Jürgen Habermas
Jürgen Habermas
Jürgen Habermas, dernier philosophe de l'école de Francfort (né en 1929), héritier de la tradition des Lumières, a construit son oeuvre en discussion avec les penseurs majeurs du XXe siècle, en Allemagne comme ailleurs. Commentant sa décision d'être non pas seulement philosophe mais philosophe et sociologue, afin de s'évertuer à améliorer le monde au lieu de le décrire - "il fallait faire mieux" est un impératif fondamentalement politique -, Habermas revient sur les grands événements de son existence. Il expose la genèse des concepts proprement habermassiens (éthique de la discussion, espace public), décrit le contexte dans lequel il a rédigé ses livres, commente ses prises de position (sur la construction européenne notamment), répond aux critiques que ses interlocuteurs, fins connaisseurs de sa pensée, n'hésitent pas parfois à lui adresser. Rompant avec les règles de l'exercice académique, Habermas parle de lui-même, de ses sentiments, de ses craintes et de ses hésitations, ainsi que de sa vie familiale et amicale, lieu de discussions intellectuelles. Pour qui n'a jamais lu Habermas, cet ouvrage constitue l'introduction idéale, fluide et accessible, sous forme de dialogue, à son oeuvre philosophique. Pour qui le connaît déjà, il est la synthèse limpide des grands thèmes de sa pensée, toujours exposés dans leur contexte biographique et social.
Jürgen Habermas, dernier philosophe de l'école de Francfort (né en 1929), héritier de la tradition des Lumières, a construit son oeuvre en discussion avec les penseurs majeurs du XXe siècle, en Allemagne comme ailleurs. Commentant sa décision d'être non pas seulement philosophe mais philosophe et sociologue, afin de s'évertuer à améliorer le monde au lieu de le décrire - "il fallait faire mieux" est un impératif fondamentalement politique -, Habermas revient sur les grands événements de son existence. Il expose la genèse des concepts proprement habermassiens (éthique de la discussion, espace public), décrit le contexte dans lequel il a rédigé ses livres, commente ses prises de position (sur la construction européenne notamment), répond aux critiques que ses interlocuteurs, fins connaisseurs de sa pensée, n'hésitent pas parfois à lui adresser. Rompant avec les règles de l'exercice académique, Habermas parle de lui-même, de ses sentiments, de ses craintes et de ses hésitations, ainsi que de sa vie familiale et amicale, lieu de discussions intellectuelles. Pour qui n'a jamais lu Habermas, cet ouvrage constitue l'introduction idéale, fluide et accessible, sous forme de dialogue, à son oeuvre philosophique. Pour qui le connaît déjà, il est la synthèse limpide des grands thèmes de sa pensée, toujours exposés dans leur contexte biographique et social.
Dans L'espace public (1962) Jürgen Habermas montrait comment à partir du XVIIIe siècle le principe de Publicité avait défini un nouvel espace politique au sein duquel s'opérait une médiation entre la société et l'État, sous la forme d'une "opinion publique" qui visait à transformer la nature de la domination. À travers les discussions publiques ayant pour objet des questions d'intérêt général, l'autorité politique était soumise au tribunal d'une critique rationnelle. Mais bientôt, à l'heure des démocraties de masse, Habermas constatait (en 1990) que l'interpénétration des domaines privé et public conduisait à une manipulation de la Publicité par des groupes d'intérêts et à un singulier désamorçage de ses fonctions critiques subverties en un principe d'intégration. Aujourd'hui, Habermas radicalise son analyse. Les réseaux sociaux effacent pour certains de leurs utilisateurs la délimitation constitutive entre sphère privée et sphère publique : chacun peut parler individuellement comme auteur d'une parole publique. Si dans l'espace public traditionnel, il fallait, pour devenir un tel auteur, se soumettre à la médiation des médias qui mesuraient la vérité, la rationalité et la cohérence logique de la parole, avec les réseaux sociaux la position d'auteur est immédiatement acquise pour chacun. Cette publicité immédiate de la parole intime et privée conduit à l'érosion des critères de rationalité. "Maintenir une structure médiatique permettant à l'espace public de rester un espace inclusif et permettant à la formation de l'opinion et de la volonté publiques de conserver son caractère délibératif ne relève donc absolument pas du simple choix politique : il s'agit d'un impératif proprement constitutionnel."
