Maisongran
Maisongran
C'est alors qu'inexplicablement le soleil s'esquiva pour d'autres cieux, nous laissant seuls remplis d'inquiétude, orphelins dépossédés de nos images. Je me tournai vers toi et ne vis qu'un tapis de neige sur le sol à l'immatérielle pureté. Le froid grandit en moi. Un paysage d'hiver venait soudain d'envahir ton visage, de briser la courbe de tes lèvres, d'assujettir les boucles de ta chevelure, d'annexer en silence ta jeunesse. C'était l'hiver, un parmi bien d'autres, à une certaine heure, un certain jour. Je sus que rien désormais ne serait pareil pour nos vies mêlées. Cet hiver-là, de janvier ou de février, la ville orgueilleuse tenta de retenir la parcimonieuse clarté de ses réverbères. Longues, furent les nuits. Nous avions soif de vérité et gardions de notre enfance l'ivresse de l'interdit.
Certes, il n'est pas facile de discerner ce qui sépare le normal du paranormal, tout simplement parce qu'il ne suffit pas de regarder pour voir. Le jour se lève, dit le père. C'est toujours un grand moment pour l'homme et pour les dieux. Croyez-moi, il est parfois plus difficile d'aller nulle part que d'aller quelque part, et cela on ne le sait pas assez... Les vérités aussi sont mortelles. Il ne le savait pas.