Marie-Noelle Pastureau
Marie-Noelle Pastureau
La passion de Claudio Magris pour la mer, déjà manifeste dans plusieurs de ses livres, apparaît de nouveau au grand jour dans cet essai splendide qu'il consacre aux figures de proue des anciens navires. Soutenu par une immense culture et le souvenir de visites dans de nombreux musées de la Marine, ce livre nous emmène vers des horizons lointains qui sont aussi ceux de l'Histoire, de la littérature et des mythes. Les figures de proue étaient censées conjurer les dangers et les maléfices de l'élément marin. Sculptures aux traits féminins de sirènes, de déesses ou de créatures réelles, elles étaient les yeux de la mer, fixant sans trêve les profondeurs que le regard des navigateurs devait s'abstenir de longuement sonder. Pour Claudio Magris, la relation des humains avec la mer est de celles qui peuvent donner lieu à une expérience du sublime. Et le regard de la figure de proue est celui de la stupeur, de l'épouvante et de l'enchantement, d'où naissent la poésie, la magie des choses vues pour la première fois ou comme si c'était la première fois.
La passion de Claudio Magris pour la mer, déjà manifeste dans plusieurs de ses livres, apparaît de nouveau au grand jour dans cet essai splendide qu'il consacre aux figures de proue des anciens navires. Soutenu par une immense culture et le souvenir de visites dans de nombreux musées de la Marine, ce livre nous emmène vers des horizons lointains qui sont aussi ceux de l'Histoire, de la littérature et des mythes. Les figures de proue étaient censées conjurer les dangers et les maléfices de l'élément marin. Sculptures aux traits féminins de sirènes, de déesses ou de créatures réelles, elles étaient les yeux de la mer, fixant sans trêve les profondeurs que le regard des navigateurs devait s'abstenir de longuement sonder. Pour Claudio Magris, la relation des humains avec la mer est de celles qui peuvent donner lieu à une expérience du sublime. Et le regard de la figure de proue est celui de la stupeur, de l'épouvante et de l'enchantement, d'où naissent la poésie, la magie des choses vues pour la première fois ou comme si c'était la première fois.
À Trieste, dans le seul camp de concentration nazi d'Italie, les Juifs et les antifascistes gravaient le nom de leurs dénonciateurs sur les murs des cellules. Un homme étrange, collectionneur d'armes, aurait recopié ces inscriptions sur des carnets opportunément disparus, juste avant de mourir dans un incendie mal élucidé. Depuis, ces murs ont été blanchis à la chaux et la Justice a classé l'affaire. Jusqu'à ce que Luisa Brooks commence à recenser les armes du collectionneur pour en faire un surprenant Musée dédié à la Paix. Peu à peu, elle dénoue les fils de l'Histoire, découvrant des destinées prises dans le tourbillon des tragédies et des silences. Un Mille et Une Nuits du mal, avec plus d'une Schéhérazade.
À Trieste, dans le seul camp de concentration nazi d'Italie, les Juifs et les antifascistes gravaient le nom de leurs dénonciateurs sur les murs des cellules. Un homme étrange, collectionneur d'armes, aurait recopié ces inscriptions sur des carnets opportunément disparus, juste avant de mourir dans un incendie mal élucidé. Depuis, ces murs ont été blanchis à la chaux et la Justice a classé l'affaire. Jusqu'à ce que Luisa Brooks commence à recenser les armes du collectionneur pour en faire un surprenant Musée dédié à la Paix. Peu à peu, elle dénoue les fils de l'Histoire, découvrant des destinées prises dans le tourbillon des tragédies et des silences. Un Mille et Une Nuits du mal, avec plus d'une Schéhérazade.