Dans L'espace public (1962) Jürgen Habermas montrait comment à partir du XVIIIe siècle le principe de Publicité avait défini un nouvel espace politique au sein duquel s'opérait une médiation entre la société et l'État, sous la forme d'une "opinion publique" qui visait à transformer la nature de la domination. À travers les discussions publiques ayant pour objet des questions d'intérêt général, l'autorité politique était soumise au tribunal d'une critique rationnelle. Mais bientôt, à l'heure des démocraties de masse, Habermas constatait (en 1990) que l'interpénétration des domaines privé et public conduisait à une manipulation de la Publicité par des groupes d'intérêts et à un singulier désamorçage de ses fonctions critiques subverties en un principe d'intégration. Aujourd'hui, Habermas radicalise son analyse. Les réseaux sociaux effacent pour certains de leurs utilisateurs la délimitation constitutive entre sphère privée et sphère publique : chacun peut parler individuellement comme auteur d'une parole publique. Si dans l'espace public traditionnel, il fallait, pour devenir un tel auteur, se soumettre à la médiation des médias qui mesuraient la vérité, la rationalité et la cohérence logique de la parole, avec les réseaux sociaux la position d'auteur est immédiatement acquise pour chacun. Cette publicité immédiate de la parole intime et privée conduit à l'érosion des critères de rationalité. "Maintenir une structure médiatique permettant à l'espace public de rester un espace inclusif et permettant à la formation de l'opinion et de la volonté publiques de conserver son caractère délibératif ne relève donc absolument pas du simple choix politique : il s'agit d'un impératif proprement constitutionnel."
Face aux progrès des biosciences, au développement des biotechnologies, au déchiffrement du génome, le philosophe ne peut plus se contenter des déplorations sur l'homme dominé par la technique. Les réalités sont là, qui exigent de lui qu'il les pense à bras-le-corps. Désormais, la réponse que l'éthique occidentale apportait à la vieille question "Quelle vie faut-il mener ?" : "pouvoir être soi-même", est remise en cause. Ce qui était jusqu'ici "donné" comme nature organique par la reproduction sexuée et pouvait être éventuellement "cultivé" par l'individu au cours de son existence est, en effet, l'objet potentiel de programmation et de manipulation intentionnelles de la part d'autres personnes. Cette possibilité, nouvelle à tous les plans : ontologique, anthropologique, philosophique, politique, qui nous est donnée d'intervenir sur le génome humain, voulons-nous la considérer comme un accroissement de liberté qui requiert d'être réglementé, ou comme une autorisation que l'on s'octroie de procéder à des transformations préférentielles qui n'exigent aucune autolimitation ? Trancher cette question fondamentale en la seule faveur de la première solution permet alors de débattre des limites dans lesquelles contenir un eugénisme négatif, visant sans ambiguïté à épargner le développement de certaines malformations graves. Et de préserver par là même la compréhension moderne de la liberté.
Face aux progrès des biosciences, au développement des biotechnologies, au déchiffrement du génome, le philosophe ne peut plus se contenter des déplorations sur l'homme dominé par la technique. Les réalités sont là, qui exigent de lui qu'il les pense à bras-le-corps. Désormais, la réponse que l'éthique occidentale apportait à la vieille question "Quelle vie faut-il mener ?" : "pouvoir être soi-même", est remise en cause. Ce qui était jusqu'ici "donné" comme nature organique par la reproduction sexuée et pouvait être éventuellement "cultivé" par l'individu au cours de son existence est, en effet, l'objet potentiel de programmation et de manipulation intentionnelles de la part d'autres personnes. Cette possibilité, nouvelle à tous les plans : ontologique, anthropologique, philosophique, politique, qui nous est donnée d'intervenir sur le génome humain, voulons-nous la considérer comme un accroissement de liberté qui requiert d'être réglementé, ou comme une autorisation que l'on s'octroie de procéder à des transformations préférentielles qui n'exigent aucune autolimitation ? Trancher cette question fondamentale en la seule faveur de la première solution permet alors de débattre des limites dans lesquelles contenir un eugénisme négatif, visant sans ambiguïté à épargner le développement de certaines malformations graves. Et de préserver par là même la compréhension moderne de la liberté.
Depuis l'apparition du platonisme chrétien dans l'empire romain, la discussion sur la foi et le savoir a façonné le développement ultérieur de l'héritage philosophique des Grecs. Dans cette discussion Jürgen Habermas trouve le fil directeur de sa généalogie d'une pensée postmétaphysique. Il montre comment la philosophie - en parallèle à la formation d'une dogmatique chrétienne dans les concepts philosophiques - s'est pour sa part approprié des contenus essentiels issus des traditions religieuses et s'est transformée en un savoir capable de fondation. C'est précisément à cette osmose sémantique que la pensée séculière qui succéda à Kant et à Hegel doit la thématique de la liberté rationnelle et les concepts fondamentaux de la philosophie pratique qui, jusqu'à aujourd'hui, se sont révélés déterminants. Alors que la cosmologie grecque a été déracinée, les contenus sémantiques d'origine biblique ont été transférés dans les concepts fondamentaux de la pensée postmétaphysique. L'histoire de la philosophie peut être aussi envisagée comme une succession irrégulière de processus d'apprentissage provoqués de façon contingente. Une telle"généalogie" non seulement met en évidence ces contingences, mais elle met en lumière la nécessité d'un concept compréhensif de raison et la conception que la pensée philosophique se fait d'elle-même à l'aune de ce concept. Habermas élabore une conception dialectique de l'émancipation de la science par rapport à la théologie et du savoir par rapport à la foi. Et il encourage l'instauration d'une relation dialogique vis-à-vis de toutes les traditions religieuses. La pensée postmétaphysique se situe entre sciences et religion.
