Laurence Tardieu
Laurence Tardieu
Au milieu des gueulements d'une sono pourrie, une quinzaine de spectateurs s'agglutinaient devant la vitrine d'une baraque foraine : sur la scène, une strip-teaseuse dansait avec des mouvements de croupe de jument en chaleur. Les doigts de sa main gauche jouaient avec la dentelle de son slip qui, lentement, glissait. Lorsque les premières boucles de sa toison flamboyante apparurent, il y eut comme une sorte de frisson qui remua le public. - Putain de garce ! gronda l'un des types. Un peu plus loin, deux guignols en uniforme déambulaient sur le trottoir, indifférents. Pouvaient-ils savoir que cette rousse pulpeuse s'appelait Julia Lucas ?
Laurence Tardieu voit la vie par la lumière qui l'éclaire. Pourtant, l'ombre a menacé. Il y a eu le temps du combat, lorsque la mort a manqué d'emporter son fils. Puis, un à un, les jours à nouveau s'égrènent. Mais ça ne ressemble à rien de ce qu'on s'était figuré. Ce que Laurence Tardieu apprend, elle le partage, car l'écriture seule nous rend intelligible ce qui advient. Touchés au coeur par ce texte solaire, où le présent prend un sens inédit, on chemine à ses côtés - vers la joie. " Ce livre est une merveille. " de Cécile Pivot, Femme Actuelle" Récit émouvant de la reconquête de la joie par cette femme qui a failli perdre son fils et prend la plume pour narrer comment, petit à petit, la joie se réinvite dans le quotidien. " Madame Figaro"Dans son roman "Vers la joie", Laurence Tardieu voit la vie par la lumière qui l'éclaire. Pourtant, l'ombre a menacé. Ce que Laurence Tardieu apprend, elle le partage, car l'écriture seule nous rend intelligible ce qui advient. " Augustin Trapenard dans La Grande librairie
C'est une drôle de réunion de famille qui doit se tenir dans la splendide demeure de La-Pointe-aux-Mouettes pour les vacances : Mr Strange et sa nouvelle épouse Kay mais aussi l'ex-Mrs Strange et plusieurs amis de passage. Un cocktail pour le moins explosif et qu'en aucun cas l'air marin ne devrait apaiser... Traduction révisée de Jean-Marc Mendel
« Le 17 mars 2020, alors que la France entrait en guerre contre le Covid, la déclaration de guerre, pour notre petit garçon, son père et moi s'est faite au sein du service des urgences d'un hôpital parisien pour enfants. En quelques heures, nous avons été éjectés de notre vie et projetés dans un nouveau monde. Nous y sommes restés cent cinquante-huit jours. »Un autre confinement. Une bulle hors du temps, hors de la vie, où le quotidien devient ce qui était l'impensable, des grandes angoisses aux petites victoires, hors du réel et terriblement réel. Où les proches demeurent à l'extérieur tandis qu'on plonge dans son monde intérieur pour puiser de la force, en exil de sa propre vie. Dans ce récit étonnement lumineux et poétique, Laurence Tardieu nous raconte cette traversée pour en reconstituer les traces et en graver l'empreinte qui l'aura transformée à jamais ; « parce qu'Adam et moi avons fait l'expérience, au même moment mais pas de la même manière, de ce que signifie : mobiliser toutes ses forces, son mental, éprouver son instinct de survie, je vois le monde aujourd'hui d'une autre manière : je le vois beaucoup plus simplement. Je le vois si beau. Je n'ai plus peur de rien ».Pour dire aussi la joie, la joie brûlante du présent, celle de l'amour entre une mère et son petit garçon, celle de la chaleur des autres. La joie du vivant.
"Depuis vingt et un mois, les mots que j'écris sont comme des coquilles vides. Ils sonnent faux. Ils sont vains. Depuis vingt et un mois, j'ai perdu le chemin. Je voudrais, par l'écriture de ce journal, retrouver un chemin. Un chemin où les mots auraient du sens. Ce journal sera mon journal de quête. C'est ce que j'ai proposé à mes éditrices, un pari : que ce livre soit une plongée dans ma nuit pour, peut-être, dans l'écriture, par l'écriture, retrouver une lumière. Pouvoir écrire à nouveau. C'est le seul livre possible aujourd'hui. Le seul livre possible parce que précisément impossible. C'est sans doute un projet périlleux, effrayant, mais je n'ai pas d'autre désir. Seulement celui-ci, immense." Ainsi Laurence Tardieu a-t-elle marché vers cette lumière des mots perdue après l'écriture de son dernier roman : La Confusion des peines.
