Marie Cosnay
Marie Cosnay
Consacré à l'étude de la violence policière dans un État de type soviétique, Une société sous surveillance analyse plus particulièrement le comportement de « mandarins » est-allemands face au pouvoir et à l'idéologie dominante. Vingt dossiers, établis par la police politique de 1950 à 1989, concernant des intellectuels constituent la matière de cet ouvrage. Leur minutieux examen révèle tant les pratiques répressives - dont fut notamment victime le philosophe Ernst Bloch, l'auteur de Principe espérance - que les formes de résistance au contrôle ou, à l'inverse, les différents modes de collaboration avec la Stasi. C'est donc à partir de ces « biographies » rédigées par une plume policière que le lecteur entre dans l'univers d'une société placée sous surveillance. Mais, au-delà des comportements individuels, c'est avant tout la façon dont la Stasi a exercé son pouvoir qui est ici examinée et, plus généralement, la question des liens que les intellectuels peuvent être amenés à entretenir avec l'État Historienne de la période contemporaine et spécialiste des pays de l'Est Sonia Combe est l'auteur de Archives interdites (Albin Michel, 1994).
Marie Cosnay, traductrice et autrice, revisite ici les grands textes antiques et shakespeariens pour en extraire une réflexion vibrante sur le pouvoir, l’amour et la folie.
Les noms qu'ici on prononce sont les noms de révoltés, ou du moins qui n'ont pas hésité à l'opposition individuelle à un système qu'ils jugeaient coercitif. On suit Courbet à sa sortie de prison, et on regarde quelle toile il peint. On est avec Jacques Reclus, qui eut dix-sept enfants, dont Élisée et Élie Reclus, Mais on est aussi dans le sud-ouest français au temps de la guerre d'Espagne. Et on revient à la fin de la Commune, au mur des Fédérés. À sa manière, et dans la force habituelle de sa prose, Marie Cosnay investit en romancière des instants précis du temps historique. On est sur les barricades, ou cachés au Père-Lachaise. Ce microscope, qui nous redonne les êtres tout entiers, permet qu'on glisse sur des personnages interpoés, qu'on passe presque sans rupture à la fiction. Ce texte magnifique est d'une actualité immédiate : pourquoi ne nous révoltons-nous pas ? Que devons-nous à ceux qui, avant nous, se sont révoltés ? Paru en mai 2012 aux éditions Quidam, voici sa première édition numérique. Un grand texte pour dire notre présent. FB
Que fait la politique d'immigration européenne aux liens, aux familles et aux corps ? Que faire des corps des disparus de l'exil et comment leur rendre la dignité humaine qui leur a été niée jusque dans la mort ? Sur les côtes de la mer d'Alboran, Marie Cosnay explore la question des morts sur les routes de l'exil, le refus européen de leur accorder une inhumation ou un rapatriement digne. Elle démasque les meneurs d'un commerce sordide autour de la recherche de ces corps, de leur identification et cherche inlassablement le frère de son ami Ryad, disparu en mer d'Alboran. Des îles 3 est le dernier volume d'une trilogie qui restera, comme un témoignage au présent de la période que nous traversons, à la fois « l'instruction d'un procès à venir » et le récit d'une catastrophe humanitaire. Marie Cosnay (née en 1965 à Bayonne) est traductrice de textes antiques, écrivaine et activiste pour l'accueil des migrants. Elle vit à Bayonne. Elle a récemment publié Voir venir (avec Mathieu Potte-Bonneville, Stock, 2019) et Les Enfants de l'aurore (Fayard 2019). Les Éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre (2015) Aquerò (2017), Épopée (2018), If (2020) et Comètes et perdrix (2021), ainsi que sa traduction remarquée des Métamorphoses d'Ovide (2017).
