Jun'ichirô Tanizaki
Jun'ichirô Tanizaki
Découvrez Paix dans les cuisines, le dernier roman de Jun'ichirô Tanizaki, une plongée délicate et drôle dans l'intimité domestique japonaise.
C'est un texte qui exprime, pour le public occidental, cette esthétique du clair-obscur et du presque rien, du subtil et de l'ambigu, opposée au tout blanc ou noir, au facial écrasé de lumière rationaliste de l'Occident. La traduction des années 1970 toute au louable projet de légitimer le goût de l'esthétique japonaise, avait un peu laissé dans l'ombre sa face scintillante et ironique. Tout comme il n'y a pas d'ombre sans lumière, il n'y a pas de vérité sérieuse sans humour. Et vous pouvez faire confiance à Tanizaki quand il s'agit de marcher sur le fil de la vulgarité sans tomber dedans, comme de scruter l'ombre sans se cogner la tête. Les idées défendues dans cet essai rejoignent des préoccupations contemporaines de recherche d'une vie plus frugale et parcimonieuse en énergie.
Tsukakoshi, un vieux marchand fortuné, ne vit plus que pour Fumiko, une geisha d'une beauté exceptionnelle. Son obsession pour une partie spécifique de l'anatomie de Fumiko - ses pieds - atteindra une intensité qui le conduira au bord de la folie... 'La blancheur du pied s'irisait de rose aux extrémités des orteils bordés de rouge pâle. Cela me rappelait les desserts de l'été, les fraises au lait, la couleur du fruit fondant dans le liquide blanc ; c'est cette couleur-là qui coulait le long de la courbure des pieds d'O-Fumi-san.' Dans ces deux nouvelles, Tanizaki explore en virtuose les eaux troubles de la passion amoureuse.
Un écrivain est interrompu dans son travail par un ami qui lui propose d'assister à un meurtre. Dans un bas-fond de Tokyo, ils assistent à ce qu'ils croient être un assassinat sordide orchestré par une femme démoniaque, dont son ami va devenir fou amoureux. Enfermé dans sa passion, il se rend compte qu'il est destiné à être sa prochaine proie. Bientôt, il demande à son ami d'être témoin de sa propre mise à mort. Mais le lendemain, de retour chez son ami, l'écrivain découvre celui-ci vivant, qui l'attend... Une intrigue haletante qui fonctionne sur le mystère de messages codés à déchiffrer, un jeu d'apparences trompeuses, une ville labyrinthique... Avec toutes les obsessions de Tanizaki : voyeurisme, jeu de miroirs et mise en abyme... Le roman comme théâtre des illusions. Du Tatouage, à Bruine de neige, Tanizaki Jun'ichirô (1886-1965) a revisité toutes les pièces de l'immense maison du roman, en véritable possédé de l'écriture. Si on a souvent eu tendance à le suivre dans la chambre des femmes et du désir sexuel, ses textes sont des machines d'observation et de construction, au service de sa passion pour les langues et les cultures, occidentale, chinoise, autant que japonaise. Tanizaki occupe le sommet de la littérature mondiale à la recherche de l'altérité.
Tadasu a grandi, mais il reste toujours un petit enfant lorsqu'il pense à son enfance et à sa mère, la merveilleuse Chinu, si bien réincarnée dans la seconde femme de son père, avec qui il entretient une relation trouble mêlant amour filial et désir. Un magnifique éloge de la maternité et une réflexion sur l'image de la Femme.
Mizuno, romancier, s'inspire d'un nommé Kojima, rédacteur dans une maison d'édition, pour former le personnage de son nouveau roman et lui donne par erreur le même nom. A la fin du roman, le personnage est assassiné par un tueur démoniaque qui ne laisse aucune trace. Le vrai Kojima meurt bientôt dans d'étranges circonstances, pendant que Mizuno vit une passion intense avec une femme mystérieuse dont il ne connaît ni le nom ni l'adresse. Quand les soupçons se referment sur l'écrivain, il est bien incapable de prouver son innocence ... On retrouve dans ce roman inédit les secrets de fabrication des grands romans de Tanizaki : des situations équivoques et perverses où la fiction rattrape le réel, une atmosphère d'inquiétante étrangeté fondée sur le sexe et la mort. Du Tatouage, à Bruine de neige, Tanizaki Jun'ichirô (1886-1965) a revisité toutes les pièces de l'immense maison du roman, en véritable possédé de l'écriture. Si on a souvent eu tendance à le suivre dans la chambre des femmes et du désir sexuel, ses textes sont des machines d'observation et de construction, au service de sa passion pour les langues et les cultures, occidentale, chinoise, autant que japonaise. Tanizaki occupe le sommet de la littérature mondiale à la recherche de l'altérité.