Jean-Pierre Esquenazi
Jean-Pierre Esquenazi
15 octobre 1940. L'Europe est en guerre et les États-Unis affichent leur volonté de rester en dehors du conflit. Charlie Chaplin lance alors sa bombe : Le Dictateur. S'appuyant sur une peinture à la fois burlesque et terrifiante du nazisme et de son incarnation, Adolf Hitler, le film en est une dénonciation explicite, au moment même où les troupes allemandes envahissent l'Europe. Un tour de force rendu possible par l'indépendance artistique et financière de Chaplin, qui lui a permis de ne pas plier malgré les pressions. C'est à travers l'analyse de scènes clés et des partis pris cinématographiques de Chaplin, l'étude des personnages et de leur évolution, ainsi que par l'examen des différents niveaux de discours que l'auteur répond à la question essentielle et toujours vive : comment, en tant qu'artiste, dénonce-t-on une situation intolérable ? Comment réalise-t-on un film politique, notamment dans un contexte brûlant ?
Chaque film à sa manière nous apprend le cinéma : les questions que le réalisateur et son équipe se sont posées affleurent dans le récit, elles émergent de l'enchaînement des images et des sons. Pour qui veut bien s'y montrer attentif, un film peut devenir, non pas un manuel, mais un guide. Cet ouvrage suit à la trace cinq questions posées par cinq films ou ensembles de films, des questions que ces oeuvres se posent d'abord à elles-mêmes. La mise en scène en est profondément marquée : la pratique de l'analyse de film devient dans cette perspective - au-delà du plaisir que l'on peut prendre à redécouvrir, explorer, ausculter parfois un film qu'on a aimé - un instrument de réflexion sur le cinéma, sur des problèmes propres à l'art cinématographique.
Comment se manifeste la subjectivité à l'intérieur du film ? De quelles façons l'auteur y est-il présent ? Une interrogation sur les manières dont le film porte trace du "je" qui le prend en charge selon trois approches : 1) des perspectives d'ensemble de modèles pour saisir le fait subjectif ; 2) une analyse des différents types de rapport à soi-même (confession, autoportrait...) ; 3) des études de cas où Kiarostami, Kurosawa et Duras sont mis à contribution.
Ce numéro consacré à la fiction et à la figure du monstre s'articule autour de trois axes. Le premier porte sur les questions de constructions de la réalité confrontée au fait divers, dans la presse nationale, spécialisée ou le roman policier. Les auteurs s'interrogent ensuite sur les conditions de construction narrative de la figure du monstre dans les récits de faits divers en gé
Emmanuelle a un petit ami qu'elle va rejoindre de temps en temps. Elle croit l'aimer, mais lui?... Véronique, c'est un peu pareil. Elle voudrait s'engager un peu plus, mais lui ne veut pas. L'une et l'autre rêvent d'un amour unique, durable. Ces jeunes filles d'aujourd'hui m'émerveillent. L'intimité des relations vécues avec leur "ami" ne leur suffit pas. Elles voudraient plus, toujours plus, comme nous!
Deleuze s'est aventuré à l'intérieur du monde des oeuvres cinématographiques, en dressant une cartographie conceptuelle suscitée par les films eux-mêmes. Mais il n'a pas cherché à en extraire une méthode de l'analyse de film. Deleuze s'est aventuré à l'intérieur du monde des oeuvres cinématographiques, en dressant une cartographie conceptuelle suscitée par les films eux-mêmes. Mais il n'a pas cherché à en extraire une méthode de l'analyse de film. C'est la tâche à laquelle s'attaque ce livre. L'intuition fondamentale de Cinéma 1 : l'image mouvement - le cinéma est fait de mouvements, chaque film est composé par des mouvements spécifiques, des " mouvements de film " - est amplifiée, complétée et retravaillée à l'aide de concepts venus de l'ensemble de l'oeuvre deleuzienne : la territorialisation, le plissement, la bifurcation, l'idée de film, etc. Ce sont eux qui sont mis à l'épreuve dans des séquences choisies de films, de Barry Lindon à Margin Call. Chaque film apparaît comme le déploiement d'une question obsédante, dont la figuration se noue en mouvements spécifiques, panoramiques plissés, zooms coagulants, etc. Les problèmes classiques de l'espace et du temps, du sujet, du montage sont revisités et trouvent des solutions originales. . " Jean-Pierre Esquenazi, écrit Pierre Montebello dans sa préface, nous fait renouer avec le plaisir pris à voir, voir ce qu'on ne voyait plus, voir le mouvement même des images, une gestualité des images, un cinéma en actes. "
Phénomène de société autant que médiatique, les séries ont littéralement explosé sur nos écrans depuis une dizaine d'années. De secondaires, elles sont devenues bien souvent le principal « programme d'appel » de la télévision. Suivies avec passion par toutes les classes et tous les âges de la population, les séries télévisées font désormais partie intégrante de nos sociétés. Cet ouvrage, premier en son genre, cherche à comprendre ce phénomène culturel et artistique exceptionnel en en présentant les racines économiques et culturelles mais aussi en révélant les mutations qu'il a entraînées dans le système de production et les modes d'écriture. À travers de très nombreux exemples, de Star Trek à Six Feet Under, de Mission : Impossible à Sex in the City..., sont ici analysées et commentées ces nouvelles formes narratives et esthétiques qui mettent en scène des mondes complexes et s'attachent à révéler des personnalités en prise directe avec notre temps.
