Kangni Alem
Kangni Alem
« Petite sour, non, je ne suis pas moqueur... je t'ai répondu franchement, mais pourquoi dis-tu que je me moque de toi ? C'est vrai que je ne connaissais pas cette fille, comment tu l'appelles ? Britney, c'est ça, Britney Spears. Elle vit à Londres comme moi dis-tu, oh tu sais la ville est grande et chacun y a sa place, les chanteuses comme les sourds-muets. Je ne la connais pas, je n'ai pas le temps d'aller aux concerts ici, ni d'aller nulle part me distraire, pas de ciné, pas de loisirs, le boulot, le boulot, le boulot... un nègre à Londres ne connaît que cela, bosser, bosser, bosser... ! Mais rassure-toi, mon ami Marcellin... dit que sa collègue de travail, Yasmina T., possède un CD de Britney, il lui a demandé de nous faire une copie... J'écouterai, je te dirai si cette fille que tu dis être une star mérite qu'on dépense autant d'argent pour racheter de la nourriture qu'elle a consommée !... » Après La gazelle s'agenouille pour pleurer et Un rêve d'Albatros, Kangni Alem est de retour, dans ce genre qu'il affectionne. Voici un recueil de quatre nouvelles dont vous ne sortirez pas indemne : humour, profondeur et lucidité, les marques de fabrique de l'inventeur de TiBrava, territoire de fictions.
Tout le long de cet essai, Kangni Alem a tenté d'approfondir d'abord l'itinéraire et les réactions de certains personnages masculins de Boudjedra face aux manifestations de l'Autorité, définie ici comme « figure rhétorique », catégorie mentale ou socio-économique ; ensuite, en analysant ce que la prise de la parole par la femme, autre victime éternelle de l'Autorité dans le roman maghrébin, peut révéler comme nouveautés, permanences ou ambivalences, il en arrive à la conclusion que l'inscription du sujet dans l'histoire étant corrélative de sa prise de parole, de l'affirmation de son individualité, lire Boudjedra dévoile une oeuvre qui se positionne devant l'Histoire, entendue elle aussi comme figure d'autorité. L'individu maghrébin transculturel, particulièrement guetté par le syndrome de l'âge d'or arabe ou le traumatisme de la guerre coloniale, est nostalgique devant une histoire dont il peut aussi contribuer parfois à celer les contradictions.
À la recherche de miasmes à respirer, Neuro et Yako s'aventurent dans un village de montagne d'où s'échappe un gaz toxique. Comblé après son bain d'air nocif, Neuro se rend compte de la présence d'un mystère au village, où il décide de retourner... Mais il s'agit en fait d'un piège tendu par un assassin, envoyé de Saï !!
July 2006. Gabriel El Chawadi says goodbye to his family at the Paris airport as they leave for their summer vacation in southern Lebanon. But a conflict at the Israel-Lebanon border escalates into a full-blown aerial attack, and for the next few harrowing weeks, the family hides for cover with friends and relatives, watches helplessly as people and buildings are destroyed all around them, and hope against all hope that France will evacuate them to safety. Back in Paris, Gabriel watches the events unfold on television with growing horror and sends out desperate calls for help to anyone who will listen.
« Je m'appelle Apollinaire, j'ai soixante-dix ans, un diabète, du cholestérol, et je fais de l'hypertension. Ce tableau clinique généreux pourrait surprendre, si je ne m'empressais d'ajouter qu'il ne m'empêche pas aussi de m'offrir, de temps à autre, quelques plaisirs, ceux-là même qu'un vieillard sous les tropiques ne se refuse pas, même avec un risque d'AVC suspendu au-dessus de sa tête. Je ne sais ce qui me pousse à l'avouer, sinon le désir de nouer un pacte de vérité dès l'entrée de ce récit qui couvre trois journées de ma vie. » Pendant trois jours, Apollinaire cherche à comprendre l'affaire la plus emblématique qu'il ait perdue. Son client, KA, avait été accusé d'un crime atroce. Il avait pris les proportions de la légende : KA était devenu le criminel le plus honni, le plus médiatisé du jeune État de Tibrava. Le pays tout juste indépendant, mené d'une main de fer par un dictateur soucieux de l'ordre publique, avait rendu un jugement sans appel. KA avait été condamné à mort sans qu'Apollinaire ne puisse rien tenter. Trop jeune, trop inexpérimenté, commis d'office, un peu lâche aussi, il n'avait pas su comprendre le crime et la sentence. Apollinaire ne veut pas prendre sa retraite sans comprendre ce crime qui le hante. Il s'engage alors sur un chemin tortueux. Il cherche la Justice. Il cherche surtout le souvenir du jeune avocat qu'il était et qui n'avait pas pu ou pas voulu se battre pour elle. Le portrait d'un homme seul et d'un pays qui joue avec les mots, les mythes et les légendes.
1818, Royaume du Danhomé. Un jeune maître des rituels sert avec dévotion son roi et les dieux. Mais son art est impuissant face à la cupidité des hommes. Il ne peut rien contre le maudit esclavagiste portugais Francisco de Souza qui, en dépit des traités d'abolition, se livre à l'honteux commerce. Il n'est pas le seul : sur la triste côte, du territoire des Fanti à celui des Yoruba de Badagri, 14 forts hollandais, 7 forts anglais pratiquent le commerce des esclaves et celui de l'or, de l'ivoire et de la cire. Un homme, le roi du Danhomé, ose seul s'élever contre la vente de son peuple et la transformation de ses sujets en esclaves ou en gredins capables de razzier hommes et femmes contre des colifichets et une sécurité précaire. Il n'est guère écouté et lorsque son combat menace le commerce, il est empoisonné et destitué. Le maître des rituels qui a participé au complot bien malgré lui, est vendu, séparé de sa famille et déporté au Brésil. A Recife, il est acheté par le Senor Do Nascimento et baptisé Miguel. Il connaît alors la vie d'un esclave ordinaire, travaillant dans les champs de cane. Mais il rencontre un vieil homme, Sule, esclave demi-affranchi, lettré musulman, qui l'aide à supporter son sort et le prépare à la lutte. Deux ans plus tard, il est vendu au seigneur Pereira à Bahia comme esclave d'habitation. Il se lie d'amitié avec Felix Santana, un mulâtre libre, au destin peu commun, chef de la grande révolte des Malês, l'un des plus importants soulèvements d'esclaves qui secoue Bahia en 1835. Miguel est arrêté comme 700 de ses compagnons d'armes et déporté en Afrique. Le 14 avril 1836, il retrouve la terre de ses pères. A partir de faits réels et au travers de personnages fascinants, Kangni Alem nous conte avec passion cette histoire bouleversante.