Des pays aux liens, ce que deviennent les liens (de filiation, de famille, d'amour) dans l'expérience de la migration. Avant mars 2020 Lesbos, île grecque Après mars 2021 les îles Canaries. Au milieu, une pandémie, un confinement. Le point d'observation : à la frontière basque entre l'Espagne et la France. De là, se mènent plusieurs enquêtes, à la recherche de disparus : Makoko, Alphonse, Zakaria. Alphonse retrouvé, on conclura le premier ouvrage là dessus, après le reportage sur les Canaries. Marie Cosnay (née en 1965 à Bayonne) est traductrice de textes antiques, écrivaine et activiste pour l'accueil des migrants. Elle vit à Bayonne. Elle a récemment publié Voir venir (avec Mathieu Potte-Bonneville, Stock, 2019) et Les Enfants de l'aurore (Fayard 2019). Les Éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre (2015) Aquerò (2017), Épopée (2018), If (2020) et Comètes et perdrix (2021), ainsi que sa traduction remarquée des Métamorphoses d'Ovide (2017).
Comète et Perdrix est le récit d'une histoire incroyable, celle du kidnapping de deux enfants juifs, Robert et Gérald Finaly, par une résistante catholique, Antoinette Brun qui les a cachés jusqu'en 1953. Il s'agit pour Marie Cosnay à la fois de s'approcher de la vérité au moyen de la littérature et d'explorer les mécanismes qui ont conduit à cette situation. Car cette histoire en convoque d'autres, celles de la frontière, le col de Perdrix, et celles de ceux qui la traversent, et avec elles toute une constellation de personnages dont les décisions, convictions ont mené à ce kidnapping. En explorant cette affaire par le biais de la constellation de personnages qui y sont liés, Marie fait de cette matière historique une enquête et un passionnant roman d'espionnage. Marie Cosnay (née en 1965 à Bayonne) est professeure de Lettres classiques, traductrice de textes antiques, écrivaine et activiste pour l'accueil des migrants. Elle vit à Bayonne. Elle a récemment publié Voir venir (avec Mathieu Potte-Bonneville, Stock, 2019) et Les Enfants de l'aurore (Fayard 2019). Les Éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre (2015) Aquerò (2017), Épopée (2018) et If (2020), ainsi que sa traduction remarquée des Métamorphoses d'Ovide (2017).
"J'avais dix ans, je lisais Le Comte de Monte Cristo, il y était question des fils qui payent pour les pères, des fils qui payent éternellement, les fils des pères qui avaient fait les salauds payaient, tout jeunes les fils pouvaient en mourir, c'est ce qui arrivait au petit Villefort, il mourait empoisonné, les familles s'empoisonnaient" Marie Cosnay vit à Bayonne dans le Pays basque, est écrivaine, traductrice de textes antiques, et tient des chroniques sur le blog Médiapart. Elle à récemment publié Éléphantesque (Cheyne, 2018) et Les enfants de l'aurore (Fayard 2018). Les Éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre (2015), Aquerò (2017) et Épopée (2018). Elle a reçu le Prix Nelly Sachs et le Prix Bernard Hoepffner pour sa traduction remarquée des Métamorphoses d'Ovide (Ogre, 2017).
« Elle est soleil et pluie et autre chose, c'est la toute-puissante Cordelia qui réunit la pluie que porte les héros sur leurs épaules (qu'on voit, par exemple, enfourcher des chevaux blancs et galoper dans les nuits d'inondation) et le soleil que portent les mêmes une autre fois (canicule, fardeau saignant et adoré), elle est la toute-puissante qu'on ne regarde ni de face ni de près, elle est celle qui ne dit mot puis pleure puis dit père, comme un caillou. Qui rencontre des hiboux poignardés dans les forêts aux troncs des arbres. Il y a autre chose. Elle dit autre chose. Elle dit : femmes, femmes, mes soeurs. Elle est toute blonde, porte un corsage décolleté et une robe blanche, Cordelia qui avance dans les forêts touffues accompagnée d'hommes d'armes, quand elle pleure ses larmes sont des diamants et ses sourires des perles ; une douleur comme la sienne. La femme sans honte et toute blanche dans la forêt qui bruit des armes des hommes soldats. La femme homme-soldat. » Marie Cosnay est née en 1965 à Bayonne. Elle est professeure de lettres classiques, traductrice de textes antiques, et écrivaine. Elle a publié des textes dans de nombreuses revues ainsi qu'aux éditions Cheyne, Verdier, Laurence Teper et Quidam. Elle publie également des livres sous la forme numérique chez Publie.net. Elle tient un blog sur le site d'information Médiapart qui témoigne de son engagement politique et de son expérience scolaire.
