Jean-Marc Theolleyre
Jean-Marc Theolleyre
1956 : un procès politique qui divise la France. Le procès des fuites de Jean-Marc Théolleyre plonge au cœur d’une affaire judiciaire où s’affrontent services secrets, hommes politiques et médias.
Le « Graouilly » de Metz est tout à la fois un mot aux consonances étranges et aux connotations énigmatiques, un monstre légendaire aux origines sacrées et obscures, une effigie festive et carnavalesque que l'on promenait rituellement dans la cité médiévale et la ville moderne. Plus généralement, le Graouilly appartient à la grande engeance des serpents-dragons mythiques qui ont été combattus victorieusement par des héros civilisateurs (saint Clément à Metz, sainte Marthe à Tarascon, saint Marcel à Paris, etc.) et qui plus tard sont devenus des emblèmes populaires et réjouissants de l'identité communale. Aussi cet ouvrage propose-t-il un parcours en trois étapes qui conduisent le lecteur à entrer d'abord dans l'univers symbolique de la bête messine « aux grandes, larges et horribles mâchoires bien endentées » dont parle Rabelais, à se familiariser ensuite avec quelques-uns des dragons les plus célèbres de l'imaginaire occidental (songeons à la « Bête » de l'Apocalypse ou encore au fameux combat de saint Georges), à suivre enfin les avatars de l'animal dans les processions folkloriques contemporaines et même dans la culture juvénile postmoderne. Dans la gueule du dragon est ainsi comme un voyage guidé dans un monde complexe et fascinant qu'une iconographie souvent inédite rend à la fois plus familier et... plus inquiétant. Nul doute cependant que le lecteur dévorera ce livre avec passion et raison.
Quelles sont les racines et les visages contemporains de l'extrémisme d'extrême droite en Europe ? Les Néo-nazis de Jean-Marc Théolleyre, journaliste et ancien déporté, plonge au cœur des réseaux.
Jean-Marc Théolleyre, c'est quarante-cinq ans de chroniques judiciaires au journal Le Monde, quarante-cinq ans à couvrir tous les grands procès, qu'ils soient politiques ou de droit commun, quarante-cinq ans au banc de la presse, poste d'observation privilégié pour étudier la justice, son fonctionnement, ses qualités mais aussi ses défauts, ses lenteurs, ses iniquités, ses bavures. Mais certaines de ces affaires ne sont pas seulement restées dans les mémoires à cause de la personnalité des accusés ou de l'énormité du crime. Dans beaucoup de ces "causes célèbres", c'est, sur tel ou tel point, la justice elle-même qui s'est retrouvée en posture d'accusée. Ainsi ont été remises en cause les enquêtes mal engagées et les instructions confuses avec Gaston Dominici, les brutalités policières avec Marguerite Marty, la quête des aveux soi-disant spontanés avec Deshays et Jean-Marie Deveaux, les condamnations excessives nées d'une ambiance malsaine avec Pauline Dubuisson, l'expertise scientifique avec Marie Besnard, l'expertise psychiatrique avec Georges Rapin dit Monsieur Bill, le parricide Gérard Dupriez et l'étrangleur Lucien Léger, la peine de mort avec Buffet, Bontems et Patrick Henry, les juridictions d'exception avec Raoul Salan et les chefs de l'O.A.S. Chacun de ces procès a mis à nu quelque défaut du système. Chaque fois, un débat s'est instauré et, de ces ratés, sont parfois sorties de grandes réformes. En quarante-cinq ans, d'indéniables progrès ont été ainsi réalisés. Pourtant le rêve d'une justice infaillible restera toujours poursuivi et jamais atteint. Pour longtemps encore, il arrivera que la justice soit "l'accusée", comme dans ces grandes affaires que Jean-Marc Théolleyre, avec son talent d'observateur et de conteur, nous permet de revivre comme si nous étions nous-mêmes au premier rang du public.
Pendant quinze ans, de 1947 à 1962, la France a traversé une des plus grandes crises de son histoire : son Empire, ébranlé par la Seconde Guerre Mondiale, s'est effrité avant de s'effondrer. Ce drame politique s'est joué dans les prétoires : les tribunaux d'exception et les cours d'assises ont eu à juger ceux qui, dans cette période, furent, au regard de la loi française, des comploteurs, des rebelles, des incendiaires ou des assassins. Au cours des audiences des tribunaux de Tananarive, Alger, Paris, on a vu comparaître des hommes qui ont suscité le désarroi chez les Français : les parlementaires malgaches en 1948, Henri Martin en révolte contre la guerre d'Indochine, Ben Sadok expliquant le sens du meurtre d'Ali Chekal, les membres du réseau Jeanson, Lagaillarde et ses compagnons des « barricades », Maurice Challe, Raoul Salan et Antoine Argoud. Des hommes politiques, des écrivains, des ecclésiastiques, partisans ou adversaires, vinrent témoigner, à ces audiences, du déchirement de la conscience française. La justice fut durement mise à l'épreuve, partagée entre le respect de a légalité et le souci de défendre l'ordre public. Jean-Marc Théolleyre, chroniqueur judiciaire au « Monde » fait revivre ici, jour par jour, ces « procès » qui ébranlèrent la France.