Jean Wagner
Jean Wagner
Le Duc est un homme tranquille. Veuf, il vit à Malakoff, aux portes de Paris, dans une de ces petites rues paisibles, aux allures campagnardes, qui font le charme de la banlieue. Il lit, il écoute des disques de jazz, dont il est grand collectionneur, il marche. Il regarde grandir et travailler son fils, Mathieu, jeune mulâtre qui suit les cours de l'École normale supérieure. La paix, dans l'immobilité. Et puis, un jour, Mathieu et assassiné. Son meurtrier, un loubard, Charlie, est arrêté. Comme il semble se repentir, il est condamné à une peine légère. Le Duc n'a pas assisté au procès : il est désintéressé. Au long de jours, de mois et d'années, où seule sa passion du jazz le maintient en vie, il s'installe dans l'attente... L'attente de la libération de Charlie. Que fera alors le Duc ? Les grandes douleurs sont muettes, dit-on. Ainsi de l'histoire de cet homme, qui va silencieusement son chemin, se fiant à son coeur. Une histoire belle et simple, comme on n'en lit plus guère. Et qui touche.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Une clocharde assassinée. Tout juste de quoi alimenter la rubrique des faits divers. C'est avec cet a priori que Robert Busson, reporter au Journal, part en mission dans le Nord de la France, flanqué d'une jeune stagiaire. De ville en ville, l'inconnue reprend vie sous le faisceau des témoignages. Presque les sunlights de la scène ! Cette remontée dans le temps révèle, comme l'épreuve positive d'un cliché, une femme brillante, fille de notable, médecin, militante. Et soudain, la rupture, la chute. Dès lors, l'enquête banale se transforme en quête obsessionnelle de la vérité. Il appartiendra au journaliste, saisi par la dimension tragique d'un être voué à la déchéance, de consacrer plus qu'un simple écho au silence de la morte. L'auteur élargit son étude de moeurs provinciales, menée en milieu clos, à une peinture de la société. De même, sur la trame d'un polar, il bâtit un roman qui est une véritable réflexion sur la destinée.
Un homme. Qu'est-ce qu'un homme ? C'est un regard, un geste, une parole. On le voit de face, mais on le voit aussi de profil : Picasso, entre autres, nous en a montré l'évidence. Ainsi, Gilles, le héros de ce roman. Il monte la garde dans un kibboutz en Israël, mais il s'est battu, aussi, jadis, en Allemagne et en Indochine. Et il sera, par la suite, un minable photographe de presse. C'est le même homme pourtant. Il a aimé des femmes. Il en a rencontré d'autres qu'il aurait pu aimer. Il est à la fois toujours le même, et toujours différent. Pourtant, c'est un portrait en pied que l'auteur a voulu faire. Mais la vie est un désordre. Un être que l'on veut regarder de face, ne montre au même moment que son profil. Alors, sans cesse le peintre recommence, et juxtapose les esquisses pour saisir l'insaisissable. Inlassable, le peintre utilise les mêmes couleurs : le romancier, ici, l'imite. Il a l'air de se répéter quand il ne fait qu'approfondir. Les mêmes métaphores, les mêmes mots emplissent chaque page de ce roman. Ils reviennent, entêtants comme le « khamsin », ce vent du désert qui exacerbe tous ceux qui ont choisi de vivre au Neguev.
La poésie noire américaine constitue, ainsi qu'on l'a reconnu de longue date, un élément majeur de l'expression lyrique aux États-Unis. Cette importance, elle la doit à sa vitalité et à sa valeur littéraire intrinsèque, comme à sa signification profonde, en tant qu'expression du sentiment religieux et racial du Noir américain. Pourtant, ce n'est que récemment, avec l'imposant ouvrage de Jean Wagner - dont "Les poètes noirs des États-Unis" est une version abrégée - qu'une étude d'ensemble sur les poètes noirs américains a vu le jour. "Les poètes noirs des États-Unis" s'ouvre sur une brillante introduction, dans laquelle sont esquissées l'histoire et la psychologie sociologique du Noir en Amérique, ainsi que les origines de l'expression lyrique noire, telle qu'elle se traduit dans les spirituals et les blues. Le texte comporte des analyses détaillées, et solidement documentées, de la vie et des oeuvres des poètes noirs américains de premier plan : Paul Laurence Dunbar, Claude McKay, Jean Toomer, Countee Cullen, James Weldon Johnson, Langston Hughes et Sterling Brown. D'autre part, les analyses sont illustrées, pour chacun de ces poètes, d'une sélection riche et variée de textes, dans leur traduction française. Pour le lecteur qu'intéressent la littérature et l'histoire américaines en général, et la littérature noire en particulier, "Les poètes noirs des États-Unis" constitue un indispensable ouvrage de base.
Gérard Le Gouic est breton, un Breton qui, après avoir traîné ses guêtres à Paris et en Afrique Noire, a choisi de vivre à Quimper. Autrement dit, Gérard Le Gouic qui, depuis les premiers vers de son premier recueil n'a jamais cessé de parler de la Bretagne, a décidé de faire rejoindre sa vie et ses mythes. La Bretagne n'est pas seulement pour lui un thème d'inspiration mais, avant tout, une manière de vivre. Le propos des quelques pages qui vont suivre sera de montrer que la vision du monde de Gérard Le Gouic est, au coeur même de son langage, déterminé par le pays qui l'a vu naître. Cet ouvrage est paru dans la collection "Visages de ce temps" dirigée par Jean Digot.