Joseph de Maistre
Joseph de Maistre
Aujourd'hui, alors que la guerre entre l'Ukraine et la Russie met l'ancien empire des tsars au premier plan de l'actualité internationale, et que la société russe semble s'être tournée vers le conservatisme anti-occidental et les valeurs traditionnelles, dans la nostalgie de son rêve impérial, une nouvelle édition de ces Quatre chapitres sur la Russie nous a paru s'imposer. D'aucuns y verront peut-être un témoignage irremplaçable sur la situation politique de ce grand pays au début du XIXe siècle, et y apercevront, au prisme de la pensée maistrienne, les tentations et les déchirements qu'il porte déjà en germe. Composés à Saint-Pétersbourg à la fin de l'année 1811, les quatre volets de ce Mémoire sont l'un des ouvrages de Maistre où sa philosophie de l'autorité est présentée dans les termes les plus radicaux. OEuvre de circonstance destinée à rester confidentielle, elle n'en demeure pas moins une réflexion intraitable sur la guerre menée contre la souveraineté et la société elle-même, qui ne se limite pas à la Russie.
Le Comte de Maistre fait partie de ces auteurs dont, longtemps, l'oligarchie des vulgaires et la poix des dominants ont désiré d'exterminer non seulement la race mais jusqu'au souvenir. Toutefois, par la vertu de sa propre force, la pensée de Joseph de Maistre a écarté les dandins et les forfaiteurs qui ont tout essayé afin que ses pages fussent réduites au silence, et l'oeuvre règne désormais imperturbablement sur les arts véritables et la littérature essentielle. Demeurait une embarrassante contradiction : si la plupart des ouvrages du grand homme sont aujourd'hui disponibles, sa Correspondance était introuvable depuis plus d'un siècle. Or cette Correspondance n'est assurément pas un pan facultatif de son univers : elle occupe en effet à elle seule quasiment la moitié des volumes dont sont constituées les OEuvres complètes de l'auteur. Négliger cet impressionnant et somptueux massif serait donc non seulement déraisonnable, mais irrationnel. Toute la riche aventure maistrienne s'y déroule : de l'arrière-plan de ses relations rompues avec la franc-maçonnerie jusqu'à celles, finales, avec le Saint-Siège en passant par les divers exils, les entretiens avec les monarques, les dialogues avec les célébrités de l'Europe, etc. Ici, en contexte, toute sa pensée se précise. En une époque où l'on écrivait des lettres soit comme de brefs essais officieusement publics afin de rendre limpide à différents cercles tel point d'une discussion de fond, soit tout au contraire afin de faire certaines confidences à tel membre de sa famille ou tel ami fidèle, cette Correspondance dit tout : sur l'homme, sur l'oeuvre, sur la formation de l'homme et de l'oeuvre ainsi que sur la relation entre le monde et le penseur - tout en déroulant la chronique et le commentaire perpétuel d'événements qui, de 1786 à 1821, sont ceux de l'une des périodes les plus bouillantes de l'Histoire. Les choses sont claires : se trouvant parmi les grands ensembles épistolaires légués par la littérature et la philosophie, la Correspondance de J. de Maistre est indispensable à la compréhension de son oeuvre. Au coeur même de celle-ci, ces lettres constituent la meilleure des introductions à son sens, à sa visée, à sa force et sa portée. En présence de la parole privée de ce grand homme, chacun devient le témoin d'une générosité créatrice attachée à une majestueuse noblesse de coeur tandis qu'une pensée puissante se déploie dans un style parfait : et le lecteur voit vivre l'âme prophétique de celui qui fut l'auteur de chevet de Baudelaire et de Balzac.
1794, Lausanne. À travers une correspondance inédite, Joseph de Maistre et son fils Rodolphe révèlent les coulisses d’une époque tourmentée.
Paris, 1630. Un jeune homme de vingt ans, aussi charmant que mystérieux, arpente les rues de la capitale. Son destin bascule quand il se retrouve mêlé aux intrigues de la guerre pour la succession du duché de Mantoue.
