilité que ce pays inspire toujours, comme de sa réussite qui fascine amis et ennemis. Mystère d'une extrême modernité mariée aux formes religieuses les plus traditionnelles. Mystère d'une révolution technologique et d'un rayonnement scientifique sans commune mesure avec les dimensions du territoire. Mystère d'une société contrainte de vivre en guerre depuis quatre générations.À rebours de la défiance et des idées reçues, Martine Gozlan tente de percer les sept secrets d'Israël : la force de la mémoire, la régularité des vagues d'immigration, les surprises de la démographie, les ambiguïtés de la foi, les métamorphoses de l'armée, le jaillissement de la recherche, sans oublier un optimisme existentiel et pour ainsi dire fondateur.Un récit en forme d'enquête, qui explore les paradoxes d'un peuple et d'une nation.
L'intervention américaine en Irak a allumé la mèche de l'affrontement entre les deux branches de l'Islam et le feu s'étend du Liban au Pakistan, du Maghreb à l'Indonésie : il est temps de comprendre ce qui différencie les sunnites, tenants de la tradition, et les chiites, en attente du messie caché. A quand remonte la rupture ? Peut-on parler de deux Islams ? Comment l'Irak est-il devenu le cœur de ce conflit ? Pourquoi la discorde gagne-t-elle tout le monde musulman ? Conjuguant l'histoire et sa connaissance du Moyen-Orient contemporain, Martine Gozlan apporte des réponses claires à ces questions essentielles. Pour elle, le champ de bataille des enfants de Mahomet est le miroir des maux qui accablent leurs sociétés, des révolutions sans cesse trahies aux humiliations toujours renaissantes. La prétention de l'Occident à résoudre ce malheur par la force des armes ne fait que l'aggraver. Car toute option guerrière contre l'Islam attise les haines entre les deux Islams. Il en fut ainsi hier, quand on s'attaqua au sunnisme irakien. Il en sera ainsi demain, si on s'attaque au chiisme iranien... Martine Gozlan est rédactrice en chef à Marianne. Elle a publié L'Islam et la République (Belfond, 1994), Pour comprendre l'intégrisme islamiste (Albin Michel, 1995 et 2002), Le Sexe d'Allah (Grasset, 2004) et Le Désir d'Islam (Grasset, 2005).
Les valeurs de l'Islam, et celles de la France laïque et républicaine, sont-elles conciliables ? Peut-on, oui ou non, marier Marianne et Mahomet ? Pour la première fois, des musulmans de France relèvent le défi. Oui, répondent-ils, il faut d'urgence réconcilier la raison et la tradition, la modernité et la foi. Coran au poing, comme le jeune imam Soheib Bencheikh, ils démontrent que le message du Prophète ne s'oppose en rien aux libertés individuelles. Ces réformateurs se sont promis d'arracher leur communauté à l'obscurantisme. La République est-elle prête à les soutenir dans leur combat ? La classe politique à écouter, enfin, leur voix trop longtemps étouffée ? C'est à cette seule condition qu'on pourra, dans notre pays, écarter la menace de l'intégrisme. L'enjeu est vital pour tous les Français.
Née à Budapest en 1921, éprise de littérature, Hannah Szenes émigre en Palestine en 1938 pour y mener la dure vie des pionniers dans un kibboutz de Césarée. À 23 ans, elle se porte volontaire pour sauter au-dessus de la Yougoslavie, au sein des commandos juifs enrôlés dans le SOE britannique, afin de prêter main forte à la résistance juive en Hongrie. Capturée, torturée, elle sera fusillée par les nazis dans sa ville natale, le 7 novembre 1944.Héroïne nationale en Israël, où les écoliers apprennent ses poèmes et où chaque ville a une rue à son nom, Hannah Szenes incarne le courage d'une jeune sioniste sautant au-dessus de l'enfer pour porter secours à son peuple. À la fois biographie, récit et enquête sur les lieux où a vécu et souffert la jeune fille, ce livre s'appuie également sur ses journaux et sur de nombreux témoignages – sans occulter la question du " mythe Szenes " : a-t-on surévalué son action ? Pourquoi son journal intime a-t-il été expurgé ? Qui fut la vraie Hannah Szenes derrière la statue qu'on en a dressé ?
