Jean-Yves Boriaud
Jean-Yves Boriaud
Rome, 1492 : un pape espagnol, aussi rusé que controversé, s’empare du trône de Saint-Pierre par la ruse et l’or.
" Dans une religion morte, il n'y a plus d'hérésies. " (André Suarès)L'ambition de ce livre est de retracer l'enchaînement logique qui conduisit une institution aussi solide que l'Église catholique à défendre son dogme au prix des innombrables condamnations à mort qui jalonnèrent son histoire. Il est vrai que ce dogme eut, tout au long des premiers siècles de notre ère, bien du mal à s'élaborer, de concile en concile, face à des " sectes " de toutes tailles surgies de partout et vite déclarées hérétiques dès qu'elles s'avisaient de mettre en cause la fragile construction de la Trinité : s'en prendre à elle, fut-il décidé, c'était s'attaquer directement à l'Église, image du Corps du Christ, ce qui légitimait une riposte punitive à la hauteur de ce crime de lèse-majesté. Partant, si les premiers temps de son existence virent les papes multiplier les " simples " excommunications, à partir des années 300, il fut jugé plus efficace d'impliquer dans les processus de répression des autorités politiques habilitées à prononcer des condamnations à mort. Se mit bientôt en place, avec le concile Latran IV (1215), une arme de guerre antihérétique d'une redoutable efficacité, la Sainte Inquisition, qui fit merveille notamment contre les " Parfaits " cathares, coriaces dissidents contre lesquels il fallut organiser une croisade sur le modèle de celles que l'on envoyait alors régulièrement contre les infidèles. La Renaissance, censée représenter une modernisation des esprits, fut loin de ralentir la répression contre des " hérétiques " souvent de haute volée, comme Jean Hus et Jérôme de Prague en Bohême, le dominicain Savonarole brûlé à Florence, le libraire Étienne Dolet exécuté à Paris, le carme Vanini à Toulouse, un autre dominicain, Giordano Bruno, à Rome. Et tant d'autres. Jean-Yves Boriaud raconte la naissance et les progrès de l'idée même d'hérésie, et examine les mécanismes partout mis en jeu pour rendre patent et aggraver ce péché mortel : diabolisation du dissident, assimilation de sa déviance à de la sorcellerie ou à des pratiques réputées criminelles... en lui laissant le moins d'espace possible pour une potentielle repentance, entendu que le spectacle même de son châtiment, soigneusement mis en scène, devait dissuader les foules spectatrices de tomber dans son infernale erreur. Un ouvrage original et édifiant, appelé à devenir un classique.
Mythes et réalités d'une des plus fascinantes familles de la Renaissance.Frappés par une sombre légende que chaque époque vient enrichir, les trois grands acteurs de la saga Borgia - Alexandre, César et Lucrèce - ne seraient qu'un empoisonneur, un assassin et une débauchée. Exceptionnellement romanesque, l'histoire d'une des plus fascinantes familles de la Renaissance est en réalité bien plus riche et plus nuancée. D'origine catalane, ces " Borja " vont réussir à imposer en trois générations deux papes à la chrétienté : en 1455 Calixte III, grand diplomate obsédé par le danger turc, puis en 1492 Alexandre VI, qui, s'il compromet sa fonction dans plusieurs scandales, donne à l'Église, par la force, un territoire comparable à ceux des États-nations contemporains. Son fils César, hidalgo flamboyant un moment égaré dans l'Église, lui en ménage donc un en Romagne, où sa politique expéditive lui vaut de devenir le modèle de Machiavel. À Rome, coupe-gorge où continuent à s'affronter les clans médiévaux, les rugueux Borgia rendent coup pour coup, jusqu'à l'effondrement final. C'est alors le temps de la revanche de la belle Lucrèce, plusieurs fois mariée selon les ambitions du clan. Devenue duchesse de Ferrare et l'une des plus belles figures féminines de l'époque, elle inaugure le temps de la repentance des Borgia, bientôt marqué par la personnalité torturée du jésuite Francesco, le saint de la famille. Sous la plume légère et savante de Jean-Yves Boriaud, la saga des Borgia se lit ainsi comme l'aventure exemplaire et tragique d'une ambitieuse dynastie de gens d'Église, entre pourpre et sang, bien loin de l'image trop répandue d'une brillante et douceâtre Renaissance italienne.