Depuis l'apparition du platonisme chrétien dans l'empire romain, la discussion sur la foi et le savoir a façonné le développement ultérieur de l'héritage philosophique des Grecs. Dans cette discussion Jürgen Habermas trouve le fil directeur de sa généalogie d'une pensée postmétaphysique. Il montre comment la philosophie - en parallèle à la formation d'une dogmatique chrétienne dans les concepts philosophiques - s'est pour sa part approprié des contenus essentiels issus des traditions religieuses et s'est transformée en un savoir capable de fondation. C'est précisément à cette osmose sémantique que la pensée séculière qui succéda à Kant et à Hegel doit la thématique de la liberté rationnelle et les concepts fondamentaux de la philosophie pratique qui, jusqu'à aujourd'hui, se sont révélés déterminants. Alors que la cosmologie grecque a été déracinée, les contenus sémantiques d'origine biblique ont été transférés dans les concepts fondamentaux de la pensée postmétaphysique. L'histoire de la philosophie peut être aussi envisagée comme une succession irrégulière de processus d'apprentissage provoqués de façon contingente. Une telle"généalogie" non seulement met en évidence ces contingences, mais elle met en lumière la nécessité d'un concept compréhensif de raison et la conception que la pensée philosophique se fait d'elle-même à l'aune de ce concept. Habermas élabore une conception dialectique de l'émancipation de la science par rapport à la théologie et du savoir par rapport à la foi. Et il encourage l'instauration d'une relation dialogique vis-à-vis de toutes les traditions religieuses. La pensée postmétaphysique se situe entre sciences et religion.
Depuis l'apparition du platonisme chrétien dans l'empire romain, la discussion sur la foi et le savoir a façonné le développement ultérieur de l'héritage philosophique des Grecs. Dans cette discussion Jürgen Habermas trouve le fil directeur de sa généalogie d'une pensée postmétaphysique. Il montre comment la philosophie - en parallèle à la formation d'une dogmatique chrétienne dans les concepts philosophiques - s'est pour sa part approprié des contenus essentiels issus des traditions religieuses et s'est transformée en un savoir capable de fondation. C'est précisément à cette osmose sémantique que la pensée séculière qui succéda à Kant et à Hegel doit la thématique de la liberté rationnelle et les concepts fondamentaux de la philosophie pratique qui, jusqu'à aujourd'hui, se sont révélés déterminants. Alors que la cosmologie grecque a été déracinée, les contenus sémantiques d'origine biblique ont été transférés dans les concepts fondamentaux de la pensée postmétaphysique. L'histoire de la philosophie peut être aussi envisagée comme une succession irrégulière de processus d'apprentissage provoqués de façon contingente. Une telle "généalogie" non seulement met en évidence ces contingences, mais elle met en lumière la nécessité d'un concept compréhensif de raison et la conception que la pensée philosophique se fait d'elle-même à l'aune de ce concept. Habermas élabore une conception dialectique de l'émancipation de la science par rapport à la théologie et du savoir par rapport à la foi. Et il encourage l'instauration d'une relation dialogique vis-à-vis de toutes les traditions religieuses. La pensée postmétaphysique se situe entre sciences et religion.
Depuis l'apparition du platonisme chrétien dans l'empire romain, la discussion sur la foi et le savoir a façonné le développement ultérieur de l'héritage philosophique des Grecs. Dans cette discussion Jürgen Habermas trouve le fil directeur de sa généalogie d'une pensée postmétaphysique. Il montre comment la philosophie - en parallèle à la formation d'une dogmatique chrétienne dans les concepts philosophiques - s'est pour sa part approprié des contenus essentiels issus des traditions religieuses et s'est transformée en un savoir capable de fondation. C'est précisément à cette osmose sémantique que la pensée séculière qui succéda à Kant et à Hegel doit la thématique de la liberté rationnelle et les concepts fondamentaux de la philosophie pratique qui, jusqu'à aujourd'hui, se sont révélés déterminants. Alors que la cosmologie grecque a été déracinée, les contenus sémantiques d'origine biblique ont été transférés dans les concepts fondamentaux de la pensée postmétaphysique. L'histoire de la philosophie peut être aussi envisagée comme une succession irrégulière de processus d'apprentissage provoqués de façon contingente. Une telle "généalogie" non seulement met en évidence ces contingences, mais elle met en lumière la nécessité d'un concept compréhensif de raison et la conception que la pensée philosophique se fait d'elle-même à l'aune de ce concept. Habermas élabore une conception dialectique de l'émancipation de la science par rapport à la théologie et du savoir par rapport à la foi. Et il encourage l'instauration d'une relation dialogique vis-à-vis de toutes les traditions religieuses. La pensée postmétaphysique se situe entre sciences et religion.
