Jean-marie Seillan
Jean-marie Seillan
À quoi tient la cohérence toujours problématique d'un personnage de roman ? De quels antécédents littéraires, intellectuels ou affectifs hérite-t-il l'illusion temporaire d'existence que le lecteur réussit ou renonce à lui accorder ? Quels fils le texte manoeuvre-t-il pour Ce faire se dresser et se mouvoir ? Et que se passe-t-il exactement lorsque ces fils, apparemment trop tendus, laissent le personnage suspendu foin au-dessus du sol, ou bien encore quand ces fils s'entrecroisent et s'embrouillent au point de le faire s'affaisser ? Questions posées ici aux personnages de Corinne ou l'Italie de Germaine de Staël, que l'agrégation, Capitole des temps modernes, a choisi de couronner d'une gloire renouvelée, Par des biais différents - le motif structurant du voyage, l'éthique des Lumières, l'héritage légué par les « âmes sensibles », la délicate gestion du pathétique - ces quatre lectures, présentées et discutées fors d'une journée de réflexion organisée à l'Université de Nice-Sophia Antipolis, s'efforcent d'apporter des éléments de réponse. J.-M. Seillan
Les discours tenus aujourd'hui sur l'Afrique restent pour une large part pénétrés des fantasmes nourris par la conquête coloniale à la fin du XIXe siècle. Pour les saisir à leurs origines, l'auteur de ce livre est remonté aux sources du roman colonial français. De la visite d'un continent alors si mal connu qu'on pouvait tout en dire, il ressort que la France, ligotée dans les certitudes rigides du positivisme, du nationalisme et du radicalisme, a rencontré l'Afrique à la pire époque de son histoire intellectuelle, au point de faire d'elle le laboratoire fictionnel de ses songeries génocidaires, voire de ce qui apparait après coup comme un protofascisme français.