Laurent Le Gall
Laurent Le Gall
Plongez dans Le Démon de l’hiver, un récit jeunesse tendre et poignant où l’imagination d’une petite fille réfugiée transforme l’hiver en aventure magique.
La tradition : bonne à n'être que le nom d'une baguette ou la revendication du conservatisme ? Voilà un mot apparemment usé et amoindri, dont les auteurs font le tour et qu'ils interrogent en regard de la " modernité ", rappelant aussi qu'elle fut au coeur de l'entreprise des sciences sociales.
" Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Des histoires du tricolore et des drapeaux, il y en a beaucoup. Des travaux qui portent sur le sens qu'on lui/leur donne, il n'y en a quasiment pas. Objet banal le drapeau ? Surface de projection(s) avant tout qui raconte nos attachements individuels au fait d'appartenir à une/des communauté(s). " Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Le mot n'a rien d'anodin et charrie avec lui ceux d'État-nation, de stade, d'extrême droite... Par-delà la convocation d'un symbole de la République française, le drapeau fait en effet partie de nos vies. Reflet de nos socialisations et de nos attachements individuels, il raconte ce qui fait que nous nous sentons appartenir à une ou à plusieurs communautés (de la famille au club sportif en passant par la " nation "). Convoquant des références cinématographiques et littéraires, mais aussi des bribes puisées dans l'actualité (Ukraine, Palestine, États-Unis...), ce " plaidoyer " interdisciplinaire en faveur d'une meilleure compréhension des objets politiques est le fruit d'une longue enquête ethnographique menée à Brest (ce pourrait être partout en France) depuis 2015. Fourmillant et incarné par les paroles des témoins, cet essai enlevé, en une époque où le récit national est mis aux enchères de celui qui le " tricolorisera " toujours plus, est d'abord une occasion de s'interroger sur ce que sont la nation et la République dans un monde aux contours si instables.
Apparu dans les pages de la série Hellboy et créé par Mike Mignola, le Bureau de Recherche et de Défense contre le Paranormal (B.P.R.D.) regroupe divers individus aux pouvoirs stupéfiants, qui interviennent partout où leurs extraordinaires capacités peuvent servir.
En France, les élections législatives surprises de l'été 2024 n'ont cessé de poser la question pendante de la politisation. Mais qu'est-ce qu'être politisé ? Ce mot banal dans le lexique des sciences sociales est par ailleurs utilisé au quotidien. Il renvoie à des pratiques et à des représentations qui ont en commun des investissements dans un espace politique irréductible au seul ordre électoral. S'il fallait ne retenir qu'une définition de la politisation, ce serait la requalification d'un certain nombre d'activités sociales en des activités politiques.L'ouvrage part de cette interrogation centrale : qu'est-ce qui fait qu'un geste, une action, une mobilisation est, apparaît ou est présenté comme politique ? Il y est question tout autant de " frontières du politique " que de croyance démocratique, de carrières militantes que d'apathie. Si la politisation recouvre un ensemble de processus qui conduisent à produire un état (le sujet politisé), elle est aussi un prisme qui permet de lire, autrement, les vies en société.
En cette année d'élection présidentielle, les questions qui nourrissent les médias et tenaillent sans doute déjà nombre de citoyens sont sans aucun doute " Voter ou pas ? ", et " Pour qui voter ? " Il s'agit ici, dans une histoire vivante et enlevée, organisée en une dizaine d'" instantanés ", de s'interroger sur pourquoi et comment nous votons, pourquoi et comment les Français, à partir du XIX e siècle, ont appris à voter. Les pratiques électorales sont, à intervalle régulier, l'objet d'un commentaire si intense qu'il en fait oublier l'essentiel : d'où vient l'évidence des actes et des rites dont elles sont faites ? D'où vient l'habitude du bulletin, de l'isoloir et de l'urne ? En réalité, ces choses de la vie démocratique n'ont rien de secondaire. Laurent Le Gall montre, à partir de souvenirs personnels de suffrages (la première élection, celle des délégués de classe), d'affiches, de bulletins (le bulletin nul : qu'écrire ? Le sens de la transgression et l'économie graphique de l'espoir et du désespoir ; la modernité technique fait-elle la modernité démocratique ?) ou de campagnes électorales (1974 à travers le film de Depardon, 2002), les pratiques différenciées qui président à l'acte de vote et des sens que des acteurs différemment socialisés lui ont donnés depuis les années 1830, mais aussi toutes les luttes qu'il a fallu, dans les campagnes du XIXe siècle comme dans les villes du XXe siècle, pour apprendre à voter. Il fut un temps où les bulletins n'étaient pas imprimés, où le notable des lieux le remplissait pour le citoyen. Et dans les villages du pays, les affaires sont nombreuses qui voient les villageois s'emparer de l'urne de la communauté voisine et demander rançon, d'autre la brûlent en guise de résistance. Plus tard, les trucages, la multiplication des fraudes et des bourrages d'urne, dont bruissent longtemps les élections, la nécessité d'édifier un code électoral et de pacifier l'urne et le bulletin, dessinent une autre histoire électorale du pays. Mais les fraudes et les bagarres ne sont pas tout. Ce livre explique l'ascension d'un rite qui nous est devenu familier et des objets oubliés à force d'évidence sur lequel il prend appui. Dans le repli des débats idéologiques auxquels on ramène tout le plus souvent, il raconte, en somme, comment les Français ont appris à voter et pourquoi on le fait, derrière l'utopie du suffrage, restituant au bulletin ce qui en fait toute sa richesse : son évidence et son énigme.