Lydia Taïeb
Lydia Taïeb
La plupart des traitements du cancer du sein ont pour conséquence une ablation du sein abritant le foyer tumoral, avec ou sans reconstruction immédiate. Cette avancée chirurgicale a pour objectif d'éradiquer la tumeur et son évolution, également de préserver une féminité que le chirurgien va devoir malmener. Avec ou sans reconstruction, c'est l'intégrité d'un corps de femme qui est atteinte. Après la guérison organique, le corps doit être réinvesti comme un corps à la fois désirable et désiré. Face à cet impensable que représente l'amputation, les patientes s'avouent submergées par l'angoisse. Car l'ablation d'un sein ouvre obligatoirement sur un sentiment de défiguration du féminin, quel que soit le mode de reconstruction. En s'appuyant sur de nombreux témoignages, les auteurs accompagnent les femmes à toutes les étapes, depuis l'annonce diagnostic jusqu'à la mastectomie et au travail de deuil qui lui est assorti. Répondant aux questions, mettant des mots sur ce qu'elles ressentent, mettant à bas les préjugés, elles les aident à se réapproprier leur corps et à pouvoir à nouveau le regarder. Car le regard, qui tient une place essentielle et structurante d'un point de vue narcissique dans la construction de l'individu, est en jeu à chaque étape de la vie.
Nombreuses sont les femmes pour qui le plaisir de s'habiller s'accompagne d'hésitations sans fin. Malgré des penderies qui débordent, elles pensent qu'elles n'ont rien à se mettre parce qu'elles trouvent que rien ne leur va. Les psychanalystes Elise Ricadat et Lydia Taïeb ont écouté ces patientes qui éprouvent chaque jour les affres du choix de leur tenue. Et dont certaines sont des acheteuses compulsives de vêtements qui ne leur iront pas forcément mieux et qu'elles ne porteront peut-être jamais. Support identitaire, le vêtement est destiné tout autant à cacher qu'à mettre en valeur un corps plus ou moins bien assumé. Et il suffit de peu pour que ce jeu avec l'apparence devienne dépendance. Sous l'apparente futilité de cette quête du vêtement idéal, c'est une interrogation fiévreuse sur la féminité que les auteurs dévoilent ici.