Louis Moreau de Bellaing
Louis Moreau de Bellaing
Les apatriés n'appartiennent plus au pays qu'ils considéraient comme leur patrie. Poussés à partir, ils ne se reconnaissent pas et ne sont pas reconnus dans le pays qui les accueille. L'Algérie « française », avec deux guerres, de conquête puis d'indépendance, et cent trente ans de territorialisation, marque l'inauguration du colonialisme moderne. Trois communautés y ont coexisté : pieds-noirs, harkis et Algériens. Les pieds-noirs furent victimes, beaucoup plus que complices, d'un statut politique octroyé par le colonialisme. Ils durent fuir après les accords d'Évian. Parmi les harkis qui restèrent, un certain nombre furent massacrés ; ceux qui parvinrent à aller en France furent mis en camp de rétention. Les migrants algériens, exilés après la paix, devinrent des ouvriers que des sous-traitants fournissaient aux entreprises. Les auteurs étudient ces histoires de colonisation puis de décolonisation, ainsi que leur impact sur les subjectivités individuelles et collectives, en lien avec la dynamique inconsciente des conflictualités psychiques.
Le 100e titre de la collection Science de l'Éducation est consacré à la sécurité, une dimension essentielle de la vie scolaire fort peu évoquée dans les travaux pédagogiques et trop faiblement présente dans la formation des enseignants. Le plus souvent, tout se passe comme si la sécurité n'était que l'affaire des compagnies d'assurances, avant et après l'accident. Pourtant l'école a un rôle capital à jouer dans la prise de conscience par les enfants des dangers multiples qui peuvent surgir à chaque instant de leur vie quotidienne : apprendre à déceler le danger, à l'apprécier, à le déjouer, former des habitudes et donner matière à réflexion. L'insécurité maximum c'est de n'avoir jamais peur ou, à l'inverse, d'avoir toujours peur.
Et si la sociologie pouvait aussi explorer l'inconscient pour mieux comprendre nos sociétés ? Analyse du social propose une approche inédite, mêlant méthodes classiques et perspectives psychanalytiques pour décrypter les mécanismes cachés du lien.
Dans cet ouvrage, l'auteur rassemble des souvenirs sur sa vie professionnelle de sociologue et d'ancien professeur d'université. La vie quotidienne dans la recherche et l'enseignement de la sociologie est, elle-même, un objet de recherche car elle n'exclue pas les jugements de valeur et ne peut être qu'approximative. Cette recherche permettra peut-être, selon l'auteur, d'élaborer une sociologie de la connaissance subjective.
Le statut des savoirs et des connaissances en sciences humaines et sociales, tel qu'il commençait à être élaboré par les précurseurs et les fondateurs de ce qu'il était convenu d'appeler la sociologie, à laquelle vint s'ajouter l'anthropologie, pose aujourd'hui problème tant au niveau des sacralisations maintenues qu'à celui des modernisations s'accomplissant et accomplies. A partir d'ouvrages inventoriés sur une longue période, principalement les trente dernières années, l'épistémologie des sciences sociales s'interroge sur elle-même, sur ce qu'elle produit : des traces d'objectivation, mais aussi de réflexion.