Elle s'appelle Alice Grangé. Elle a trente ans. Elle n'a presque pas connu sa mère qui a disparu quand elle avait cinq ans. Elle en a conservé peu de souvenirs et toute sa vie elle aura cherché cette mère, Blandine, qui lui a tant manqué. Avant de mourir, son père lui apprend que Blandine a aimé un autre homme. Alors Alice enquête et le retrouve presque trop rapidement. Elle a tant de questions à lui poser. Comment était-elle ? Quelle était la couleur de ses yeux lorsqu'elle le regardait ? Était-elle heureuse ou malheureuse ? Sensuelle ? Fragile ? Comment s'habillait-elle ? Lui ressemble-t-elle ? Chez cet homme, Alice découvre ce qu'elle n'imaginait pas trouver : deux tableaux que sa mère avait peints. Un portrait des amants, où apparaît une femme qui lui ressemble, et un paysage de mer. Alice cessera-t-elle enfin de rêver l'amour pour le vivre ?
Est-ce Lorette, partie il y a sept ans sans laisser la moindre trace ni mot d'explication, qui se tient, en ce matin d'avril 2017, de l'autre côté du boulevard ? Hannah, sa mère, croit un instant l'apercevoir. Peut-être a-t-elle rêvé. Mais, dès lors, plus rien ne peut se passer comme avant : violent séisme intérieur, la vision a fait rejaillir tout ce qu'elle avait tenté d'oublier. Ce même jour, plusieurs destins, chacun lié à Hannah, voient leur existence basculer. Une journée particulière, donc, mais aussi trente ans de la vie intime d'Hannah Bauer, femme, artiste, mère, prise dans les soubresauts de son histoire familiale et de celle de l'Europe, Nous aurons été vivants est un hymne à la vie.
« J'ai toujours su qu'un jour, ce livre, je l'écrirais. Il m'a fallu du temps. Il m'a fallu écrire d'abord d'autres livres, plus doux, plus feutrés, inventer des histoires, sans doute tentatives d'approche de celui-ci. Un jour d'août 2009, parce qu'il ne pouvait plus en être autrement, j'ai su que j'allais enfin affronter ce autour de quoi j'avais toujours tourné. On écrit de très loin. De ce qui ne peut se dire. Vient un moment où écrire, c'est aller chercher tout ça, qui se tenait enfoui, secret, pour le libérer enfin, afin de pouvoir continuer à vivre. La confusion des peines, c'est le livre d'une fille pour son père. La fille, la narratrice, prend appui sur le silence qui depuis dix ans a entouré la condamnation de son père et, dans le même temps, la mort de sa mère, pour tenter de retracer un cheminement : qui est cet homme, qu'enfant elle a aimé d'un amour fou, qui lui apparaissait tellement au dessus des autres, qui un jour s'est brutalement retrouvé condamné pour corruption, et qu'aujourd'hui elle ne sait plus rejoindre ? Comment comprendre, accepter, qu'un homme n'est pas un mais multiple, secret, contradictoire, faillible - humain ? Et, ce cheminement étant fait, comment sortir du silence qui la lie depuis toujours à ce père, si proche et si lointain, pour s'arracher à lui et exister enfin ? N'être plus la fille, devenir une femme ? La confusion des peines, c'est cette expérience : celle, miraculeuse, que permet l'écriture : passer d'une rive à une autre - naître, enfin. » Laurence Tardieu
Décembre 2014. Depuis plusieurs semaines, la narratrice sait qu'elle va devoir vendre la maison de son enfance. Lieu des origines et de l'ancrage, de la mémoire familiale et de sa propre mémoire. Face à ce chagrin intime, écrire un livre lui semble la seule chose encore possible : trouver les mots pour, peut-être, sauver un peu de la maison avant qu'elle ne disparaisse de sa vie, lui restituer une part d'éternité. Janvier 2015. La vague d'attentats qui frappe la France la laisse sans mots, comme dépossédée du monde tel qu'elle le connaissait. En elle, l'urgence s'est déplacée : que faire d'autre qu'écrire, pour tenter d'affronter l'innommable ? Au fil des semaines, sa vie va se jouer entre ce sentiment de fissuration du monde extérieur, que les attentats de novembre ne vont qu'intensifier, et celui de dépossession de son monde intime. Jamais le dehors et le dedans ne lui ont paru à ce point liés. Contrepoint paradoxal, insensé, de cet effondrement généralisé : tout au long de ces mois elle a porté un enfant, puis elle l'a mis au monde. Laurence Tardieu est née en 1972. Elle est l'auteur, notamment, du Jugement de Léa (Arléa, 2004), de Puisque rien ne dure (Stock, 2006), de La Confusion des peines (Stock, 2011), et d'Une vie à soi (Flammarion, 2014).