S'il est largement reconnu que la Grèce représente le berceau de l'idée d'Europe, cette vision omet de considérer qu'elle fut longtemps, aux yeux mêmes des Européens, une terre mystérieuse et « orientale », où s'aventurèrent pourtant, au fil des siècles, des Français de tous acabits, croisés en quête de gloire, pirates audacieux, religieux en quête de spiritualité, chevaliers en quête d'honneur, mais aussi antiquaires passionnés, botanistes curieux et archéologues déterminés... Ce livre nous invite à suivre la lente redécouverte, par ces aventuriers et intellectuels-voyageurs, de l'idée même de la Grèce, avant que n'émerge en France un philhellénisme qui se fit, avec les progrès de l'Histoire, de plus en plus vibrant, jusqu'à l'implication des armes françaises dans la guerre d'indépendance grecque. Bien que les relations entre les deux pays aient parfois été tumultueuses, ce philhellénisme, mis à l'épreuve maintes fois, durant et après la Seconde Guerre mondiale, reste aujourd'hui encore une pierre angulaire de l'esprit démocratique français. Jean-Yves Boriaud, professeur émérite de langue et littérature latines à l'Université de Nantes, spécialiste de la Rome renaissante, a notamment publié Les Borgia (Perrin) et Histoire de Rome (Fayard), et traduit des grands textes humanistes. Il a reçu en 2015 le prix Provins Moyen Âge pour sa biographie de Machiavel.
La seule biographie véritable du maître de la Renaissance. Lorsque l'on aborde la vie de Léonard de Vinci, deux écueils sont à éviter : placer l'artiste au-dessus de la condition humaine et en faire une sorte de génie aussi énigmatique qu'impénétrable ou, au contraire, réduire son existence à quelques épisodes incertains voire fantasmés de sa vie privée – comme sa prétendue sexualité débridée. Loin des idées reçues et légendes tenaces, cet ouvrage nous invite à emprunter le véritable parcours de Léonard, du petit village toscan de Vinci dans lequel il naît en 1452, à Amboise, en France, où il s'éteint en 1519. Tout en suivant ses progrès dans les nombreuses disciplines auxquelles il s'essaye (dessin, peinture, bronze, architecture, mathématiques, etc.), nous voyageons au cœur de l'Italie renaissante : nous découvrons l'atelier de Verrocchio, à Florence, dans lequel le jeune peintre fait ses armes ; nous visitons Milan, où il se met au service de la puissante famille Sforza ; à Rome, nous rencontrons les Médicis (le pape Léon X et le duc de Nemours) qui admirent et protègent ce polymathe hors du commun ; enfin, dans la vallée de la Loire, à la cour de François Ier, nous revivons les dernières années du maître. S'appuyant principalement sur des sources primaires – notamment les foisonnants Carnets du peintre –, Jean-Yves Boriaud se place ici en historien de l'art et analyse finement les conditions de réalisation des œuvres magistrales de Léonard (Cène, Joconde, Saint Jean-Baptiste, etc.), mais aussi l'histoire de ses nombreuses productions inachevées (cheval des Sforza, portrait d'Isabelle d'Este…). Ainsi, il parvient à nous offrir le premier portrait fidèle et authentique de cette figure emblématique de la Renaissance.
