Lucien Guissard
Lucien Guissard
Qu'est-ce que le rêve peut nous apprendre sur la sexualité ? Comment définir la sexualité éclairée par le rêve ? Telles sont les deux questions qui dirigent toute l'étude de Raymond de Becker. Ainsi il est naturel qu'une telle investigation débute sur un mode historique, car l'histoire de la sexualité dans les rêves est capable de fournir d'importantes données à la fois ethnographiques, sociologiques et psychologiques. Des clefs des songes et des traités médicaux qui en Égypte, à Babylone, à Ninive, aux Indes fournirent les premières interprétations, aux traités oniriques arabes et aux analyses de Freud, c'est toute une évolution du matériel d'images, toute une évolution aussi de la nature même des interdits et des névroses qui se traduisent dans le rêve. Partant d'une nature polysexuelle la civilisation a souvent été une marche vers la monosexualité, mais elle implique un jugement moral sur lequel la science n'a pas à se prononcer, estime Raymond de Becker. Le rêve n'a pas à diriger la vie, mais le rêve, selon lui, est un transformateur d'énergie. Et l'auteur s'attache à montrer combien le rêve charrie de fragments d'initiations perdues et suggère le chemin qui, de la multiplicité des amours, peut conduire à l'Amour absolu.
« Pour une société de communication ». Tel était le thème du douzième congrès de l'Union catholique internationale de la presse qui s'est tenu à Rome, à l'automne dernier. Plus de cinq cents journalistes et éditeurs venus de soixante-dix-sept pays du monde entier ont confronté leurs expériences. Ce livre rassemble l'essentiel de ces travaux. Le choix de ce thème montre au moins deux choses. D'abord que des professionnels du journalisme, ici des professionnels catholiques, veulent faire avancer la réflexion éthique sur leur activité, et cela mérite peut-être une mention : il n'est pas si fréquent que des journalistes reconsidèrent le journalisme ! Ensuite, que la communication ne règne pas véritablement dans notre société où pourtant on écrit, on parle, on se parle, avec une prolixité croissante. On peut être acquis à une perspective de devenir, de souhaitable, de possible ; on a sans aucun doute le droit de penser travailler déjà efficacement à la communication sociale, mais on sait que l'objectif idéal est toujours devant. On ne peut entrer dans la perspective d'une société de communication sans se rendre compte que la société internationale n'est toujours pas une vraie communauté et sans s'interroger sur le rôle que jouent les informateurs, les agences, les groupes de presse, les propagandes idéologiques par la presse, la mainmise des pouvoirs sur les médias ; sans s'interroger enfin sur ce que requièrent l'expression et le respect des cultures particulières à l'échelle d'un monde éclaté qui se montre légitimement jaloux de ces différences-là. Ce livre veut apporter une contribution de publicistes et journalistes catholiques, du Nord comme du Sud, à l'instauration du nouvel ordre mondial de l'information et de la communication. Il veut être aussi le témoignage du travail quotidien mené par l'U.C.I.P.
Lucien Guissard est né en 1919. Licencié en sciences politiques et sociales. Rédacteur en chef adjoint de La Croix, critique littéraire au même journal ; membre de direction de Presse-Actualité. Ouvrages publiés : "Catholicisme et progrès social", "Écrits en notre temps. Études sur la pensée sociale et littérature" qui valut à son auteur le Grand prix catholique de littérature 1961.