Jean Moulin
Jean Moulin
Juin 1940. Chartres, submergée par la foule des réfugiés du Nord, s'est simultanément vidée de ses propres habitants. Quelques unités combattantes en retraite la traversent encore, bientôt suivies par les premiers détachements de la Wehrmacht. Resté à peu près seul à son poste, le jeune préfet est convoqué par le vainqueur, qui veut le contraindre à signer un document mensonger portant atteinte à l'honneur de l'armée française. Le dramatique récit de Jean Moulin, dont le dépouillement fait la force, ouvre, le 17 juin 1940, le grand livre de la Résistance. Premier combat a été publié aux Éditions de Minuit en 1947, avec une préface du général de Gaulle. Sommaire : Préface - Introduction - Journal (Chartres 14-18 juin 1940) - Appendices - Témoignages.
"La voie qui m'a conduit de Béziers où je suis né il y a 100 ans, jusqu'à ce wagon du train Paris-Berlin d'où je vous parle, est loin d'être rectiligne. Passionné par le dessin, je ne suis entré dans l'administration que par obéissance à mon père. Il avait émis un voeu : ne pas mourir avant d'avoir vu son fils préfet. Je lui ai permis de réaliser ce dernier souhait. Le Front populaire, ma confrontation avec la barbarie nazie et ma rencontre avec le Général de Gaulle ont bouleversé ce qui aurait dû être ma carrière : la vie brillante, laborieuse mais sans surprise d'un haut fonctionnaire de la République. Mon arrestation à Caluire, les tortures de Klaus Barbie, les impératifs de l'Histoire ont fait de moi un héros. Ce personnage ne m'appartient plus. Mais laissez-moi vous raconter..."