Maintenant, nous allons vivre dans la clandestinité, voilà exactement ce que ma mère a dit. Pour la trappe dans le plafond, je ne dirai rien, même si on venait à me faire très mal. Je n'ai que sept ans mais j'ai compris à quel point il est important de se taire. Plus de trente ans ont passé. Mais la narratrice se souvient encore des heures noires de la dictature en Argentine. Elle nous les raconte à hauteur d'enfant. En espérant enfin oublier un peu.
Maintenant, nous allons vivre dans la clandestinité, voilà exactement ce que ma mère a dit. Pour la trappe dans le plafond, je ne dirai rien, même si on venait à me faire très mal. Je n'ai que sept ans mais j'ai compris à quel point il est important de se taire. Plus de trente ans ont passé. Mais la narratrice se souvient encore des heures noires de la dictature en Argentine. Elle nous les raconte à hauteur d'enfant. En espérant enfin oublier un peu.
La pensée du grand philosophe de l'école de Francfort, le "Kant du XXe siècle" est plus actuelle que jamais. Comment concilier l'universalité des principes sur lesquels reposent les Constitutions de nos sociétés avec la diversité des identités et avec les tendances centrifuges de la mondialisation, sources de fractures sociales ? Autrement dit : comment intégrer l'autre dans la communauté républicaine, fondée sur l'affirmation de l'égalité des droits et l'égal respect de chacun pour chacun, quand la force des choses conspire à dresser les uns contre les autres ? La réponse de Jürgen Habermas est fort audacieuse. Partisan résolu de l'intégration politique, en Europe notamment, convaincu que l'État-nation a fait son temps, attentif à la diversité culturelle, il défend ici un nouveau républicanisme à vocation mondiale susceptible de conjurer le double écueil du repli nationaliste et de la dilution du corps politique dans le marché mondial. Ouvrage paru en première édition française chez Fayard en 1998.
Parcours, c'est en deux volumes une trentaine de textes de Jürgen Habermas, inédits pour la plupart, devenus introuvables en langue française pour les autres. Ils balisent l'évolution d'un des derniers philosophes contemporains de stature mondiale. Le premier volume permet de comprendre comment Habermas, ancré dans la théorie critique de l'École de Francfort, justifie, dans le prolongement de sa Théorie de l'agir communicationnel, la nécessité de passer d'une théorie de la conscience à une théorie du langage. À l'heure de la philosophie postmétaphysique, cette ouverture au langage fait de l'activité communicationnelle le fondement de la société : elle est ce qui permet la compréhension intersubjective, seule à même de définir pour le monde vécu les normes sociales, les valeurs éthiques et les procédures de la politique délibérative. Le deuxième tome élargit encore cette réflexion au thème des conditions de possibilité de la souveraineté populaire, à l'heure de la constitution de l'Europe, mais aussi de la revitalisation politique de la religion. Le lecteur dispose avec cet ouvrage des clefs nécessaires à la compréhension d'une pensée essentielle de notre siècle.
Parcours, c'est en deux volumes une trentaine de textes de Jürgen Habermas, inédits pour la plupart, devenus introuvables en langue française pour les autres. Ils balisent l'évolution d'un des derniers philosophes contemporains de stature mondiale. Le premier volume permet de comprendre comment Habermas, ancré dans la théorie critique de l'École de Francfort, justifie, dans le prolongement de sa Théorie de l'agir communicationnel, la nécessité de passer d'une théorie de la conscience à une théorie du langage. À l'heure de la philosophie postmétaphysique, cette ouverture au langage fait de l'activité communicationnelle le fondement de la société : elle est ce qui permet la compréhension intersubjective, seule à même de définir pour le monde vécu les normes sociales, les valeurs éthiques et les procédures de la politique délibérative. Le deuxième tome élargit encore cette réflexion au thème des conditions de possibilité de la souveraineté populaire, à l'heure de la constitution de l'Europe, mais aussi de la revitalisation politique de la religion. Le lecteur dispose avec cet ouvrage des clefs nécessaires à la compréhension d'une pensée essentielle de notre siècle.
Parcours, c'est en deux volumes une trentaine de textes de Jürgen Habermas, inédits pour la plupart, devenus introuvables en langue française pour les autres. Ils balisent l'évolution d'un des derniers philosophes contemporains de stature mondiale. Le premier volume permet de comprendre comment Habermas, ancré dans la théorie critique de l'École de Francfort, justifie, dans le prolongement de sa Théorie de l'agir communicationnel, la nécessité de passer d'une théorie de la conscience à une théorie du langage. À l'heure de la philosophie postmétaphysique, cette ouverture au langage fait de l'activité communicationnelle le fondement de la société : elle est ce qui permet la compréhension intersubjective, seule à même de définir pour le monde vécu les normes sociales, les valeurs éthiques et les procédures de la politique délibérative. Le tome deuxième élargit encore cette réflexion au thème des conditions de possibilité de la souveraineté populaire, à l'heure de la constitution de l'Europe, mais aussi de la revitalisation politique de la religion. Le lecteur dispose avec cet ouvrage des clefs nécessaires à la compréhension d'une pensée essentielle de notre siècle.
