Jean Larose
Jean Larose
Contrairement au cliché, hélas encore trop répandu et auquel il est plus nécessaire que jamais de tordre définitivement le cou - ce à quoi s'emploie cet ouvrage -, il y a des individus au Japon... Il y a dans ce pays des singularités, fortes et originales, et pas uniquement dans le domaine artistique ; il y a des individus qui mènent des combats pour leurs droits, et ces combats nourrissent et renforcent la démocratie japonaise. La question de l'individu, qui est depuis le xixe siècle au centre de la réflexion sur la modernité japonaise, est toutefois aujourd'hui âprement discutée au Japon même. Ce qui rend plus complexe encore la perception que l'on peut en avoir. On assiste en effet dans ce pays, au travers de la montée en puissance des idées néolibérales et néoconservatrices, sinon nationalistes, à une tentative de redéfinition de l'individu et des droits individuels qui pourrait aboutir à terme à des changements importants dans la nature même de sa démocratie. Outre l'affirmation de l'existence d'individus japonais, et plus exactement comme condition même de l'existence de ceux-ci, ce sont donc toutes ces questions que l'on trouvera traitées dans cet ouvrage dont l'ambition est de défricher un domaine jusqu'ici peu étudié.
Et si notre époque avait effacé la mémoire au profit de l'instant ? Google goulag de Jean Larose interroge notre rapport au passé, à la culture et à la technologie.
Après une incursion du côté du roman (Première Jeunesse, 1998 ; Dénouement, 2006), l'auteur de La Petite Noirceur (1987), de L'Amour du pauvre (1992) et de La Souveraineté rampante (1994) revient à l'essai. Il rassemble ici une vingtaine de textes écrits au fil des années, dont les sujets sont aussi variés qu'actuels mais qui tous se veulent des exercices de « littérature appliquée », misant sur cette lumière particulière, à la fois impitoyable et compatissante, que jettent sur le monde qui nous entoure l'expérience de la littérature et la pratique des grandes oeuvres de la culture. Tableau du Québec actuel et, plus largement, de la nouvelle civilisation qui se met en place, cette suite d'aperçus exprime tantôt l'inquiétude, tantôt la colère, parfois l'espoir, d'un esprit farouchement attaché à des valeurs (la langue, l'éducation, la mémoire) dont l'effacement met en péril cela même qui humanise la vie humaine, dignité, lucidité, liberté.Les lecteurs retrouveront ici le style tout à fait unique de Jean Larose, cette prose flamboyante, ce franc-parler, cette sorte de jubilation de la pensée et de l'écriture qui font de lui l'un des essayistes les plus singuliers de la littérature québécoise contemporaine.