Landry Genevieve
Landry Genevieve
1974. Jacques Charon vient d'avoir vingt ans et il veut partir très loin de chez lui, sans se retourner. Depuis sa tendre enfance, il ressent un malaise tenace, un sentiment d'oppression à vivre dans la maison familiale. À cette époque du «qui s'instruit s'enrichit », l'université représente alors l'unique issue pour le jeune homme. Cependant, l'institution n'est pas très accueillante pour les candidats ayant une odeur d'étable ou d'usine imprégnée à leurs vêtements. Ou pour ceux qui n'ont jamais appris le latin. Et bien qu'on soit désormais dans les années 1970, c'est encore pire pour ce qui est de la position réservée aux jeunes femmes. Dès la rentrée, le directeur annonce que moins de la moitié de l'effectif du programme d'histoire réussira à atteindre la deuxième année. Jacques manque cruellement de confiance en lui, mais grâce à son travail acharné et à ses amitiés grandissantes avec d'autres camarades, il parviendra à se tailler une place dans cet univers sans pitié.
À quoi pensons-nous quand nos jours sont comptés ? Nos réactions sont-elles différentes selon que nous avons vingt, quarante ou quatre-vingts ans ? Que retenons-nous de la vie à l'approche de nos derniers instants ? L'auteure Geneviève Landry et sa complice photographe Emmanuelle Brière ont rencontré des personnes de tous âges, mourantes ou atteintes d'une maladie potentiellement mortelle, pour les écouter, elles et leurs proches, parler de leur expérience et capter en photo une partie de leur essence. L'annonce du diagnostic, les peurs, la réaction des autres, la définition du bonheur : voilà ce dont ont parlé Alexis, 10 ans, qui veille sur sa maman malade ; Patrick, 38 ans, déchiré à l'idée de quitter sa famille ; André, 80 ans, qui a choisi de profiter de chaque instant qu'il lui reste ; et plusieurs autres. De cette démarche résulte un livre infiniment humain, une manifestation d'espoir où toutes les personnes impliquées, à travers une confession généreuse, laissent entrevoir leurs déceptions, mais aussi leurs joies. Laisser sa trace nous parle de la mort pour nous permettre de mieux savourer la vie.