Jean-marc Ceci
Jean-marc Ceci
À l'âge de vingt ans, le jeune Kurogiku tombe amoureux d'une femme qu'il n'a fait qu'entrevoir et quitte le Japon pour la retrouver. Arrivé en Toscane, il s'installe dans une ruine isolée où il mènera quarante ans durant une vie d'ermite, adonné à l'art du washi, papier artisanal japonais, dans lequel il plie des origamis. Un jour, Casparo, un jeune horloger, arrive chez Kurogiku, devenu Monsieur Origami. Il a le projet de fabriquer une montre complexe avec toutes les mesures du temps disponibles. Son arrivée bouscule l'apparente tranquillité de Monsieur Origami et le confronte à son passé. Les deux hommes sortiront transformés de cette rencontre. Ce roman, d'un dépouillement extrême, allie profondeur et légèreté, philosophie et silence. Il fait voir ce qui n'est pas montré, entendre ce qui n'est pas prononcé. D'une précision documentaire parfaite, il a l'intensité d'un conte, la beauté d'un origami.
À l'âge de vingt ans, le jeune Kurogiku tombe amoureux d'une femme qu'il n'a fait qu'entrevoir et quitte le Japon pour la retrouver. Arrivé en Toscane, il s'installe dans une ruine isolée où il mènera quarante ans durant une vie d'ermite, adonné à l'art du washi, papier artisanal japonais, dans lequel il plie des origamis. Un jour, Casparo, un jeune horloger, arrive chez Kurogiku, devenu Monsieur Origami. Il a le projet de fabriquer une montre complexe avec toutes les mesures du temps disponibles. Son arrivée bouscule l'apparente tranquillité de Monsieur Origami et le confronte à son passé. Les deux hommes sortiront transformés de cette rencontre. Ce roman, d'un dépouillement extrême, allie profondeur et légèreté, philosophie et silence. Il fait voir ce qui n'est pas montré, entendre ce qui n'est pas prononcé. D'une précision documentaire parfaite, il a l'intensité d'un conte, la beauté d'un origami.
'Des ordres fusent, des insultes du genre "on va l'éduquer ce fils de pute". Le moteur de la jeep militaire crache une fumée insupportable. C'est l'époque où l'on vit dans la peur, où l'on parle à voix basse, en soupçonnant les murs de retenir les phrases prononcées contre le régime, contre le roi et ses hommes de main. Avant de repartir, l'un des deux soldats dit à mon père : "Demain ton rejeton doit se présenter au camp d'El Hajeb, ordre du général. Voici le billet de train, en troisième classe. Il a intérêt à ne pas se débiner."' En 1965, sous le règne d'Hassan II au Maroc, quatre-vingt-quatorze étudiants sont arrêtés pour avoir manifesté en faveur de la démocratie. Pendant dix-neuf mois, ils sont enfermés, humiliés, maltraités. Tahar Ben Jelloun a été l'un d'eux. La punition raconte au plus près ce que furent ces longs mois, qui le marquèrent à jamais et le firent secrètement naître écrivain.
Peihn, 12 ans, ne parle plus depuis trois ans. Chaque nuit, il fuit sur les toits pour y chercher dans les étoiles une réponse à son silence.