Léandre Boizeau
Léandre Boizeau
Paris, 1870. Blanche d’Antigny, comédienne flamboyante et muse des peintres, défie une société qui refuse la liberté aux femmes. De son enfance miséreuse au Berry à ses triomphes parisiens, son destin fulgurant inspira même Zola pour Nana.
C'est un dossier hors-norme, qui hante la justice française depuis trois quarts de siècle : l'une des erreurs judiciaires les plus retentissantes de l'après-guerre. L'affaire Mis et Thiennot débute un jour de décembre 1946, en Brenne, région de landes et d'étangs du centre de la France, quand on découvre le corps sans vie d'un garde-chasse de la propriété Lebaudy. Huit jeunes chasseurs sont suspectés, puis interrogés, une semaine durant, dans la mairie de Mézières. Sous les coups et les sévices infligés par les enquêteurs, à bout de forces, ils avouent le meurtre. Et se rétractent dès leur arrivée à la prison de Châteauroux. Condamnés à quinze ans de travaux forcés, ils ne cesseront jamais de clamer leur innocence. En 1980, Léandre Boizeau publie Ils sont Innocents, une contre-enquête fondée sur le témoignage de nombreux protagonistes et l'examen minutieux du dossier d'instruction. Toutes les preuves sont là pour les disculper. Depuis lors, avec le Comité de soutien pour la révision du procès, il se bat pour que l'institution reconnaisse enfin son erreur. Cette lutte acharnée doit beaucoup à sa détermination sans faille et à celle de Raymond Mis et Gabriel Thiennot, qui ont hurlé leur innocence jusqu'à leur dernier souffle. En- semble, ils ont bouleversé la France. C'est cette bataille que Léandre Boizeau nous conte dans ce récit poignant qui n'oublie rien, ni les actes, ni les femmes et les hommes qui ont refusé de se soumettre, pour qu'enfin justice soit rendue. Une bataille qui a permis d'obtenir de l'Assemblée nationale, en 2021, une modification de la loi ouvrant la voie à une septième requête en révision. Plus de 75 ans après les faits !
A Saint-Ricart, petit village de cette France qu'on dit « profonde », il y a tout pour être heureux. Et pourtant ça grogne. C'est qu'ils ne sont pas tous faciles les vieux de la commune ! Il y en a, du Ronchon ! Les Jeannot, Michel, Francis, Guitout, Jacques et autre Philippe n'ont pas leur langue dans la poche ! Sans compter que la Françoise et la Suzanne ne sont pas en reste. Et des motifs de mécontentement, ce n'est pas ce qui manque : la balayeuse qui brosse l'herbe des fossés, les retraites qui baissent, les prix qui augmentent, les usines, les écoles, les bureaux de poste, les maternités, les gares et même jusqu'aux pissotières communales qui ferment, le téléphone qui n'arrête pas de sonner pour un oui pour un non, ces comédiens de footballeurs qui n'arrêtent pas de grimacer, la canicule, les particules fines... Tout va mal ! Et pour le faire savoir, on peut compter sur cette fine équipe toujours prête à dégainer. C'est alors que Monsieur le Maire, qui est confronté chaque jour aux récriminations de ses chers administrés, va avoir une idée de génie : pourquoi ne pas mettre en scène ce concert de lamentations dans un Musée des Ronchons, une sorte de loft story rural qui permettrait aux citadins de découvrir une culture qu'ils ne connaissent pas ? C'est une belle idée, mais il va avoir bien des occasions de la regretter... C'est drôle, savoureux, irrésistible, émouvant parfois, parce que ça sent le « vrai », le vécu.