Parcours, c'est en deux volumes une trentaine de textes de Jürgen Habermas, inédits pour la plupart, devenus introuvables en langue française pour les autres. Ils balisent l'évolution d'un des derniers philosophes contemporains de stature mondiale. Le premier volume permet de comprendre comment Habermas, ancré dans la théorie critique de l'École de Francfort, justifie, dans le prolongement de sa Théorie de l'agir communicationnel, la nécessité de passer d'une théorie de la conscience à une théorie du langage. À l'heure de la philosophie postmétaphysique, cette ouverture au langage fait de l'activité communicationnelle le fondement de la société : elle est ce qui permet la compréhension intersubjective, seule à même de définir pour le monde vécu les normes sociales, les valeurs éthiques et les procédures de la politique délibérative. Le tome deuxième élargit encore cette réflexion au thème des conditions de possibilité de la souveraineté populaire, à l'heure de la constitution de l'Europe, mais aussi de la revitalisation politique de la religion. Le lecteur dispose avec cet ouvrage des clefs nécessaires à la compréhension d'une pensée essentielle de notre siècle.
L'Union européenne est-elle désormais contre la démocratie? Avec l'épisode du référendum grec et l'effroi qui saisit tous les dirigeants de voir un peuple, auquel on avait imposé une cure problématique, entrer en résistance, la crise de la dette a révélé le déficit démocratique des institutions européennes. Jürgen Habermas nous alerte sur les risques que prend l'Europe à s'engager dans une voie 'postdémocratique' pour régler la question de la dette des pays de la zone euro. L'union monétaire européenne ne disposant pas d'un contrôle supranational à sa mesure, les dirigeants allemand et français veulent une collaboration intergouvernementale renforcée. Le Conseil européen doit s'employer à la mettre en place. Ce changement en apparence minimal devrait se traduire par une perte progressive de contrôle des Parlements nationaux sur les lois de finances ; cette réforme insidieuse asphyxierait petit à petit le poumon de la démocratie à l'échelle nationale, sans que cette perte soit compensée au niveau européen. Le processus grec ouvre-t-il le passage d'une Europe de gouvernement à une Europe de la 'gouvernance' - joli euphémisme pour désigner une forme dure de domination politique, qui ne repose que sur le fondement faiblement légitimé des traités internationaux? La 'démocratie d'un seul pays' n'est plus à même de se défendre contre les injonctions d'un capitalisme forcené, qui franchissent, elles, les frontières nationales. Il faut avancer vers et dans la constitution de l'Europe, pour que les peuples regagnent des latitudes d'action au niveau supranational, sans pour autant sacrifier la démocratie. La crise de l'Europe des gouvernements doit conduire à la constitution d'une Europe des peuples. Telle est la conviction de Jürgen Habermas dans ce petit traité de démocratie, vif, tonique et constructif.
L'Union européenne est-elle désormais contre la démocratie? Avec l'épisode du référendum grec et l'effroi qui saisit tous les dirigeants de voir un peuple, auquel on avait imposé une cure problématique, entrer en résistance, la crise de la dette a révélé le déficit démocratique des institutions européennes. Jürgen Habermas nous alerte sur les risques que prend l'Europe à s'engager dans une voie 'postdémocratique' pour régler la question de la dette des pays de la zone euro. L'union monétaire européenne ne disposant pas d'un contrôle supranational à sa mesure, les dirigeants allemand et français veulent une collaboration intergouvernementale renforcée. Le Conseil européen doit s'employer à la mettre en place. Ce changement en apparence minimal devrait se traduire par une perte progressive de contrôle des Parlements nationaux sur les lois de finances ; cette réforme insidieuse asphyxierait petit à petit le poumon de la démocratie à l'échelle nationale, sans que cette perte soit compensée au niveau européen. Le processus grec ouvre-t-il le passage d'une Europe de gouvernement à une Europe de la 'gouvernance' - joli euphémisme pour désigner une forme dure de domination politique, qui ne repose que sur le fondement faiblement légitimé des traités internationaux? La 'démocratie d'un seul pays' n'est plus à même de se défendre contre les injonctions d'un capitalisme forcené, qui franchissent, elles, les frontières nationales. Il faut avancer vers et dans la constitution de l'Europe, pour que les peuples regagnent des latitudes d'action au niveau supranational, sans pour autant sacrifier la démocratie. La crise de l'Europe des gouvernements doit conduire à la constitution d'une Europe des peuples. Telle est la conviction de Jürgen Habermas dans ce petit traité de démocratie, vif, tonique et constructif.
