Jean-Louis Pedinielli
Jean-Louis Pedinielli
L'alexithymie est un « style cognitif » qui se caractérise par une incapacité à verbaliser les émotions, une vie imaginaire peu développée, une tendance à recourir à l'action pour éviter ou résoudre les conflits, et un discours caractérisé par la description détaillée des faits, des événements, des symptômes physiques. L'alexithymie se retrouve préférentiellement dans la pathologie psychosomatique dont elle pourrait d'ailleurs être un facteur étiologique. Mais sa présence a été encore retrouvée dans certaines addictions (toxicomanie, alcoolisme) ou troubles mentaux (état de stress post-traumatique, dépression), ainsi que dans la population normale. Ce livre fait le point sur les travaux neuropsychologiques qui ont montré que l'alexithymie pouvait avoir plusieurs origines (absence de transmission de l'information entre les hémisphères cérébraux, réaction au stress, modification du traitement cognitif de l'émotion en mémoire à long terme...). Mais il s'intéresse aussi aux théories psychanalytiques qui, pour leur part, ont mis l'accent sur la différence entre les mécanismes à l'oeuvre dans la névrose et ceux opérant dans l'alexithymie (refoulement de l'imaginaire pour Sami Ali, forclusion de l'affect pour J. McDougall...). La question des thérapeutiques de l'alexithymie est abordée tant à partir des positions cliniques actuelles que des prolongements de certaines formes de thérapies cognitivo-comportementales.
Ce livre présente la psychologie clinique dans son double champ d'investigation : à la fois comme discipline théorique et comme pratique. Il rend compte aussi bien de ses doctrines et de ses domaines théoriques - de la psychopathologie à la psychologie de l'éducation, de l'enfant et de l'adolescent, etc. - que de ses méthodes d'intervention - évaluation, diagnostic, soutien, psychothérapies des sujets souffrants. Il fait également le point sur la recherche et sur les questions éthiques.
La clinique se fonde sur l'observation fine des individus et des situations et sur la retranscription de leur histoire sous la forme d'« études de cas ». Ces deux pratiques ne vont nullement de soi, et le but de cet ouvrage est de donner au clinicien et futur clinicien les fondements de leur pleine maîtrise.
Traumatisme, traumatique, trauma, sont des mots, des notions psychologiques, qui accompagnent notre époque... La question du traumatisme occupe une place déterminante dans la psychopathologie moderne en reposant le problème du rapport entre le sujet et les ruptures de vie, les drames, les accidents... Qu'est-ce qui « fait trauma » ? Qu'est-ce qui peut bien distinguer le simple événement déplaisant, le choc, du traumatisme au pouvoir désorganisateur générant des phénomènes pathologiques ou des souffrances ou contribuant à leur persistance ? Cet ouvrage délimite la définition de « traumatisme », et en donne les caractéristiques cliniques. Il rend compte des différents courants (psychanalyse, cognitivisme, EMDR) qui fournissent, chacun, leurs propres définitions et théories du traumatisme. Enfin, il recense les prises en charge des sujets traumatisés en distinguant les soins immédiats des traitements psychothérapeutiques à moyen ou long terme.
Le « regard de travers », telle est la raison donnée par certains adolescents délinquants pour rendre compte de leur déchaînement de violence. À partir de cette question du regard, les auteurs, cliniciens, s'interrogent sur les rapports entre adolescence et délinquance, entre regard et passage à l'acte, entre image et aliénation, entre symbole et insigne. La reprise des théories psychanalytiques des changements de la puberté, l'interrogation des théories de la délinquance ouvrent la voie à une analyse des rapports de l'adolescent à son image et à sa tentative de résoudre l'impasse adolescente par une identification au personnage et aux insignes de la délinquance. Condamné à montrer ce qu'il est devant un regard qui le vise « de travers », l'adolescent se fourvoie dans le conformisme des images. Il devient alors le héros d'un nouveau cogito selon lequel il montre pour déduire ce qu'il est. Le regard, souvent celui de la justice, se referme pour le réduire à ce qu'il voit. Devant ce piège, le « délinquant » pourrait citer ce que Jean Genet affirmait en son temps : « Je sentais le besoin de devenir ce qu'on m'avait accusé d'être. » Illustré de cas cliniques, cet ouvrage constitue une véritable aide aux professionnels concernés par la délinquance, en proposant une meilleure compréhension des passages à l'acte et de la mise en jeu incessante du pouvoir et de l'autorité.
