Lionel Obadia
Lionel Obadia
L'au-delà D'aussi loin que l'on puisse remonter, l'humanité s'est évertuée à imaginer un « au-delà » au monde des vivants. Qu'ils soient définis par les termes cosmos, univers, paradis, enfer, terres sacrées ou damnées, ces « autres » mondes ont été longuement pensés, décrits, localisés et peuplés d'entités par chaque civilisation. En explorant les croyances de l'Antiquité jusqu'à aujourd'hui, en Europe et dans le reste du monde, Lionel Obadia nous invite ici à découvrir les différentes facettes de l'Au-delà, en répondant à deux grandes questions : quelles sont les raisons de la création de ces « autres » mondes qui transcendent, transposent ou dupliquent la réalité vécue ? Pourquoi une telle diversité dans leurs formes, localisations et contenus ? Plus qu'une présentation chronologique des idées religieuses et profanes sur l'Au-delà, cet ouvrage présente aux lecteurs un vaste panorama des différentes conceptions qui le caractérisent, à travers un angle historique et culturel. Histoire Traditions Représentations
Depuis sa fondation au XIXe siècle, l'anthropologie sociale et culturelle a toujours porté un intérêt particulier à la religion, à ses origines, ses formes et ses variations. L'anthropologie des religions s'est constituée à partir de l'étude de systèmes de croyances (magie, sorcellerie, animisme, totémisme, chamanisme...) et d'objets empiriques particuliers (mythes, rites, croyances, représentations, organisations sociales), élaborant des théories et forgeant des méthodes qui lui confèrent une place singulière dans les sciences religieuses et les sciences humaines. Les mutations rapides et profondes que connaissent les sociétés au XXIe siècle sont l'occasion de réaffirmer sa pertinence, tout en renouvelant ses perspectives et ses terrains.
Il est désormais courant de faire de la spiritualité le nouvel horizon de sens et d'action pour les sociétés modernes et globalisées qui ne sont plus tout à fait religieuses ni totalement sécularisées. Le sacré et le sens de la transcendance se réinventent perpétuellement, mais débordent désormais les traditions et irriguent des domaines aussi différents que le sport, la médecine, l'éducation, l'entreprise, l'écologie ou encore les technologies. C'est à ce voyage au-delà des frontières (religieuses, culturelles et disciplinaires) qu'invite une notion de spiritualité qui ne cesse d'être remaniée tout en conservant un cadre de signification qui lui assure son identité : celle d'une aspiration au dépassement de la condition humaine. Ce livre offre ainsi un panorama des usages et des significations associés à la spiritualité, dans l'histoire et dans les sociétés, dans ses différents domaines d'application, et introduit aux débats critiques soulevés par l'engouement récent et massif pour le " spirituel ".
«La religion est le propre de l'homme », «La religion est irrationnelle », «La religion est le rempart contre les peurs existentielles », «Pas de religion sans dieu », «Les religions sont des instruments du pouvoir », «La religion est un obstacle au développement », «Les religions poussent à la guerre », «On peut très bien vivre sans religion » ... En plein coeur des débats contemporains qui opposent « laïcs » et « religieux », Lionel Obadio, au travers de ses recherches sur le bouddhisme, les grands monothéismes et polythéismes, ainsi que sur le chamanisme et la sorcellerie, rappele ici que la religion est un fait humain complexe, aux fondements aussi universels que ses manifestations sont diversifiées.
Un peu partout dans le monde, les antiques traditions religieuses - bouddhisme, christianisme, islam - comme les " nouvelles religiosités " - mouvances sectaires et spiritualités alternatives -, s'accommodent d'une mondialisation économique qui, pourtant, véhicule des valeurs et des logiques apparemment opposées à celles de la religion.Hostiles, par principe mais non dans les faits, aux choses de l'argent et au commerce, les religions n'en ont pas moins été des agents particulièrement actifs du développement des systèmes économiques. En retour, ceux-ci ont contribué à façonner les dogmes et les formes des religions.Mais une révision des rapports entre économie(s) et religion(s) s'impose : depuis les années quatre-vingt-dix, en effet, les analyses et modèles de l'économie politique s'appliquent à la compréhension des nouvelles relations que les individus et les sociétés entretiennent avec le religieux. Lionel Obadia dresse ici un état des lieux inattendu du vaste domaine de ces relations et questionne la pertinence du concept d'économie religieuse - l'économie de la religion et non dans la religion.