Laurent Nunez
Laurent Nunez
En anglais, eye-servant désigne celui qui n'est zélé que lorsqu'on l'observe. En néerlandais, kutzwager nomme le lien étrange entre deux inconnus qui ont aimé la même personne. En islandais, gluggaveður dit le plaisir de regarder l'orage, ou n'importe quel désastre, depuis un lieu où l'on ne risque rien. Le français ne sait pas dire ces choses. Et ce qu'une langue ne sait pas dire, comment pourrait-on le vivre tout à fait ? C'est pour combler de tels silences que Laurent Nunez braque ici les autres langues. De l'Irlande à l'Indonésie, de l'Islande au Liban, il se permet de dérober treize termes intraduisibles, treize mots de passe qui déverrouillent ce qui sommeille en nous. Méditation vagabonde et malicieuse, ce livre croise Platon et Tinder, Duras et Harry Potter, Usain Bolt et Orson Welles, Baudelaire et la réalité virtuelle. Mots de passe est une invitation au voyage et participe à la contrebande d'un trésor retrouvé : celui des mots venus d'ailleurs. Laurent Nunez est écrivain et éditeur. Il a signé plusieurs essais, dont L'Énigme des premières phrases et Il nous faudrait des mots nouveaux, déjà consacré aux mots intraduisibles. Il est aussi l'auteur de romans, parmi lesquels Le mode avion et Tout ira bien.
"J'ai voulu raconter dans ce livre l'histoire d'hommes et de femmes absolument terrifiés par la vie, et qui dès lors s'entourent de solutions superstitieuses, au Maroc, en Espagne ou en France, pour éloigner de leur existence le hasard, le malheur et la mort."
Rares sont ceux qui connaissent l'existence du Sous-Monde, une toile brisée d'anciennes galeries et de pièces laissées à l'abandon qui s'étend dans les profondeurs de l'université. Protégée par ce labyrinthe sinueux, confortablement installée au coeur même de ces lieux désolés, vit une étrange jeune femme. Le silence et les ténèbres semblent être ses seuls compagnons sur le chemin qu'elle se fraie dans cet univers souterrain. À moins qu'elle ne perçoive autre chose. Comme une complainte des oubliés, mêlant douceur et amertume à son existence... Son nom est Auri. Et sa vie est peuplée de mystères. Parmi les nombreuses rencontres de Kvothe, la plus attachante est sans nul doute celle d'Auri. Cette jeune femme, au caractère à la fois sauvage, enfantin et précieux, reste voilée de mystère. Le regard qu'elle porte sur le monde semble percevoir bien plus que celui du commun des mortels. Bientôt elle reverra Kvothe et il faudra lui offrir un présent. Il est temps de se mettre en quête. Laissez-vous entraîner dans le Sous-Monde et découvrez l'univers du personnage le plus touchant du Nom du vent. « Le monde de la Fantasy a une nouvelle star. » Publishers Weekly
L'épopée tragicomique d'Étienne Choulier et de Stefán Meinhof - soit la vie et l'oeuvre de deux linguistes anachorètes guettant l'éclair de génie et se jalousant jusqu'à un duel funeste. Deux aventuriers modernes de la langue française, qui se font la promesse d'en révéler les trésors insoupçonnés, et d'offrir à la postérité de nouvelles théories du langage, aussi inattendues qu'inoubliables.
« Si vous mangez comme tout le monde, vous aurez le corps de tout le monde », préviennent (un peu sèchement) les nutritionnistes. De la même manière, si vous vous nourrissez des mêmes mots que tout le monde, vous vivrez la même vie que tout le monde. Si vous voulez une vie nouvelle : il vous faudra des mots nouveaux. Oh ! Il ne faut pas beaucoup de mots pour que tout change.Il n'en faut même que treize. Ce sont ces treize mots intraduisibles, rencontrés aux quatre coins du monde, que Laurent Nunez décrypte et décrit dans ce livre érudit et joyeux - inventant quelque chose comme la « lexicothérapie » :Drapetomania (américain) - Freizeitstress (allemand) - Gigil (filipino) - Iktsuarpok (inuktitut) - Kintsugi (japonais) - Litost (tchèque) - Mamihlapinatapai (yaghan) - Naz (urdu) - Ostranenia (russe) - Putivuelta (espagnol) - Skybalon (grec) - Sonder (franco-américain) - Taciturire (latin)Laurent Nunez a été professeur de Lettres, critique littéraire, rédacteur en chef du Magazine Littéraire. Il est désormais éditeur et écrivain. On lui doit des ouvrages passionnants sur le pouvoir de la littérature, comme Les Récidivistes (2008) ou L'Énigme des premières phrases (2017).
« Aujourd'hui, maman est morte. » « DOUKIPUDDONKTAN, se demanda Gabriel, excé
Voici le monde moderne : narcissisme des réseaux sociaux ; interdiction d'être en vacances de soi ; injonction ridicule : « Sois toi-même ! » Si je m'écorchais vif : trois écrivains qui ont pris congé d'eux-mêmes. Arthur Rimbaud a fui l'Europe. Victor Hugo a choisi l'exil. Jules Laforgue s'est absenté de son oeuvre. S'éclipsant lui-même de son livre, Laurent Nunez cède la parole à trois philosophes de l'effacement, Roland Barthes, Jacques Derrida, Maurice Blanchot, pour parler à sa place de chacun de ces auteurs. Ce brillant jeu littéraire sur le je littéraire nous parle du courage de ne plus considérer son moi comme essentiel et, bien au-delà, de la place de l'écrivain dans la société.
C'est l'autobiographie d'un jeune homme d'aujourd'hui, si peu sûr de sa voix qu'il choisit d'en emprunter quatre autres pour raconter sa vie : celle de Quignard pour tenter de comprendre l'amnésie frappant un amour de jeunesse, celle de Duras pour dire la recherche effrénée de l'amour, celle de Proust qui, sur le canevas de La Recherche du temps perdu, relate les péripéties d'une vie entière, de l'enfance jusqu'à l'avènement de l'écriture ; enfin celle de Genet pour dire l'incapacité à aimer.C'est l'histoire d'un garçon qui n'arrive pas à aimer, qui ne comprend rien au monde et qui décide d'écrire cette incompréhension. C'est l'histoire de Laurent qui devient écrivain."Me servir de ces écrivains comme d'une couverture, pour me cacher, pour avancer vers Fanny, vers Cédric, vers Etienne, et comme ces pompiers que j'imaginais perdus dans l'incendie d'une grande bibliothèque, cette couverture servirait à ce que moi-même je ne prenne pas feu." L. N.