Madame Tarbé des Sablons
Madame Tarbé des Sablons
Où suis-je ? qui me parle de consolation ? Me consoler ! mais c'est blasphémer ma douleur. Ma fille est morte, et je me consolerais !... Dieu, dit-on, défend les larmes.... Ah ! peut-il les défendre, lui qui les fait couler.... Dieu existe ; je le sais, je le crois, je me plains de sa rigueur, sans nier sa puissance. Pourquoi m'ôte-t-il ma fille, mon bonheur, ma couronne de gloire ? Pourquoi cet arbrisseau, dont les jeunes rameaux eussent plus tard ombragé ma vieillesse, a-t-il été tout à coup brisé dans sa racine ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Le marquis d'Armançon, de la province de Berry, était cadet d'une maison dont la noblesse se perd dans la nuit des temps. Il était au service et s'y distinguait de la manière la plus brillante ; il avait près de trente-cinq ans lorsqu'il connut Mlle de Santeuil, qui était noble et aussi peu favorisée que lui des biens de la fortune. Sa beauté était ravissante, son esprit infini, et cependant Mlle de Santeuil n'était pas mariée à vingt-cinq ans.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
« - Eh ! bien, ma fille, comment trouvez-vous mon salon ? - Il efface en beauté ce que l'art a de plus ravissant. Pourquoi ma vie ne s'est-elle pas écoulée dans la contemplation des merveilles de la nature ? j'aurais été et plus heureuse et meilleure. - Meilleure, je n'en sais rien : le monde est une école terrible, mais salutaire pour qui sait ne pas céder au torrent. - Comment y résister, lorsqu'on est mariée à quinze ans ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.