Dix-sept ans après l'assassinat, le 4 novembre 1995, par un extrémiste juif, du général Itzhak Rabin, le premier ministre israélien, le conflit israélo-palestinien semble figé pour l'éternité, l'Etat hébreu fasciné par une droite de plus en plus extrême. De Paris à New York la diaspora juive se déchire, divisée entre ceux qui soutiennent sans conditions la politique israélienne et ceux qui la dénoncent car elle menace selon eux l'avenir d'sraël et trahit les valeurs morales du judaïsme.Martine Gozlan retrace les raisons et les étapes de cette fracture historique, morale, philosophique et religieuse qui a scindé l'âme juive avant même le sionisme et raconte de façon vivante et personnelle le roman des deux Israël, irréconciliables mais enchaînés.
Le modèle turque auquel se réfèrent les révolutionnaires arabes est-il un mensonge ? L'"islamisme modéré" est-il une fiction ?
L'Algérie, la Tunisie, le Maroc : trois pays qui nous sont proches. Leur histoire nous relie et leur présent nous concerne car des millions de Français en sont issus.De grandes espérances ont succédé, au Maghreb, à de grandes douleurs. En Algérie, après sept ans de guerre civile et cent cinquante mille morts, un rêve se lève avec l'élection, en avril 1999, d'Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la République. Au Maroc, la même année, l'accession au trône de Mohammed VI après la disparition de son père, le despote Hassan II, devait mener le pays vers une transition démocratique. En Tunisie, depuis novembre 1987, le président Ben Ali s'était engagé à poursuivre et renforcer l'héritage laïque d'Habib Bourguiba, le père fondateur de la modernité et de la nation tunisienne.Or ces espérances qui devaient révolutionner l'existence des peuples ont été bafouées par les régimes en place. Dans quels buts et comment ont-ils procédé ?Martine Gozlan explore les chemins de cette trahison en emmenant le lecteur dans les rues d'Alger et de Tizi-Ouzou, les foyers de Tunis et les faubourgs de Casablanca. Elle s'interroge sur les lourdes conséquences pour notre pays de la persistance des frustrations de l'autre côté de la Méditerranée : vertige de l'immigration et montée du fondamentalisme font des tensions au Maghreb un enjeu français.
Le sexe occupe en Islam une place centrale, comme le montrent aussi bien l'abondante tradition érotico-religieuse issue des Mille et une nuits que le discours des intégristes contemporains - attachés à faire, du sexe et de la femme (du sexe féminin ?) la source de toute diabolicité.. Depuis quatorze siècles, l'alcôve et la mosquée se livrent ainsi une furieuse bataille. L'objet de ce livre est d'en comprendre l'origine et l'enjeu. L'auteur interroge d'abord la sexualité du prophète Mahomet dont la vie la plus intime, commentée par des milliers de cheikhs, suscite une véritable imitation et émulation érotique chez les croyants. Mahomet aimait le plaisir et la volupté. Mais alors, qui fut à l'origine des terribles lois sexuelles islamiques ? Et Mahomet, le beau modèle des amants, a-t-il été trahi par les siens ? L'ouvrage conduit ensuite son lecteur au coeur de la chatoyante civilation érotique musulmane avant de s'envoler au vert paradis, cet extraordinaire jardin d'Eden islamique où la récompense de l'homme pieux consistera à faire l'amour à perpétuité, en une érection éternelle. Pourquoi, en effet, l'Islam définit-il le paradis comme un orgasme interminable ? Comment est-on passé de ce lyrisme orgasmique à la barbarie intégriste ? Pourquoi, d'Alger à Kaboul, les fous de Dieu ont-ils transformé les mille et une nuits en « mille et une morts » ? C'est encore et toujours le sexe qui orchestre leur délire, nous démontre l'auteur qui a retrouvé les fatwas les plus éloquentes, voire pornographiques, du GIA... Plaidoyer pour les merveilles d''une religion très charnelle, descente dans les abysses du tombeau où ses meurtriers l'ont précipitée, ce livre raconte avec amour et humour d'abord, passion et colère ensuite, la saga du plaisir et de la douleur en Islam.