Jil Silberstein
Jil Silberstein
En 2012, La Terre est l'oreille de l'ours s'offrait comme une célébration du Vivant où notations en forêt, spéculations et remémorations se conjuguaient avec une mosaïque de lectures brassant sciences naturelles, environnement, éthologie, psychologie, poésie, spiritualité et anthropologie. Cinq ans plus tard, L'île où les hommes implorent s'attache, le temps de quatre saisons, à inventorier les éléments constitutifs d'une rapide dégradation des conditions de vie sur la planète Terre. D'où son sous-titre : « Chronique d'un désastre amorcé ».Mû par une inquiétude que chaque mois s'emploie à confirmer, l'auteur n'en ressent que plus fort l'urgence d'explorer la palette des prodiges recelés par le monde qui s'étiole - ce à travers quatre entités géographiques : le territoire traditionnel des Innus du Québec-Labrador, l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, l'île cycladique de Sifnos et la campagne vaudoise où l'ancien Parisien a choisi de s'établir.De lieux en peuples aimés, Jil Silberstein dit la splendeur d'un rituel particulier aux Nuu-chah-nulth de l'île de Vancouver, les prouesses d'une araignée (le Pholque phalangide), les enjeux du Pléistocène, l'exploration du Pacifique. Il s'initie à la dérive des continents. Sonde les motifs d'un marbre antique du sanctuaire de Delphes. Retrouve au coeur de la forêt subarctique le peuple innu dépossédé par le colonialisme. Célèbre l'écrivaine américaine Annie Dillard, le Tao te king et son cher Joachim Du Bellay.D'une telle démarche « tous azimuts » résulte l'irrésistible goût d'observer à son tour. Et de chérir ce qui peut l'être encore.Né à Paris en 1948, Jil Silberstein se fixe en Suisse après bien des voyages, travaille dans l'édition et dirige la revue Présences. Lors d'un séjour en Amérique du Nord, il rencontre les Indiens du Québec-Labrador, et amorce une série de textes entre voyage et ethnologie : Innu, Kali'na et Dans la taïga céleste (Albin Michel). Poète, essayiste, lauréat du prix Schiller, traducteur de Trakl, Milosz et T. E. Lawrence, il est l'auteur de La Terre est l'oreille de l'ours (Éditions Noir sur Blanc, 2012) et des Voix de Iasi (2015).
Vaste enquête à travers la Russie d'aujourd'hui, Voyages en Russie absolutiste se veut avant tout un hommage au combat acharné de quatre hommes confrontés - chacun à son époque - aux ravages de l'autocratie. Mais faire se côtoyer les destins de l'illustre poète Mikhaïl Lermontov (1814-1841),du révolutionnaire, propagandiste, anthropologue et romancier Vladimir Tan Bogoraz (1865-1936), de l'écrivain anarchiste Victor Serge (1890-1977), antistalinien, auteur de S'il est minuit dans le siècle, et d'Anatoli Martchenko (1938-1986), l'un des derniers dissidents russes à être mort en détention au Goulag, c'est aussi proposer une histoire informelle - encore que remarquablement documentée - de l'opposition à l'absolutisme russe sous toutes ses formes, de Catherine II à Vladimir Poutine. Enfin, à travers quatre « pèlerinages » de l'auteur - au Tatarstan, au Caucase, en Oural et jusqu'aux lointaines rives de la Kolyma -, c'est à la rencontre de « héros de notre temps » que le lecteur est invité.
Grand oublié de la mythologie, Diomède n'en est pas moins l'unique guerrier à qui Homère accorde l'honneur d'un chant complet dans l'Iliade. Mais une fois Troie rasée, alors que son comparse Ulysse doit errer dix ans avant de retrouver Ithaque, que devient Diomède ? Contraint à l'exil en Italie, où il fondera une série de cités (Brindisi, Luceria...), il devient un des précurseurs de la Grande Grèce, chanté par Virgile dans son Énéide. Dans une biographie où entre une bonne part de mythe, Jil Silberstein décide de placer ses pas dans ceux de son héros, en Grèce, en Turquie et dans les Pouilles. Chemin faisant, au fil des rencontres, il ne se contente pas de faire revivre un épisode de la civilisation mycénienne : c'est l'aventure même de la Grèce qu'il ressuscite, depuis le XIIe siècle avant notre ère jusqu'à un aujourd'hui marqué par le désastre économique et les camps de réfugiés. Ainsi s'étoffe un chant de gratitude à cette Grèce qui, dans sa jeunesse, avec l'irruption d'OEdipe roi, a transfiguré la vie de Silberstein.