À dix-huit ans, j'ai quitté mon pays, ma famille, mes amis, pour partir en Afrique, continent d'origine d'un prince charmant que j'aimais. Cette idylle a dégénéré. En partie à cause des traditions et coutumes d'une petite ville proche du Sahara ne laissant guère de libertés aux femmes, mais aussi et surtout parce que celui que je croyais être l'homme de ma vie y a dévoilé son vrai visage. M comme monstre, M comme malade, M comme manipulateur, M comme mari, M comme la première lettre de son prénom. Le prince est devenu bourreau, le chevalier est devenu vautour. De retour chez moi transformée, affaiblie, constamment humiliée, battue et enfermée dans un sous-sol sale par cet homme cruel, je suis néanmoins parvenue à trouver la force de m'extraire du piège, d'échapper à la mort et de sortir de l'emprise de M. Ce livre est mon histoire. Le Monstre est un récit bouleversant, poignant. Si son auteur est une actrice québécoise, ce témoignage est universel. Car il pourrait aussi bien être écrit par votre soeur, votre fille, votre amie qu'être le vôtre.
À dix-huit ans, j'ai quitté mon pays, ma famille, mes amis, pour partir en Afrique, continent d'origine d'un prince charmant que j'aimais. Cette idylle a dégénéré. En partie à cause des traditions et coutumes d'une petite ville proche du Sahara ne laissant guère de libertés aux femmes, mais aussi et surtout parce que celui que je croyais être l'homme de ma vie y a dévoilé son vrai visage. M comme monstre, M comme malade, M comme manipulateur, M comme mari, M comme la première lettre de son prénom. Le prince est devenu bourreau, le chevalier est devenu vautour. De retour chez moi transformée, affaiblie, constamment humiliée, battue et enfermée dans un sous-sol sale par cet homme cruel, je suis néanmoins parvenue à trouver la force de m'extraire du piège, d'échapper à la mort et de sortir de l'emprise de M. Ce livre est mon histoire. Le Monstre est un récit bouleversant, poignant. Si son auteur est une actrice québécoise, ce témoignage est universel. Car il pourrait aussi bien être écrit par votre soeur, votre fille, votre amie qu'être le vôtre.
Prix des Libraires 2016. Ici, les maisons ne valent plus rien et les gens s'en vont, en les abandonnant purement et simplement ; la ville est en lambeaux. Nous sommes à Detroit en 2008 et une blague circule : que le dernier qui parte éteigne la lumière. On dirait que c'est arrivé. C'est dans cette ville menacée de faillite qu'Eugène, un jeune ingénieur français, débarque pour superviser un projet automobile. C'est dans un de ces quartiers désertés que grandit Charlie, Charlie qui vient, à l'instar de centaines d'enfants, de disparaître. Mais pour aller où, bon Dieu, se demande l'inspecteur Brown chargé de l'enquête. C'est là, aussi, qu'Eugène rencontrera Candice, la serveuse au sourire brillant et rouge. Et que Gloria, la grand-mère de Charlie, déploiera tout ce qui lui reste d'amour pour le retrouver. Thomas B. Reverdy nous emmène dans une ville mythique des États-Unis devenue fantôme et met en scène des vies d'aujourd'hui, dans un monde que la crise a voué à l'abandon. Avec une poésie et une sensibilité rares, il nous raconte ce qu'est l'amour au temps des catastrophes.
Prix des Libraires 2016. Ici, les maisons ne valent plus rien et les gens s'en vont, en les abandonnant purement et simplement ; la ville est en lambeaux. Nous sommes à Detroit en 2008 et une blague circule : que le dernier qui parte éteigne la lumière. On dirait que c'est arrivé. C'est dans cette ville menacée de faillite qu'Eugène, un jeune ingénieur français, débarque pour superviser un projet automobile. C'est dans un de ces quartiers désertés que grandit Charlie, Charlie qui vient, à l'instar de centaines d'enfants, de disparaître. Mais pour aller où, bon Dieu, se demande l'inspecteur Brown chargé de l'enquête. C'est là, aussi, qu'Eugène rencontrera Candice, la serveuse au sourire brillant et rouge. Et que Gloria, la grand-mère de Charlie, déploiera tout ce qui lui reste d'amour pour le retrouver. Thomas B. Reverdy nous emmène dans une ville mythique des États-Unis devenue fantôme et met en scène des vies d'aujourd'hui, dans un monde que la crise a voué à l'abandon. Avec une poésie et une sensibilité rares, il nous raconte ce qu'est l'amour au temps des catastrophes.
`Cursory Rhymes' is a collection of poems written for children, by one of the most popular poets of the early 20th Century. Packed with intelligent humour, these verses invite youngsters to experience the joys of wordplay and wit. With titles, such as `Poems Against Doctors,' `The Zoo,' and `Seaside,' Wolfe reveals his anarchic side, tempered with simple rhyme schemes and topics that children will find easy to relate to. A superb introduction to poetry for youngsters, or for those who want to dip into the rhymes of the time. Born in Milan, Humbert Wolfe (1885 - 1940) emigrated to the UK with his family, when he was six years old. Raised in Bradford, he went on to gain a first at Oxford University. After leaving, he pursued a career in the Civil Service, rising from a junior position in the Board of Trade to become Deputy Secretary to the Ministry of Labour. Published in the 1920s, `Lampoons' and `Requiem' established him as one of the UK's favourite poets of the time. Many of his works were set to music by composers, such as Gustav Holst. Wolfe died on his 55th birthday.