L'histoire d'une des plus fascinantes familles du Quattrocento italien.Le siècle dit " des Médicis " passe pour un moment d'exception, un modèle d'équilibre politique comme de perfection esthétique. Au xve siècle affluent effectivement à Florence, en ce brillant Quattrocento, artistes, architectes, érudits et philosophes qui en font le phare de la Renaissance italienne. Mais rien n'aurait été possible sans la toile économique patiemment tissée depuis des dizaines d'années par les fondateurs méconnus de la dynastie des Médicis, des banquiers qui, en dépit des graves soubresauts qui agitèrent l'histoire de la ville, montèrent un réseau de succursales qui firent la fortune de la famille. Fort de sa connaissance intime de la période, Jean-Yves Boriaud montre comment les Médicis, appuyés sur cette solide infrastructure, réussirent à s'emparer, sous Cosme (1434-1464) puis Laurent " le Magnifique " (1469-1492), de la réalité du pouvoir politique dans cette " république " aux rouages compliqués et à conforter cette puissance en se constituant une cour de haute culture, à même de célébrer les exceptionnels mérites du clan. Cela avant que le système montre ses limites et qu'en sollicitant à l'excès les ressources de la banque familiale, Laurent et ses successeurs ne le conduisent à l'échec final, la faillite de 1494. L'ascension, l'apogée et la chute d'une famille mythique, racontée avec brio par l'historien des Borgia.
"Rodrigo de Borja est devenu le pape Alexandre VI en 1492. Père de César et de Lucrèce, il a inspiré Machiavel lors de l'écriture du Prince. La famille Borgia, telle une hydre à trois têtes, a intrigué contre les puissantes familles de la Renaissance : les Sforza, les Visconti, les Orsini... Dans cette biographie, Jean-Yves Boriaud déroule le fil de cette histoire familiale, qui s'entremêle avec la création d'un état pontifical, parmi les princes renaissants de l'Italie troublée du nord. La Légende noire, qui prendra naissance à la mort d'Alexandre VI, permettra la critique ultérieure de la papauté et encouragera sa révision en profondeur. Cette légende sera reprise par les Protestants au XVIIe siècle puis au XIXe par les Romantiques, dont Victor Hugo et son célèbre ouvrage Lucrèce Borgia. Jean-Yves Boriaud dégage la vérité historique de ces intrigues, complots et mystifications qui ont traversé les siècles et nous raconte la véritable histoire de cette famille puissante." Claude Colombini Frémeaux Partie 1 - L'ascension des Borgia : Les Borja d'Espagne - Alonso de Borja nommé Cardinal à Rome - Calixte III - Rodrigo Borgia - Le conclave de 1492 - Le pape Alexandre VI. Partie 2 - La construction d'un état pontifical : Les enfants d'Alexandre - César, chef de guerre - Lucrèce. Partie 3 - La fin de la dynastie. La Légende noire : L'année 1500, jubilé de la chrétienté - César et la conquête de la Romagne - S'enrichir à tout prix - La mort d'Alexandre VI - La fin de César - Les Borgia, la Légende noire.
Le temps des oeuvres n'est pas le temps fini de l'écriture, mais le temps infini de la lecture... La littérature, selon Borges, n'est pas un sens tout fait, une révélation que nous avons à subir : c'est une réserve de formes, qui attendent leur sens, c'est l'imminence d'une révélation, qui ne se produit pas, et que chacun doit produire pour lui-même.
Et sexy krydder for de faste partnerne hjemme i hverdagen og på get-away fra jobb, hus og barn. Dette er en erotisk novellesamling fra Cupido. Novellesamlingen inneholder følgende noveller: «Hun visste han var en kikker, onanist og fetisjist. En dag tok hun ham i skole, blottet seg og krevde gjenytelser.» - Ling'O av Phóton «De ble som 16-åringer igjen, men nå var begge gift, hver på sin side, og da blir gode råd dyre.» - Klassefesten av Solstrålen, Oslo «Mens han så missekandidatene på catwalken oppdaget han at kameratens kone kone hadde sneket seg under bordet han satt ved.» - Missekåring av Kitty Marekatt "Hun gikk hånd i hånd med sin elsker. Regnet høljet ned, og de søkte tilflukt i en tom kinosal." - Inkognito i Bergen av Drageprinsessa, Sør-Trøndelag
Dans cet ouvrage, on s'est d'abord efforcé de présenter - sans s'en tenir à un simple exposé de faits littéraires - ce qui, dans l'histoire des sensibilités, des mentalités, des convictions et des techniques, permit l'éclosion du phénomène renaissant et de la valeur qui le fit exister : l'humanisme. Pareille approche permet alors d'éclairer, genre par genre (poésie, théâtre, formes narratives), les bouleversements générés par cette révolution des esprits, de les suivre de la fin du « Moyen Âge » jusqu'à la lisière de l'époque classique, et de tracer enfin, en les confrontant, les linéaments des figures emblématiques des deux temps essentiels de la Renaissance, Rabelais et Montaigne. Outil indispensable pour les étudiants de premier cycle d'université et de classe préparatoire aux grandes écoles en lettres, cet ouvrage ne manquera pas d'intéresser, par sa clarté et sa richesse, enseignants et esprits curieux.
