José Cabanis
José Cabanis
Ce livre restitue avec un incomparable éclat le sacre de l'Empereur, son somptueux décor, son rituel solennel, ses grandeurs et ses ridicules, ses acteurs célèbres ou anonymes. José Cabanis dépeint d'une plume acérée, souvent malicieuse, une société où défilent généraux, affairistes, révolutionnaires repentis et émigrés oublieux de l'ancien monde. Cette étude morale d'une époque reste une introduction incontournable à l'intelligence de l'aventure napoléonienne. Le sacre fut "une grande illusion et un échec". Illusion de pouvoir ressusciter, dix ans après le régicide, une monarchie sans roi, la parer d'une caution divine, assurer sa pérennité en lui fabriquant une continuité dynastique. Échec aussi devant le scepticisme de l'opinion, des élites politiques et jusqu'à l'Empereur lui-même, convaincu que son règne finirait avec lui : le décor démonté, le pape rentré à Rome, ce fut comme si rien ne s'était passé. Une journée qui a fait la France? Oui et non, répond Patrice Gueniffey dans sa postface. Non, si on l'isole des deux épisodes dont elle est l'aboutissement : l'exécution du duc d'Enghien (20 mars), vécue comme un second régicide, et la proclamation de l'Empire (18 mai) qui installe Bonaparte sur le trône vacant des Bourbons. Mais inscrite dans cet enchaînement événementiel, elle lui confère toute sa portée symbolique. Grand événement et non-événement à la fois, le sacre ne cessera de hanter l'imagination longtemps après que le Premier Empire aura disparu.
"Aux femmes, après bien des détours, Sainte-Beuve proposait de planter, fût-ce une fois, le clou d'or de l'amitié. Il y a toujours eu du Tartufe chez Sainte-Beuve. Cette démarche prudente et sinueuse qui le fait approcher lentement, cerner son objet et chercher davantage à s'insinuer qu'à l'emporter de vive force, on la retrouve dans sa critique, qui n'est vraiment à l'aise que dans des portraits tout en nuances, dans de longues causeries. On le lui reproche souvent, depuis Proust, non sans raison. C'est lui reprocher de n'être pas autre que ce qu'il est, comme si l'on faisait grief à Quentin de La Tour d'avoir peint tant de visages, et à Daumier de ses caricatures. La vérité de Sainte-Beuve est qu'il s'est intéressé surtout aux livres pour tenter de deviner, de comprendre des êtres, de parvenir à leurs secrets, de planter ce clou d'or qui est connaissance dernière et intime. Comme avec les femmes, il n'a pas toujours réussi, mais ses contemporains, même les plus oubliés, par lui revivent. Il est le témoin de son temps, d'une lecture inépuisable, modèle pour qui ne se lasse pas d'observer, de livre en livre, l'espèce humaine dans sa diversité. C'est une façon d'aimer la littérature qui en vaut une autre." José Cabanis.
Une biographie de Charles X aurait pu être décevante à écrire, mais ceux qui ont entouré le comte d'Artois, et ont fini par régner avec lui, sont curieux. Grands propriétaires, prêtres, congréganistes, aristocrates d'Ancien Régime, Chevaliers de la Foi, ils ont formé une cohorte dont les menées, puis le succès, ont pesé lourd. Ils ont conduit la Restauration à sa perte. Pour les connaître et découvrir le dessous des cartes, il suffit de dépouiller les lettres, articles, mémoires, discours et brochures qu'ils ont laissés. Il y avait des ultras de toutes sortes, mystiques, tièdes, passionnés, voltairiens, cléricaux, politiques, etc. Ce qu'ils avaient en commun ne s'est pas perdu et depuis 1814 il y a toujours eu des ultras. On en rencontre encore tous les jours. C'est leur portrait, bien plus que celui d'un roi, que José Cabanis a voulu faire.
Voici un livre. Au fil des pages, les textes de mes chansons défilent au pied cadencé et dans l'ordre chronologique. Ou si vous préférez, avec ses masques et ses plumes, voici le carnaval de Nougar(i)o, mon école de samba sémantique. Ces couplets ne sont nés que du besoin organique que j'avais de chanter. Ici, je pose le micro et me livre à l'imprimerie silencieuse. Sur l'écran de papier, je vous projette mon cinémot. C.N. Couverture : illustration de Claude Nougaro. Photo : Philippe Lévy
Voici un livre. Au fil des pages, les textes de mes chansons défilent au pied cadencé et dans l'ordre chronologique. Ou si vous préférez, avec ses masques et ses plumes, voici le carnaval de Nougar(i)o, mon école de samba sémantique. Ces couplets ne sont nés que du besoin organique que j'avais de chanter. Ici, je pose le micro et me livre à l'imprimerie silencieuse. Sur l'écran de papier, je vous projette mon cinémot. C.N. Couverture : illustration de Claude Nougaro. Photo : Philippe Lévy