Pierwsza cze´s´c zbioru opowie´sci E.T.A. Hoffmanna, w których w pelnej mocy ujawnia sie charakterystyczna dla pisarza fantazja romantyczna oraz jego zamilowanie do upiornej niesamowito´sci. Przez utwory takie jak "Skrzypce z Cremony", "Majorat", "Kawaler Gluck" i "Don Juan" przewija sie cala plejada dziwaków i ludzi kierowanych poteznymi namietno´sciami. Czytelnik, stale utrzymywany w stanie psychicznego napiecia, nigdy nie moze mie´c pewno´sci, czy opisywane zachowanie lub wydarzenie to tylko niewinny ekscentryczny wybryk, przejaw degeneracji bohatera, czy moze ingerencja za´swiatów. Doskonaly lekturowy wybór dla milo´sników ciemnej fantastyki w wykonaniu Edgara Allana Poe, Lovecrafta czy Stefana Grabi´nskiego. E.T.A. Hoffmann (1776-1822) - kompozytor, rysownik, prawnik i poeta niemiecki doby romantyzmu. Jeden z pierwszych twórców piszacych w nurcie tzw. weird-fiction, inspirowal wielu autorów fantastyki grozy, m.in. Edgara Allana Poe, Howarda Phillipsa Lovecrafta, Stefana Grabi´nskiego. Nie popieral rozbiorów Polski, znal polski jezyk, utrwalil w swoich utworach wizerunek szlachetnego Polaka - romantycznego kochanka. Wielki milo´snik kotów. Byl autorem niemiecko brzmiacych nazwisk nadawanych na poczatku XIX w. Zydom mieszkajacym w Warszawie (prawdopodobnie wla´snie on stworzyl nazwiska: Rosenbaum, Goldberg, Eisenbaum). Do jego najbardziej znanych dziel naleza powie´s´c "Diable eliksiry" czy zbiór noweli i bajek "Bracia Serafio´nscy".
È il 4 marzo 1861 quando il giovane Ippolito Nievo, vice intendente di finanza della spedizione dei Mille, salpa dal molo arsenale di Palermo sul piroscafo Ercole, diretto a Genova con un'unica tappa a Napoli. Coprono la stessa rotta dell'Ercole una nave di gran lunga più veloce, la Pompei, preceduta da due vecchi legni a vapore, e un vascello da guerra inglese partito da Messina. Arriveranno tutti a Napoli in ritardo a causa di un'improvvisa burrasca scoppiata nella notte, tutti tranne l'Ercole, che sembra scomparire nel nulla. Presentando direttamente le testimonianze e le notizie d'archivio dell'epoca, questo saggio biografico indaga sulle cause e gli snodi celati dietro quello che al tempo venne considerato un semplice incidente, ma che resta tutt'oggi uno dei misteri politici più fitti attorno alla storia della nascita d'Italia. Adele Marini è una giornalista specializzata in cronaca nera e giudiziaria che collabora con diversi quotidiani e ha lavorato alla redazione VideoNews di Canale 5. È autrice di thriller e saggi a sfondo sociale, ambientati a Milano dove vive e lavora.
Questa raccolta di storie brevi può essere considerata come l'esordio letterario di Edmondo De Amicis. I "bozzetti" narrativi, così chiamati dall'autore stesso, principalmente a tema militare, contengono interessanti scorci nella formazione artistica e nella coscienza di un De Amicis appena più che ventenne. All'interno si potrà esplorare una visione singolare della società italiana e dei suoi salotti: tra storie d'amore, storie d'impegno politico e storie di carattere quasi sociologico, l'esordiente De Amicis lascia intravedere tutto il talento che lo contraddistingue. Edmondo De Amicis (1846-1908) è stato uno scrittore italiano, tra i più importanti nel panorama nazionale e internazionale. La sua opera "Cuore" è uno dei libri per ragazzi più letti e influenti della storia della letteratura, che lo ha reso una figura importantissima per lo sviluppo di una coscienza letteraria nazionale.
Czasami natura sie myli i rodzimy sie w ciele, które wydaje nam sie obce. "Historia K." to historia wla´snie takiej pomylki, ale tez toksycznej relacji, która moze sie przydarzy´c kazdemu. Jak czesto jeste´smy z kim´s, kto nas niszczy, a jednocze´snie tak pociaga i oplata, ze nie potrafimy sie uwolni´c? Akceptacja samego czy samej siebie to poczatek, który moze sprawi´c, ze nasze zycie zmieni sie calkowicie. I ze otworzymy sie na kogo´s, od kogo dostaniemy nie tylko wspanialy seks, ale i szacunek i zrozumienie. Jaki final bedzie miala historia K.? Catrina Curant to pseudonim artystyczny polskiej pisarki. Eksperymentowanie w lózku, szukanie nowych dozna´n i odkrywanie swojej natury jest dla niej czym´s naturalnym. Pisuje felietony na portalu erotycznym, odwiedza lokale swingerskie i bywa na pokazach BDSM. Fascynuje ja japo´nska sztuka Shibari, a w swoich tekstach stara sie laczy´c mistycyzm z erotyka i naturalnym ludzkim dazeniem do spelniania pragnie´n. Nie uznaje tematów tabu, a seksualno´s´c czlowieka jest pasja jej zycia.
