Jean-Luc Dallemagne
Jean-Luc Dallemagne
Comment construire le socialisme à l’épreuve des révolutions réelles ? Construction du socialisme et révolution revisite les expériences des États ouvriers, de Marx à Lénine, pour en tirer une théorie vivante de la transition.
Sous prétexte d'on ne sait quels « échangements », nombreux sont ceux qui renoncent à la dictature du prolétariat. Le projet autogestionnaire n'est que l'aboutissement de cette stratégie de « la main tendue ». Mais les dernières expériences révolutionnaires (Chili, Portugal) confirment que la bourgeoisie n'a pas, elle, renoncé à sa propre dictature. Et ce n'est pas en baissant le poing que le prolétariat l'en convaincra. C'est à le montrer, à partir de l'expérience du mouvement ouvrier, que s'attache l'auteur du présent ouvrage.
À nouveau le marxisme est combattu au nom du socialisme, tel que Staline l'a caricaturé dans le Goulag. Pour avoir cru qu'elle était la patrie du socialisme, les anciens adulateurs et les ennemis de toujours de l'URSS se rejoignent dans une même critique de Marx, à qui ils imputent la responsabilité des crimes commis au nom de la révolution. Comme si Marx avait écrit un quelconque évangile, un recueil de préceptes, dont la mise en oeuvre établirait la moralité. Mais le socialisme n'est pas, pour Marx, un rêve à réaliser, ni une utopie à construire, il est le concept désignant le prochain stade du développement de l'humanité, découvert à partir de l'analyse scientifique du capitalisme. C'est dire l'importance, face aux idéologies bourgeoises et petites-bourgeoises du « meilleur des mondes possible », de rejeter l'humanisme de droite ou de gauche, et de restaurer la démarche de Marx dans sa scientificité. Une telle tentative pose de nombreuses difficultés que cet ouvrage ne prétend ni résoudre ni masquer par des formules et clichés pseudo-dialectiques. Il vise seulement à montrer comment fonctionne la dialectique dans Le Capital : quelles questions elle pose et quelles réponses elle apporte. Ce livre ne veut être qu'un auxiliaire à la lecture du Capital, texte malmené que chacun invoque, mais que peu lisent, comme il le mérite, attentivement.