Jean-Gérard Théobald
Jean-Gérard Théobald
A l'heure où l'Europe se voit proposer en guise d'unité une uniformisation technocratique reniant toute racine chrétienne, on aurait tort de passer sous silence l'influence de Luther dans les grands débats d'idées qui ont secoué notre continent depuis la fin du Moyen Age.De grands désordres religieux, intellectuels, économiques et politiques s'ensuivirent dans le déchaînement des hégémonismes provoqués par la guerre de Cent Ans. Cette impatience à se dégager de l'autorité, de la hiérarchie, de la tradition se manifesta particulièrement pendant la Renaissance et c'est dans ce contexte qu'apparut Luther, moine augustin de Wittenberg. La séparation de l'homme et de Dieu jusque dans le sein de la religion est assurément le grand exploit" de Luther.Nul encore n'avait osé émanciper à ce point la raison humaine. Les grandes questions soulevées par lui (la grâce, les oeuvres, la liturgie, la confession...) ne se comprennent que reliées à cette volonté de changer l'Eglise dans son essence. Cette proclamation de la souveraineté de la raison individuelle eut évidemment des répercussions politiques. Jacques Maritain, qui n'était pas tendre avec Luther, a écrit que Luther est à la source du volontarisme moderne.Une biographie qui se lit avec bonheur.".
Depuis le XIXe siècle, la cause était entendue : l'Eglise catholique avait condamné, emprisonné et martyrisé Galilée, un astronome génial, qui avait démontré que la Terre tournait autour du Soleil, ce que l'Eglise refusait d'admettre. Or la réalité est tout autre ! Non seulement Galilée n'a jamais passé un jour en prison, n'a jamais été martyrisé, mais Aimé Richardt démontre, en s'appuyant sur des documents irréfutables, que Galilée n'a jamais prouvé la rotation de la Terre autour du Soleil, et que l'Eglise était fondée à le condamner. En effet, les plus hautes autorités religieuses lui avaient demandé, en 1616, d'apporter une preuve à sa théorie, qui était d'ailleurs celle de Copernic, ou de parler d'hypothèse et, surtout, de ne pas intervenir dans l'explication des textes de la Bible qui paraissaient soutenir la thèse opposée du géocentrisme. Après l'avoir promis, Galilée est revenu sur sa parole, il a donc été jugé et condamné, avec une mansuétude toute particulière, réclamée par le pape qui était son ami. On est bien loin de l'image du martyr en proie à la persécution de l'Eglise...