Ne dites pas « précarité », dites « flexibilité ». Ne dites pas « antitechnicien », dites « obscurantiste ». Ne dites pas « réforme », dites « modernisation ». Ne dites pas « empoisonner » ni « polluer », dites « fertiliser ». Nier l'évidence, rassurer à tout prix, même et surtout quand l'incendie fait rage, tel semble être l'objectif du pouvoir et des « communicants » face aux questions soulevées par des situations ou des risques de plus en plus inquiétants. En particulier dans le domaine sensible de l'« environnement », la réponse est toujours la même : tout va bien, les mauvais signes apparents sont trompeurs, anodins, inexistants. Dans un monde où les paysans sont devenus « exploitants agricoles » et les patrons « entrepreneurs », où la charité se déguise en « action humanitaire », où derrière un « plan social » se cache un licenciement massif, ce Petit lexique nous aide à saisir comment la sémantique officielle s'applique à ne pas voir la réalité, à minimiser les périls, à désigner en termes positifs les phénomènes qui le sont le moins. Il relève à la fois les « faux amis » et les paradoxes qui signifient autre chose que ce qu'ils désignent, voire le contraire (abondance, liberté, croissance, bonne nouvelle...), les conduites aberrantes constituées en véritables syndromes (de l'autruche, du Père Noël...) ou en directives (s'obstiner dans l'erreur, jouer avec le feu...) et la contamination du langage par l'économisme (gérer ses relations, optimiser...). L'« élimination des mots indésirables » (et donc des concepts interdits) que craignait Orwell est-elle en train de triompher ?
Après les bouleversements des années 1990, le monde se recompose. Mais les transitions, qu'on annonçait faciles, se révèlent laborieuses, malaisées et, dans certains cas, porteuses de menaces plus que de promesses. Présentée comme le triomphe de la démocratie sur le totalitarisme, la victoire du monde occidental n'a été contestée ni dans son effectivité, ni dans sa légitimité. Mais, on le sait, plus une légitimité est forte, et plus elle suscite des attentes qui ne souffrent pas d'être déçues ; or, il semblerait qu'on ait pris le parti d'y répondre dans la seule langue du marché. A l'échelle européenne, sans que l'on puisse parler d'échec, la réunification allemande n'est pas aussi facile à réaliser que certains l'avaient cru, et il n'est pas impossible que l'Union européenne ait, elle aussi, à souffrir d'avoir sous-estimé, en s'élargissant, l'insolubilité de l'histoire dans l'économie notamment si elle tarde (ou, pire, si elle échoue) à se doter des moyens de son intégration politique. Par ailleurs, à l'échelle mondiale, on sait depuis le 11 septembre 2001 que la globalisation sans frein du marché et l'hégémonisme arrogant de l'Occident engendrent bien plus que des résistances. Tels sont les principaux thèmes abordés par ces écrits politiques, rédigés entre 1998 et 2003. Autant de plaidoyers en faveur d'une politique animée par les principes de justice et de démocratie. On trouvera, en outre, dans ce recueil les textes qui furent à l'origine de la réflexion récente de Jürgen Habermas sur les problèmes de la médecine reproductive face à l'individualisme marchand.
Produit de la centralisation monarchique et des révolutions modernes, l'État-nation apparaît aujourd'hui bien mal adapté à l'intégration économique mondiale. Les eurosceptiques, qui en revendiquent l'héritage et affirment sa pérennité, redoutent l'ouverture des frontières et appellent au refus de la mondialisation des échanges. Les eurolibéraux, qui se satisfont d'une Europe du Grand marché, n'ont que faire des structures politiques et se moquent des malheurs de nos Etats nationaux. Les fédéralistes, qui revendiquent à la fois l'ouverture des frontières et la formation d'un espace politique intégré à l'échelle européenne, fondent leur position sur la nécessité d'élever le pouvoir politique à la hauteur de la puissance nouvelle de l'économie afin de lui faire contrepoids. Jürgen Habermas est de ceux-là, refusant tout à la fois le passéisme des premiers et l'aveuglement des seconds. Mais il va plus loin. Poche de ceux qui militent en faveur d'une démocratie cosmopolitique, il réfléchit aussi dans ce livre aux conditions qu'il est nécessaire de mettre en oeuvre une régulation mondiale. Né en 1929 près de Cologne, Jürgen Habermas est l'auteur d'une oeuvre considérable. On trouvera notamment chez Fayard : Après Marx (1985), Théorie de l'agir communicationnel (2 vol. 1987) et L'Intégration républicaine (1998).