Julien Bernard
Julien Bernard
À la fois catalogue d'une exposition et actes d'un colloque qui se sont tenus tous deux à Marseille en 2018-2019, ce livre fait le point sur les travaux d'un groupe d'artistes, de scientifiques, de philosophes et d'historiens réunis autour de l'étude des formes du vivant.
La surprise, le coup de foudre amoureux, le chagrin, la peur, la colère, la joie, la compassion, nous faisons tous en tout lieu et à tout âge l'expérience d'émotions plus ou moins intenses qui nous marqueront pour la vie. Julien Bernard, toujours attentif aux frontières de l'humain, s'intéresse à ces "points de frottement' qui souvent nous dominent jusqu'à nous paralyser, quand ils ne nous mettent pas en action. C'est par elles que nous nous inscrivons affectivement dans le monde naturel et social, par elles que nous nous positionnons face aux autres et que nous développons notre rapport au monde. Ressentir des sentiments implique l'hétérogénéité des réalités subjectives et quantitatives qui nous entourent, d'où la difficulté méthodologique que rencontre le sociologue pour les saisir et les étudier. L'enjeu consiste à analyser en amont les déterminismes qui en seraient à la base et, en aval, la dynamique irrésistible que leur expression introduit. Devenue une science à part entière incontournable dans les pays anglo-saxons, la "sociologie des émotions' est aujourd'hui un enjeu de premier plan pour les sciences sociales. Nos systèmes de communications ont évolué au point de devenir centraux dans la vie de chacun et nous sommes désormais inscrits dans une "société émotionnelle' pour une longue durée où désormais les sentiments devenus valeurs marchandes se font concurrence bien au-delà de nos personnes.
De 1917 à 1923, Hermann Weyl s'implique prioritairement dans la réflexion sur les fondements de la théorie de la relativité générale et de la géométrie différentielle. Sa pensée sur l'espace est riche de multiples motifs philosophiques dont le texte d'Espace-Temps-Matière nous fournit une admirable synthèse. Comprendre l'unité de la pensée philosophique de Weyl sur l'espace demande de résoudre un conflit entre deux entités aux traits radicalement différents ; il s'agit d'un côté, de l'espace des algébristes, et d'un autre, du champ métrique dynamique, issu des travaux d'Einstein. Comment Weyl peut-il défendre à la fois la position idéaliste d'un espace comme forme de notre intuition, nécessairement homogène, et l'idée einsteinienne d'une métrique hétérogène qui ne peut être fixée a priori, mais doit s'adapter dynamiquement à l'évolution de la distribution de matière dans l'espace ?