Jean-François Serres
Jean-François Serres
Les parents d'Angelina rêvent d'une vie meilleure, loin de la misère de Madagascar. Mais après le naufrage de leur barque au large de Mayotte, la vie d'Angelina et de son petit frère va basculer. Maintenant, elle doit payer la dette de ses parents, afin de rembourser les passeurs. Elle retourne alors dans son pays, puis part pour Beyrouth, où elle est exploitée pour un salaire de misère. Ses rencontres l'aideront-elles à retrouver sa liberté ? Un roman d'apprentissage sélectionné pour le prix littéraire Hors Concours et qui aborde l'actualité au travers des thèmes de l'immigration et de la clandestinité. À PROPOS DE L'AUTEUR : Yves-Marie Clément est né à Fécamp en Normandie. Écrivain voyageur, il est l'auteur de près de 90 ouvrages, surtout destinés à la jeunesse. Il rencontre souvent ses lecteurs dans les classes et les bibliothèques, et participe à de nombreux salons du livre en France et à l'étranger. Il a écrit ce roman après un séjour de quatre ans à Mayotte.
Notre société a perdu sa joie de vivre. La faute à l'économie ? