Jean-pierre Boutinet
Jean-pierre Boutinet
Que s'est-il donc passé, dans les mutations de la vie adulte, depuis les années 1960 ? On magnifiait alors l'adulte en termes de développement de la personne, d'entrée dans la vie et d'inachèvement humain. Un tiers de siècle plus tard, nous nous retrouvons face à un individu incertain, parfois requalifié d'individu en friche. Dans une culture de transition à la recherche de nouveaux repères, la vie adulte a perdu ses perspectives maturationnelles, pour devenir l'âge problématique des défis à affronter : ceux liés à l'avènement d'une civilisation de l'immatériel, ceux d'une crise de l'action instrumentale, ceux aussi de temporalités malmenées et en voie de recomposition. Aussi, à l'instar des autres âges générationnels, la vie adulte s'identifie-t-elle désormais à une période existentielle faite de grandes perplexités génératrices de formes d'immaturité. Celles-ci vont se manifester, entre autres, dans des crises transitionnelles, un mal de reconnaissance identitaire, des situations limites à vivre, une expérience à régulièrement recycler, la tyrannie d'une multitude de décisions à prendre. À travers ces différentes épreuves, se manifeste une figure plurielle de l'immaturité, en même temps que s'impose une déconstruction du concept de vie adulte comme catégorie d'âge homogène. Cette catégorie ne relève plus de la banale normalité, mais d'un traitement que l'actualité rend de plus en plus capricieux. C'est ce traitement qui est ici identifié et situé face à un possible escamotage à venir de la vie adulte : un tel escamotage réduirait le cycle de vie à une dichotomie, d'une part une jeunesse adolescentrique qui se prolongerait indéfiniment, d'autre part un vieillissement de plus en plus précoce qui fait de notre société une société gérontocratique. La vie adulte en serait alors réduite à n'être qu'un passage plus ou moins flou, plus ou moins durable, entre les deux étants.
Il s'agit d'interroger la spécificité scientifique des recherches et réflexions portant sur l'éducation et la formation des adultes. Des critères de légitimité disciplinaire limitent de plus en plus les espaces réservés à la formation des adultes. Ce numéro dresse un bilan, et ouvre sur des enjeux d'avenir, en particulier la question de la transmission générationnelle.
Que signifie « être adulte » ? Quels sont les enjeux qui se profilent derrière les évidences de cette situation ? Historiquement, la définition de cette période de la vie a beaucoup varié, et chaque époque a privilégié un âge : le chérubin a fait rêver le siècle des Lumières, tandis que l'adolescence a focalisé les regards de notre modernité. L'allongement continuel de l'espérance de vie et l'enracinement d'une civilisation des loisirs ont déplacé aujourd'hui l'attention vers les personnes âgées. Mais au-delà du premier, du troisième voire du quatrième âge, qu'en est-il donc du deuxième âge ?
Comment pense-t-on son devenir personnel ou celui d'une collectivité?? Par le projet, à travers lequel nous concrétisons nos intentions et les communiquons à notre environnement, que nous laissons juge de leur contenu. Ce recours obligé au projet dans nos vies quotidiennes s'inscrit dans une dynamique qui voit poindre sous les conduites à projet des cultures de projet. Jean-Pierre Boutinet définit ce qu'il faut entendre par ces deux notions. Il explicite ce qu'il en est de la méthodologie du projet et de ses dérives, de l'élaboration de celui-ci jusqu'à son évaluation, en passant par sa réalisation, sans oublier de prendre en compte les trois paramètres essentiels, constitutifs de toute situation à projet : l'espace, le temps et les acteurs.
Cet ouvrage est issu d'un projet commun du Groupe de recherche sur l'accompagnement des Universités de Tours et d'Angers, élaboré au début des années 2000 qui s'est concrétisé par un colloque international en mai 2003 et poursuivit par un travail de synthèse et de critique. Il existe en effet une grande diversité des modes d'accompagnement et cet ouvrage présente un bilan à la fois historique, méthodologique et pratique à partir de situations professionnelles analysées. Une ouverture finale présente les « futurs » possibles de l'accompagnement.
Dans notre société, un nombre croissant de personnes engagées dans des activités professionnelles, associatives ou autres activités, vivent l'agenda sur un mode « tyrannique » dès qu'il s'agit de fixer une rencontre ou même honorer des engagements pris antérieurement. Pourquoi cette nouvelle tendance à de multiples lamentations sur la « fuite du temps » qui certes n'est pas nouvelle mais semble provoquer stress, désorganisations et incompréhensions ? Il semble que nos coordonnées temporelles de prévision et de prospection évoluent et que cette mutation induit des temporalités inédites qualifiées de modernes. Le but de ce livre est de donner les outils théoriques pour comprendre les manifestations de cette fracture culturelle de rapport au temps. En mettant en évidence les pratiques sociales générées ces dernières années autour des conduites à projet, l'auteur essaie de définir les contours culturels de ces nouvelles temporalités.
En partant de la grande diversité des évaluations de projet ou de la constitution fréquente aujourd'hui de monographies de projet, il est possible d'identifier les règles incontournables sans lesquelles tout projet va se trouver inévitablement malmené ; mettre en évidence ces règles, c'est faire oeuvre de grammairien cherchant à définir le cadre incontournable à l'intérieur duquel va pouvoir se déployer l'espace de possibles que va utiliser l'écriture d'un projet ; ces différentes règles sont ici passées en revue, depuis l'art du jet et la démarche itérative du travail de conception et de réalisation jusqu'à la rose des vents des projets, la sémiotique des acteurs, en passant par le bon usage des paronymes du projet, les sept grandes familles de projet et les relations capricieuses entre programme et projet. Ces neuf règles identifiées permettent d'esquisser les caractéristiques fondatrices de toute conduite de projet.
A l'école des Goélands, Martine apprend à naviguer à la voile. Avant de manoeuvrer soi-même un bateau, le moniteur explique tout ce qu'il faut savoir sur la navigation. Puis viennent les exercices et enfin on peut aller sur l'eau. Même Patapouf monte à bord ! La voile, c'est une question d'entrainement et aussi un travail d'équipe...
Valérian, le plus grand space-opéra publié par des auteurs français, nous entraîne dans un monde et un futur lointains. Le duo est constitué d'agents spatio-temporels : Valérian et Laureline. C'est à bord d'un vaisseau affrété par Galaxity, capitale de l'Empire Terrien, qu'ils se déplacent pour vivre des aventures hautes en couleur. Les scénarios font d'habiles clins d'oeil à notre époque, mettant en scène tyrans et dictateurs, souvent bien proches de ceux de notre 20ème siècle. Le dessin est classique mais doué d'une fantaisie qui donne une saveur rarement égalée aux créatures monstrueuses ou sympathiques que croise Valérian. Grâce à des histoires formidablement inventives, les auteurs de Valérian ont su séduire le public le plus large possible depuis 1967, année de création de cette série pour l'hebdomadaire PILOTE. L'album Les Habitants du Ciel constitue une étonnante "encyclopédie loufoque" détaillant chacune des créatures qui apparaissent dans les 13 albums.