C'est pas parce qu'on est flic qu'on comprend quelque chose au monde comme il va ou ne va plus du tout. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud. Dehors, vastes plaines et vent sifflant. Le ciel est froid comme la terre, entre les deux vont des flocons en rafale. On se juche les uns sur les chaises, les uns sur les épaules des autres pour apercevoir la lamelle d'un croissant de lune à peine moins blanche que le blanc d'autour. Le bruit d'un moteur dans l'air, le bruit est toute l'affaire, le bruit d'un avion perdu dans les airs enneigés comme des plaines. Le bruit d'un avion qui au-dessus de nous tourne en aveugle. Si on a encore un peu chaud c'est qu'on se tient au chaud. Marie Cosnay vit à Bayonne dans le Pays basque, elle est écrivaine et traductrice de textes antiques. Elle a récemment publié Vie de HB, Sanza Lettere, et Le Fils de Judith. Les Éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre en 2015 et Aquerò en 2017. Elle a consacré plus de dix ans à une traduction des Métamorphoses d'Ovide (Ogre 2017) qui à été récompensée par deux grand prix de traduction : le Prix Nelly Sachs et le prix Bernard Hoepffner.
« La question des frontières et de l'exil est la question cardinale de notre temps. »M. Potte-Bonneville « Il y a comme une addiction de l'accueil. Tu commences, tu ne peux plus arrêter. Parce que c'est immense, ce qu'il y a à faire. Parce que c'est une des conditions de l'hospitalité, l'inconditionnalité, l'immensité, l'illimité. »M. Cosnay Cette correspondance entre deux auteurs impliqués à titre personnel depuis plusieurs années dans l'accueil de migrants chez eux (à Paris et à Bayonne) est habitée par le pressentiment que nous sommes en train de vivre une catastrophe : celle d'une Europe « devenue criminelle », déployant une politique aussi absurde que cruelle en matière d'immigration, et laissant mourir des milliers de personnes dans l'indifférence quotidienne. Une politique hostile qui semble en contradiction avec les élans de celles et ceux qui, un peu partout, accueillent les personnes exilées sans conditionner leur hospitalité, et finissent par former des réseaux de liens et d'entraide. Une résistance dont il s'agirait aujourd'hui de faire entendre la voix. S'il alterne développements philosophiques et discussions politiques avec des passages poétiques et lyriques, ce texte est profondément ancré dans le réel. Les auteurs évoquent le parcours du combattant et les situations administratives kafkaïennes des nouveaux arrivants, mais également les aspects très concrets et pratiques de l'accueil de tous les jours. Y abondent récits, épisodes et anecdotes permettant d'entrevoir le quotidien (les difficultés, les découragements, mais aussi les joies) des accueillants et des accueillis.
Ils sont deux, Rhésos et Memnon, des gosses encore, qui ont pris la route. Qui se souciera d'eux lorsqu'ils toucheront enfin au but : Troie, ses rivages et sa plaine où les combats ont lieu, où leur vie débutera enfin, à moins qu'ils ne se précipitent vers leur mort ? Ils ont arraché un adieu à leurs parents, ils devancent l'oracle qu'ils ont reçu. Troie les appelle. Là-bas, dans l'autre camp, un autre attend, Achille, qui ne veut pas entrer dans le jeu. Ulysse n'y peut rien, ni Nestor. Il y a plusieurs versions de l'histoire, qu'il faudra bien raconter. Raconter ces derniers venus, Rhésos, Achille et Memnon, enfants d'Eos, l'aurore, surgis juste avant le dénouement : la guerre au grand jour. Il y a deux nuits, il y a deux camps, il y a un gamin qui veut se battre, Rhésos, et un qui ne veut pas se battre, Achille. Il y a deux bandes d'espions, quelques masques, deux fleuves, des bruits inquiétants, des feux de vigie, deux peaux de bêtes, des chevaux blancs rapides comme le vent. L'Iliade comme vous ne l'avez jamais lue. Marie Cosnay est écrivain. Elle est l'auteur d'une oeuvre littéraire nombreuse. Elle a donné une nouvelle traduction très remarquée des Métamorphoses d'Ovide (éditions de l'Ogre, 2017). Dernièrement elle a publié Épopée aux éditions de l'Ogre.