Comte de Carrick et seigneur d'Annandale, Robert Bruce revendique le trône d'Écosse. Or, pour vaincre les Anglais, il lui faut des mercenaires d'élite. Des Highlanders prêts à se battre pour sa cause. Comme Tor MacLeod, force de la nature, dévoué à son clan. Erik MacSorley, marin d'élite de la garde secrète de Bruce. Ou encore Arthur Campbell, surnommé la Vigie pour ses talents d'éclaireur. Les trois premiers tomes des Chevaliers des Highlands sont ici réunis en un volume.
Faisant fi de tout jugement formaté par l'intelligentsia, les téléspectateurs du XXIe siècle se sont emparés du phénomène « séries télévisées ». Comment expliquer ce goût si prononcé, quasi addictif, pour les séries ? Faut-il y lire, à la suite de ce que provoquent d'autres arts populaires comme la bande dessinée ou le polar, une envie de communiquer à l'unisson et de laisser entrer le héros des temps modernes dans l'intimité de notre quotidien ?
Nous reconnaissons aux médias la mission de relater les faits qui composent l'actualité et celle d'en proposer des explications plausibles. Ces faits et explications trouvent leur place dans des dispositifs spécifiques, journaux, magazines, émissions. Le projet de ce livre est de comprendre comment les médias accomplissent leur mission. Il propose une méthode simple, destinée aux étudiants depuis le premier cycle, pour permettre l'analyse du « discours des médias » écrits, sonores ou audiovisuels. De nombreux exemples (de Libération au Vrai journal en passant par Voici) permettent d'approfondir la démarche : la place des sources, l'élaboration des nouvelles, leurs degrés de vérité, les modèles d'événements, la définition des personnages de l'actualité, la création d'identités médiatiques, l'adresse au public, etc. sont examinés et décrits. L'écriture de l'actualité constitue le maillon indispensable entre production de l'information et consommation par le public. Aussi l'auteur forme-t-il le projet d'une sociologie du discours médiatique dont le rôle serait l'une des composantes clé et le plus souvent négligée d'une sociologie générale des médias.
Pour tous les amateurs de pâtes !
Attaché à la fois au savoir-faire hollywoodien et à l'écriture des polars des années 1930, héritier latéral de l'expressionnisme allemand et indirect des romans de Ann Radcliffe et de Matthew G. Lewis, le film noir reste attaché aux noms de Billy Wilder, Fritz Lang, Otto Preminger, John Huston, Nicholas Ray, Jules Dassin, etc. Un genre qui a révolutionné l'esthétique hollywoodienne, une épopée que raconte ici Jean-Pierre Esquenazi dans un livre admirablement documenté. Faire l'histoire du film noir, c'est examiner la vie d'une communauté d'intellectuels venus d'Europe ou de New York à Hollywood dans les années 1930, pas toujours à l'aise à l'intérieur du système hiérarchisé des Majors. Le genre naît comme une sorte d'accident industriel à la fin de la Seconde Guerre, sous le signe du défi à la censure des studios, obtenant un grand succès avant de subir de plein fouet le maccarthysme et son système de blacklistage. D'une lucidité amère, le film noir transforme les durs à cuire hollywoodiens en ratés effrayés et fascinés par des femmes fatales rebelles, et métamorphose les grandes métropoles en de gigantesques labyrinthes semblables aux châteaux hantés du gothique. Jean-Pierre Esquenazi retrace l'histoire et la sociologie d'un genre à la fois populaire et profondément critique, commercial et pourtant avant-gardiste, si souvent imité que ses thèmes apparaissent aujourd'hui convenus.
Ce travail de référence fournit des réponses argumentées aux questions très disputées de la nature et de la fonction sociales des oeuvres d'art. Après un retour sur les définitions classiques de l'oeuvre puis une revue critique des apports de la sociologie, l'auteur nous propose sa vision de l'oeuvre comme "processus symbolique intentionnel". Sur cet base, il passe ensuite au crible les travaux français et étrangers des dernières décennies sur un certain nombre de thèmes clé (fonctionnement des institutions de l'art et de la culture, théories de l'énonciation et de la déclaration des oeuvres, etc.). Nourri d'exemples, parfaitement au fait des apports comme des limites des cultural studies, l'auteur défend sans céder la thèse de l'égalité "sociale" de principe des objets d'art et de culture.