La biographie de référence de Niccolo Machiavelli (1469-1527), le plus célèbre des penseurs italiens de la Renaissance, philosophe, théoricien de la politique, de l'histoire et de la guerre.La biographie de référence de Niccolo Machiavelli (1469-1527), le plus célèbre des penseurs italiens de la Renaissance, philosophe, théoricien de la politique, de l'histoire et de la guerre. Synonyme de cynisme compliqué de rouerie, le " machiavélisme " a éclipsé Niccolò Machiavelli, Italien de la classe moyenne devenu diplomate, qui courut les routes d'Europe pour le compte de Florence : il connut la cour française de Louis XII, l'Allemagne de Maximilien Ier et la Rome des Borgia, qui lui apprit tant de choses sur les ressorts les plus sombres de l'âme humaine. Cela pour la défense de sa patrie, qu'il aimait, dit-il, " plus que tout ", cité opulente, mais si petite qu'il lui fallut toute sa dialectique afin d'assurer sa survie au milieu des guerres d'Italie. Ce républicain, que les Médicis emprisonnèrent, torturèrent et exilèrent, écrivit en 1513, une fois chassé du pouvoir, le bref traité du Prince où, pour la première fois dans l'histoire de la pensée politique occidentale, l'efficacité prenait le pas sur la morale. Sans oublier un Art de la guerre qui renouvelait la doctrine militaire du temps et le commentaire de Tite-Live où les jeunes États-Unis vinrent chercher les fondements de leur Constitution. Pour ses contemporains, il fut aussi un auteur de théâtre à succès, un bon vivant grand ami des actrices, avant qu'une légende noire, forgée à la toute fin de sa vie, n'assombrît définitivement l'image de ce penseur libre venu apprendre au monde, qui ne le lui pardonna pas, que l'homme, foncièrement, est mauvais.
L'Histoire se contredirait-elle, reviendrait-elle soudain sur ses pas? Depuis plusieurs décennies, elle opère un retournement surprenant qui bouleverse nos conceptions du monde et notre vision de l'avenir. " Aucun des phénomènes historiques les plus marquants de notre temps n'avait été prévu. La crise financière qui suivit celle des subprimes et qui fut bientôt accompagnée d'une récession économique en guise de croissance ininterrompue ? Telle fut bien la surprise. Tout comme la chute du régime soviétique, le passage des pays de l'Est au libéralisme, prit de court hommes politiques et spécialistes. Il en a été de même, tant à l'occasion de la Révolution iranienne de 1979 qu'à l'explosion du World Trade Center en 2001 et à la connaissance des objectifs de l'islam extrême. Et nous ne reviendrons pas sur ce retournement que fut également la réémergence de maladies, inimaginables il y a quarante ans, et qui a constitué un effet pervers du progrès. Tous ces phénomènes, et d'autres encore, furent également inattendus. On se demande comment peut régner une telle myopie, alors que nos sociétés disposent de bataillons entiers de centres de chercheurs et d'experts, dans toutes les disciplines. " Marc Ferro.Marc Ferro nous montre comment les nombreuses figures du retournement de l'Histoire ont transformé et forgé notre monde contemporain, à l'encontre de toutes nos prévisions ou espérances. Il nous invite ainsi à penser autrement les sociétés de demain.