Nous sommes tous attachés au trône de l'Etre Suprême par une chaîne souple, qui nous retient sans nous asservir. Ce qu'il y a de plus admirable dans l'ordre universel des choses, c'est l'action des êtres libres sous la main divine. Librement esclaves ils opèrent tout à la fois volontairement et nécessairement : ils font réellement ce qu'ils veulent, mais sans pouvoir déranger les plans généraux. Chacun de ces êtres occupe le centre d'une sphère d'activité dont le diamètre varie au gré de l'éternel géomètre, qui sait étendre, restreindre, arrêter ou diriger la volonté, sans altérer sa nature. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Un essai philosophique et politique du plus important des « anti-philosophes » de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, largement impliqué dans les tourments de la Révolution et de l'Empire. Joseph-Marie, comte de Maistre était sujet savoisien du royaume de Piémont-Sardaigne. Né en Savoie (1753-1821), à Chambéry, il fut diplomate, écrivain et philosophe. Cet essai, à la fois politique et philosophique, sur la sou-veraineté du peuple et des nations, écrit à Lausanne, au plus fort de la Révolution qui embrase la France en 1794, devait, à l'origine, s'intituler Cinquième lettre d'un royaliste savoisien à ses compatriotes.Publié pour la première fois en 1870 dans les oeuvres inédites, ce texte mérite assez qu'on le redécouvre. Passionnant et polémique - présenté comme « l'anti-Contrat Social » de J.-J. Rousseau -, paradoxalement, il n'a pas autant vieilli, à plus de deux cents ans d'intervalle, qu'on puisse le craindre. Au-delà de la forme obligatoirement surannée, il continue à poser, sur le fond, des problématiques pertinentes qui restent ou redeviennent d'une actualité finalement très proche...
Les Systèmes Politiques Sous Différents Angles : Trois OEuvres Classiques constitue une exploration fascinante des perspectives variées sur les systèmes politiques, à travers le prisme des plumes de Montesquieu, André Gide et Joseph de Maistre. Cette anthologie rassemble des styles littéraires divers, allant de l'analyse philosophique et politique à la réflexion morale et sociétale. Chaque oeuvre incluse dans cette collection offre un aperçu unique des structures politiques, certaines adoptant une approche critique tandis que d'autres embrassent un point de vue plus théorique, rendant la collection tout aussi stimulante dans sa diversité qu'en sa profondeur intellectuelle. Montesquieu, Gide et de Maistre, malgré leurs arrière-plans et époques différentes, partagent un engagement commun envers la dissection des systèmes politiques. Montesquieu, figure des Lumières, est renommé pour ses réflexions sur les lois et la séparation des pouvoirs. André Gide, écrivain du XXe siècle et key figure du modernisme, offre une étude psychologique des institutions. Joseph de Maistre, quant à lui, propose une vision conservatrice et théologique des sociétés. L'ensemble de leurs contributions capture l'évolution des pensées politiques à travers divers contextes historique, mettant en exergue des discussions pertinentes pour tout lecteur intéressé par l'histoire des idées. Cette anthologie est une invitation précieuse pour quiconque désire sonder les complexités politiques sous différentes lentilles analytiques. La juxtaposition de ces auteurs emblématiques ouvre des voies de lecture enrichissantes et nous engage dans un dialogue sur les divers systèmes qui façonnent et influencent notre société contemporaine. En naviguant entre ces perspectives variées, le lecteur est habilité à élargir sa compréhension des dynamiques politiques. La collection assure une compréhension fluide et nuancée de ce sujet essentiel, tout en favorisant une appréciation de chaque style distinct et révélateur.
Les "Considérations sur la France" paraissent en 1797. Pour la première fois, les victimes de la Révolution parlent, non pour gémir et insulter, mais pour comprendre ce qui s'est passé et aussi envisager l'avenir probable. Joseph de Maistre est le premier à ne pas critiquer la Révolution pour l'une ou l'autre de ses mesures ou pour ses "excès", mais à la rejeter tout entière, dans son principe, comme contraire à la nature même de l'homme, création de Dieu. Bien plus, il met en évidence l'irrésistibilité de ce gigantesque chambardement et son caractère paradoxalement quasi "sacré". Laa révolution serait ainsi une punition de Ciel car rien n'est le fruit du hasard. Un texte essentiel pour comprendre la perception de la Révolution par la réaction. Durée : 04H40M59S Liber Audiri Liber Audiri
Joseph de Maistre réfute ici, point par point, le fameux Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes de Rousseau, qui renvoie à un état de nature idéalisé et préfigure l'égalitarisme prôné par la Révolution - courant qui s'inspirera effectivement de sa pensée. La présente édition a été établie d'après le texte de Joseph de Maistre, « Examen d'un écrit de Jean-Jacques Rousseau sur l'inégalité des conditions ». Un pamphlet incisif contre la pensée de Rousseau.