Jean-Yves Authier
Jean-Yves Authier
Qui n'a jamais évoqué avec ses proches, ses amis ou ses collègues, ses voisins, ou entendu ceux-ci parler de leurs voisins ? Tout le monde ou presque vit avec des voisins et chacun est le voisin d'autres personnes. C'est pourquoi les relations de voisinage constituent un fait social de grande importance. Elles sont l'objet de nombreux discours (communs, médiatiques, politiques) et au coeur d'une pluralité d'actions et de dispositifs, privés ou publics, qui visent à les développer, à les renforcer, ou au contraire à les réguler, afin de bien ou mieux vivre ensemble. Mais comment voisine-t-on ? Basé sur une grande enquête menée dans différents contextes résidentiels (quartiers bourgeois, quartiers populaires, petites villes périurbaines, communes rurales), cet ouvrage répond à cette interrogation en montrant ce que voisiner veut dire aujourd'hui. À travers leurs analyses, les auteurs apportent un regard novateur sur les questions de mixité sociale, de ségrégation, de cohabitation, d'inégalités urbaines et d'intégration sociale.
Omniprésent dans les médias, mais aussi dans le champ politique et dans le langage ordinaire, le terme « bobo » n'est pas neutre. Son usage et ses variantes (« boboïsation », « boboïsé ») tendent à simplifier, et donc aussi à masquer, l'hétérogénéité des populations et la complexité des processus affectant les espaces urbains qu'ils prétendent décrire. En réduisant les « bobos » à des caricatures, on juge des caractères, des intentions et des volontés, en oubliant que les représentations et les pratiques des individus et des groupes sociaux prennent place dans des trajectoires singulières et un monde hiérarchisé. Ainsi, scientifiquement parlant, les bobos n'existent pas, et des expressions telles que « boboïsation » ou « boboïsé » ne conviennent pas pour saisir et caractériser la diversité des logiques et des mécanismes, voire, parfois, les contradictions à l'oeuvre dans les phénomènes de « gentrification ». C'est ce que montre cet ouvrage, qui propose un regard historique et sociologique sur le mot « bobo » et ses usages dans les univers médiatiques, politiques et culturels, comme dans les discours des populations impliquées.
Comment les quartiers anciens des centres-villes se transforment-ils aujourd'hui ? Comment, en particulier, parviennent-ils à se réinsérer dans des ensembles urbains plus vastes ? Quels rôles les diverses populations en présence jouent-elles dans les phénomènes de recomposition de ces espaces locaux ? C'est à ces questions sensibles que s'efforce de répondre cet ouvrage en proposant une analyse minutieuse des multiples processus qui ont façonné, au cours des dernières décennies, l'évolution du quartier Saint-Georges, situé à l'intérieur du Vieux-Lyon, à la marge du prestigieux quartier Saint-Jean. En retraçant ainsi au fil du temps la vie de ce lieu et de ses habitants, ce livre nous entraîne dans l'histoire récente de Lyon, en même temps qu'il nous éclaire sur la sociologie de la ville, à l'échelon même du quartier, replacé dans le contexte de la ville.
Réunis au sein du comité de recherche « Sociologie urbaine : villes, sociétés et action publique » de l'Association internationale des sociologues de langue française, douze jeunes chercheurs apportent un regard neuf sur des questions fortes de la sociologie urbaine, notamment la ségrégation, la production et l'expérience de la ville. Pour les aborder, ils mobilisent d'autres disciplines ou d'autres champs de la sociologie - la famille, l'action publique, le travail -, et renouvellent les méthodes et les terrains. Il en ressort un tableau complexe, où le nouveau centre d'affaires d'Istanbul côtoie le périurbain, l'espace public ou les quartiers gentrifiés de Paris, Montréal ou Milan, au même titre que les copropriétés fermées, légales ou non, d'Amérique latine. L'espace-temps des travailleurs saisonniers rencontre celui du retour en vacances au « bled » ou celui, quotidien, des jeunes habitants de « zones urbaines sensibles » franciliennes. Mais toutes ces recherches convergent sur un point : elles marquent le retour de l'espace dans la sociologie urbaine.
La ville est aujourd'hui à la fois territoire et unité de vie collective, milieu et enjeu, cadre physique et noeud de relations entre les êtres sociaux. Ce livre montre comment les concepts et les méthodes de la sociologie peuvent être mobilisés pour l'étude de la vie urbaine. Cette dernière est saisie dans les tensions qui la traversent : tensions entre distance et proximité, entre localisation et mobilité, entre diversité et intégration, entre lignes de force qui commandent le devenir des villes et la gestion collective. Comment s'organisent de nos jours les coexistences en milieu urbain et la mise en cohérence des actions publiques ? À l'heure où les ancrages territoriaux des citadins se diversifient et où les espaces sociaux se fragmentent, dans quelle mesure la ville fait-elle encore société ? Cette 4e édition actualisée apporte toutes les réponses nécessaires.