Johannes Herrmann
Johannes Herrmann
« Je suis né le 10 juillet 1976. En ce temps-là, il n'y avait pratiquement plus de poissons dans la Seine et la cigogne avait presque disparu de France. La vie sauvage se retirait à vue d'oeil pendant qu'une poignée de personnes se battaient pour sauver les derniers hérons et les dernières loutres. Les premiers protecteurs de la nature étaient déjà éco-anxieux. Une cinquantaine d'années plus tard, le sujet fait davantage parler, mais peu agir. Contrairement au changement climatique, la disparition de la vie sauvage n'inquiète pas nos sociétés. Pourquoi venir vous en parler ? Je peux témoigner que l'éco-anxiété n'est pas un vague à l'âme de bobo. C'est un « retex », comme on dit en langage militaire : un retour d'expérience de routard de terrain. L'éco-anxiété colle aux bottes et aux trépieds de longue-vues comme la boue des marais. Ce livre est un aperçu de ce qui se passe là-bas, au front. Car j'ai tout de même encore une espérance fichée en moi. Celle que quelqu'un moissonnera ce que je sème. » Johannes Herrmann est ornithologue depuis vingt ans et travaille dans diverses organisations régionales de protection de la nature. Chrétien attaché à la Création, il témoigne dans ce livre de son éco-anxiété, et de l'espérance qui lui donne la force de traverser ce défi existentiel. Il est l'auteur de La vie oubliée (Première Partie, 2018) et a été un membre actif de la revue Limite.
Les classes moyennes ont, de tout temps, été au coeur du débat politique français. De Gambetta, saluant les «couches nouvelles», à Valéry Giscard d'Estaing appelant au renforcement du «groupe central», tous les gouvernants ont sollicité leur soutien. Plus d'une fois, elles ont amené des changements politiques décisifs, contribuant hier à l'éclatement du Front populaire, aujourd'hui à l'élection d'un Président de la République socialiste. Classes-enjeu, elles n'ont pourtant jamais conquis une réelle autonomie politique. La synthèse républicaine, le développement du mouvement ouvrier, le relatif désintérêt de la droite et de l'Eglise avant 1936 ont fait obstacle à une représentation spécifique des classes moyennes. Il faut attendre le choc du Front populaire pour qu'elles incarnent, par l'alliance éphémère des petits patrons et des cadres, une «troisième voie», mythique, entre le capitalisme et le collectivisme. Les dernières décennies sont marquées par l'éclatement des classes moyennes, traversées par le clivage travailleurs indépendants/salariés. Cadres moyens, techniciens, employés de bureau en sont désormais l'élément moteur. Leur ralliement progressif à la gauche contraste avec le conservatisme des petits commerçants et des artisans. Mais qu'adviendra-t-il de l'engagement des premiers face à l'expérience socialiste ?