À quoi cela a-t-il tenu ? À la solitude d'un jour d'automne, à la tristesse tenace de ces derniers mois, au souvenir inattendu du Jeu de paume où elle se rendait parfois enfant ? Peu de choses, en somme, qui conduisent Laurence T. à pousser la porte de l'exposition consacrée à la photographe Diane Arbus. Le choc, d'abord esthétique, devient peu à peu existentiel. La narratrice va revisiter son histoire personnelle et familiale à la lumière de celle de Diane Arbus, jumelle soudain découverte. Leurs histoires se répondent : l'enfance est privilégiée mais recluse, le désir de venir enfin au monde se confond avec celui de créer, les hommes et les enfants sont toujours là, essentiels. En partant à la recherche de Diane Arbus, Laurence T. va se reconnaître elle-même dans le miroir. Ce livre entrelace souvenirs, évocations, scènes d'hier et d'aujourd'hui, rêves et fragments biographiques pour devenir le roman d'une rencontre et d'une quête, celle d'une vie enfin retrouvée.
À quoi cela a-t-il tenu ? À la solitude d'un jour d'automne, à la tristesse tenace de ces derniers mois, au souvenir inattendu du Jeu de paume où elle se rendait parfois enfant ? Peu de choses, en somme, qui conduisent Laurence T. à pousser la porte de l'exposition consacrée à la photographe Diane Arbus. Le choc, d'abord esthétique, devient peu à peu existentiel. La narratrice va revisiter son histoire personnelle et familiale à la lumière de celle de Diane Arbus, jumelle soudain découverte. Leurs histoires se répondent : l'enfance est privilégiée mais recluse, le désir de venir enfin au monde se confond avec celui de créer, les hommes et les enfants sont toujours là, essentiels. En partant à la recherche de Diane Arbus, Laurence T. va se reconnaître elle-même dans le miroir. Ce livre entrelace souvenirs, évocations, scènes d'hier et d'aujourd'hui, rêves et fragments biographiques pour devenir le roman d'une rencontre et d'une quête, celle d'une vie enfin retrouvée.
La vie d'un misanthropeEmile Virieu est correcteur d'imprimerie à Paris. Après avoir exercé des petits métiers, il a fini par trouver dans la cage de verre, où il est enfermé à longueur de journée avec ses jeux d'épreuves, le lieu clos qui lui apporte la sérénité. Il a épousé, sans véritable amour, une jeune veuve de trois ans son aînée. La monotonie de sa vie est interrompue par le drame qui ébranle le ménage de sa soeur Géraldine.Simenon chez Omnibus : les enquêtes du célèbre commissaire Maigret, et les très "noirs' Romans durs
Vincent roule à vive allure sur l'autoroute. Il va à la rencontre de celle qu'il a aimée, Geneviève, qui se meurt. Sur la route, Vincent repense au passé. À ce qui, quinze ans auparavant, a détruit leur couple. A ce qui les unit au-delà de la mort. Il repense à Clara, leur enfant disparu, à son corps jamais retrouvé, à la douleur jamais éteinte qui a consumé leur amour. Face au drame, Geneviève a choisi la solitude, consignant sa souffrance dans des carnets, comme si l'écriture la maintenait en vie, tandis que Vincent a tenté d'oublier. De prendre la fuite. Mais tous deux partagent pour la vie un malheur inhumain. Lorsque Vincent rejoint Geneviève, c'est une femme rongée de peine et de tristesse, mais aussi une femme qui s'apaise et veut affronter le passé. Dans les derniers gestes, dans les ultimes paroles qui accompagnent la mort, Geneviève et Vincent se retrouvent, et Clara, leur petite fille, revit, au fil des souvenirs. Le temps est venu pour Vincent de se réconcilier avec la vie. Dans un souffle brûlant et avec une bouleversante retenue, Puisque rien ne dure dit la douleur de perdre un enfant. En laissant la parole au père et à la mère, Laurence Tardieu fait entendre la souffrance qui emmure, incompréhensible pour les autres, l'irrémédiable cassure du couple, la façon dont chacun supporte le malheur. Dans ce texte poignant, la vie et la mort sont indissociables, comme l'ombre et la lumière.