José Morel cinq-mars
José Morel cinq-mars
Est-il « interdit d'interdire » ? Où et quand les limites sont-elles nécessaires ? Est-il « interdit d'interdire » ? Où et quand les limites sont-elles nécessaires ? Entre les tenants du slogan de Mai 68 « il est interdit d'interdire » et ceux qui insistent sur la nécessité des limites, toutes les positions aujourd'hui sont possibles. Cette diversité consitue l'une des sources de malentendus les plus fréquentes entre les cultures, les familles, les personnes. La psychanalyse retrouve le même dilemme au coeur du fonctionnement psychique de chaque sujet où la tendance au laxisme total et l'attitude coercitive coexistent depuis les origines, entretenant des conflits permanents. Sans interdits et sans limites, aucune vie psychique n'est possible, aucune vie sociale non plus. Et la vraie question est de les clarifier, puis de les gérer, de telle sorte qu'ils ouvrent l'espace à l'expression et à l'échange, en chacun et entre les sujets, au lieu de le fermer. Une tâche indispensable, qui s'impose à chaque âge de la vie. Ce livre est le fruit d'une réflexion actuelle, en situation, qui n'apporte pas de recettes toutes faites, mais ouvre des voies accessibles et vivantes pour envisager les interdits et les limites et les gérer en connaissance de cause dans la vie de tous les jours. La 2e édition d'un livre qui a connu un grand succès.
« À présent qu'il m'est donné l'occasion d'écrire à propos de cette expérience qui m'a conduite à être témoin de parents endeuillés, j'aimerais adresser un avertissement au lecteur : "ne vous effrayez pas". Que vous soyez dans le deuil ou que vous ayez à connaître des endeuillés, mon propos ne se veut ni moralisateur ni consolateur. Je n'ai dans ma besace ni bons conseils, ni jugements définitifs sur les deuils faits, à faire ou à refaire, pas de modes d'emploi rassurants ni de réflexions philosophiques qui donneraient une fois pour toutes le sens de la vie et sauraient infléchir le malheur quand il fait effraction dans une vie. Ne craignez pas que j'abîme votre chagrin ou que je condamne votre tristesse ; tout juste me vient-il le souhait d'éclairer un peu ce qu'est ce temps particulier qu'on nomme le deuil, pour partager ce que m'ont appris les endeuillés que j'ai écoutés, ces hommes, ces femmes et ces enfants qui traversaient ce que, paraphrasant Philippe Ariès, je nommerai ici un "deuil ensauvagé". »
Dans cette fiction-témoignage où tout est faux mais tout est vrai, l'auteur psychologue raconte l'ordinaire de son travail clinique, tel qu'elle l'exerce au quotidien dans ces zones dites « sensibles ». Elle évoque ainsi les différentes situations auxquelles elle est confrontée à la consultation pluri professionnelle pour femmes enceintes et petits enfants - Rêvedemaison -, ou au domicile de familles dont un bébé est décédé subitement. Dans son récit où se côtoient des gens de tous horizons, elle parle de la ville, de la banlieue, de l'exil, de son métier, de son usage non orthodoxe de la psychanalyse comme pratique et comme théorie, de ses motivations, de son rapport au territoire, à la formation, à son identité professionnelle... Une « clinique incarnée » au sein de la banlieue dans tous ses états. José Morel Cinq Mars est titulaire d'un doctorat en psychanalyse et psychopathologie fondamentale de Paris 7 et travaille pour les services de PMI de Seine-Saint-Denis .
Qui veut garder le silence sur son intimité, n'en révéler que des faits choisis à des interlocuteurs choisis, fait figure d'être fragile et inhibé. Qui au contraire se révèle sans retenue, apparaît comme une personnalité sûre d'elle et épanouie. Comment et pourquoi, dans le demi-siècle écoulé, la reconnaissance des espaces d'intimité a-t-elle fait place au droit et même au devoir de (se) montrer ? Faut-il en rendre responsable une confiance excessive dans les vertus de la parole, en quoi la psychanalyse a probablement une part de responsabilité ? Faut-il accuser les téléphones portables, les réseaux sociaux ? Sans doute celui qui prétend s'exhiber " librement ", y trouve-t-il un gain psychique. De quelles fragilités paye celui qui se croit tenu de se soumettre à l'impératif moderne de transparence ? Comment grandir sans la possibilité d'aller et venir entre le secret et le dire ? Et que deviendrait une démocratie qui n'accorderait ni place ni valeur au for intérieur ? Car l'intime, le noyau de vérité d'un être, est la condition même de la liberté – de parole, de pensée, de création. Psychanalyste recueillant dans le secret de son cabinet des paroles d'une autre veine que celles qui s'énoncent dans l'espace public, José Morel Cinq-Mars plaide pour retrouver un consensus reconnaissant la valeur et la nécessité de ce qui ne peut s'épanouir qu'à distance des lumières trop vives. José Morel Cinq-Mars est docteur en psychopathologie fondamentale et psychanalyse. Elle travaille dans un service de protection maternelle et infantile de la région parisienne. Elle a déjà publié Quand la pudeur prend corps (PUF, 2002), Psy de banlieue (Ères, 2010) et Le Deuil ensauvagé (2010, PUF).