Malika Boussouf
Malika Boussouf
Les intégristes qui m'ont condamnée à mort voulaient m'emmurer au tombeau du silence. Ils n'y sont pas parvenus. Le personnage qui habite ce livre s'appelle Nina. Il aurait pu porter bien d'autres prénoms : Khalida, Farida, Saïda... ou même Malika. L'urgence est la même pour tous : c'est la nécessité de témoigner aujourd'hui, avec les vérités les plus nues, du calvaire de tout un pays. À Nina de dire la peur quotidienne, la révolte, le dégoût de tous les Algériens otages de l'horreur. À elle de dire le sang qui coule, la mort qui guette au coin de la rue, les enterrements par milliers, les mutilations, les viols. Hier grande figure du journalisme algérien, recevant à son émission-débat les hommes politiques de tous bords, Nina est aujourd'hui une femme traquée, qui vit dans la clandestinité. Chaque matin, elle fait sa toilette, comme si c'était le dernier jour. Refusant la grandiloquence, ce témoignage bouleversant d'une femme en sursis qui défie la barbarie et dénonce ses complices, est aussi le reportage le plus cinglant sur un pays au bord du gouffre.
Elles sont tunisiennes, égyptiennes, libyennes, maliennes, syriennes, afghanes, algériennes... Elles se battent pour l'égalité, la laïcité et la démocratie. Leur combat est aussi le nôtre.Dans les sociétés musulmanes qui déclarent aspirer à la modernité, le sort de la démocratie est intimement lié à la place qu'occupent les femmes. En première ligne, à chaque séisme populaire - instinct social de survie oblige - elles affrontent la force d'un conservatisme musulman réfractaire à tout changement et propre aux sociétés dont le système patriarcal et religieux est érigé en modèle de gouvernance. Que dire alors, des femmes dont on bafoue les droits, en temps de paix ? Aujourd'hui, face à la montée islamiste, elles sont les premières menacées et leurs droits sont encore davantage en recul. Le long d'un printemps qui semblait fleurir bon la révolution, elles ont nourri des espoirs et rêvé de changements mais elles sont restées sur le quai. Nous avons voulu aller à leur rencontre. Ce livre est une manière de rendre hommage à ces femmes arabes « rebelles » qui ont la force de dire « NON » et le courage de résister pour asseoir solidement leur émancipation, malgré les lourdes sanctions qu'elles encourent. Ce livre est un hommage à leur combat, il est aussi un cri d'alarme. L'islamisme intégriste répandu en terre musulmane, s'implante peu à peu en Occident et constitue une menace pour nos démocraties occidentales, comme elles le clament elles-mêmes haut et fort. Voici 15 portraits chocs de femmes qui invitent à la réflexion et à l'action... Djamila Benhabib, (Ma vie à Contre Coran, éd. H & O), femme politique algérienne qui vit aujourd'hui au Canada ; Aayan Hirsi Ali (Insoumise, Ed. Robert Laffont) femme politique néerlandaise d'origine somalienne ; Israhad Manji, née en Ouganda est journaliste et vit au Canada ; Necla Kelek, est une sociologue allemande d'origine turque ; Mina Ahadi est iranienne ; Talisma Nasreen née au Bangladesh est écrivain, réfugiée en Suède ; Wafa Sultan (Un dieu de haine, St Martint Presse) est syrienne ; Chahdortt Djavann, écrivain (Bas les voiles, et Je ne suis pas celle que je suis, Ed. Flammarion), est née en Iran ; Brigitte Gabriel, libanaise chrétienne vit aux États unis ; Nonie Darwish, journaliste née au Caire vit aux États-Unis, Hélé Beji est tunisienne ( Islam Pride) ; Haifaa Al Mansour est la première femme saoudienne cinéaste...