Les conduites de risque, souvent nommées conduites à risque, sont des actes, répétés, qui mettent une personne aux prises avec les conséquences possibles d'un danger. Dans une société qui développe de plus en plus une véritable phobie du risque, ces conduites ont de quoi surprendre, voire choquer ou fasciner. Elles comportent deux modalités cliniques : les conduites qui visent le risque et celles qui le dénient. Dans les premières, le risque est la condition nécessaire, l'objet de la conduite dans laquelle sont recherchés des sensations fortes, le jeu avec le danger et la mort : sports « à risque », conduite automobile « à risque », jeu, conduites sexuelles « à risque », roulette russe... La dimension pathologique réside dans la fixité, la répétition et l'absence de maîtrise. Les secondes (risque dénié) sont avant tout des recherches de jouissance (toxicomanie, alcoolisme...) comportant un risque qui n'est pas l'objet visé par la conduite, mais subi (au risque de). L'analyse psychopathologique privilégie l'intentionnalité, le rapport au risque et à ce qu'il représente, ses effets subjectifs. Ces conduites s'appuient sur une économie fondée sur la recherche de sensations, l'exaltation, le vertige, la jouissance... L'ouvrage analyse les questions du corps, des affects, des néo-pulsions, de l'agir, du Pharmakon, de l'ordalie, de l'identification, de la jouissance, de « l'économie (psychique) parallèle ». Ce livre en faisant apparaître les dimensions sociétales, cognitives, psychanalytiques ouvre la réflexion sur ce qui est cherché à travers le risque et met l'accent sur la défaillance d'inscription symbolique.
Ce sont les perversions sous toutes ses formes qui sont ici analysées : perversions sexuelles, mais aussi par extension, tout mode de jouissance - perversion morale ou narcissique - reposant sur la souffrance et l'instrumentation de l'autre. Y a-t-il un noyau commun à toutes les perversions ? Sur quels mécanismes psychopathologiques reposent-elles ? Les croisements et oppositions des conceptions scientifiques sont révélateurs d'options quant au statut à accorder à la sexualité, aux interdits et à l'individualité. La troisième édition de cet ouvrage, qui met à jour les conceptions de chaque perversion, aide grandement à y voir plus clair.
Les troubles des conduites alimentaires représentent un véritable problème de société ainsi qu'une interrogation psychopathologique et clinique. Anorexie, boulimie et obésité qui en sont les manifestations les plus graves sont des formes de souffrance distinctes, mais dont les mécanismes peuvent se combiner et, aussi, se disjoindre. L'ouvrage a pour but de décrire ces troubles, de les illustrer au moyen de cas cliniques et de fournir les interprétations de leurs étiologies et processus, en fonction de différents courants théoriques. Ces pathologies comportent des enjeux identitaires et sanitaires importants puisqu'elles sont articulées au social, aux modèles de la beauté, à la féminité, à l'adolescence et au rôle de l'alimentation dans notre culture postmoderne. Les formes de prise en charge sont évoquées en relation avec ces enjeux. Jean-Louis Pedinielli est professeur de psychopathologie clinique à l'université d'Aix-Marseille. Anne Ferran est psychologue clinicienne à Ajaccio. Marie-Ange Grimaldi est psychologue clinicienne à l'Assistance publique des hôpitaux de Marseille et enseignante à l'université. Carmen Salomone est psychologue clinicienne au CMP Pythéas à Marseille et enseignante à l'université.
Drame psychologique et familial, phénomène social, problème de santé publique..., les dépressions sont le diagnostic le plus fréquemment évoqué à l'heure actuelle en cas de difficultés psychiques. Ce phénomène n'épargne personne puisqu'il se retrouve chez le bébé comme chez le sujet âgé. Mais, contrairement à d'autres troubles psychiques, la dépression représente un état transitoire - même s'il en existe des formes chroniques - qui, une fois guéri, laisse la personne identique à ce qu'elle était auparavant, mais en proie au souvenir d'une expérience particulièrement insupportable. On trouvera dans cet ouvrage une description précise de cette souffrance, de ses formes, de ses origines et de ses traitements. Cette 2e édition intègre les changements des classifications internationales, les nouvelles données sur les troubles bipolaires et enrichit la partie psychopathologique. Jean-Louis Pedinielli est professeur de psychopathologie et de psychologie clinique à l'université de Provence. Amal Bernoussi est maître de conférences de psychopathologie à l'université de Picardie Jules Verne.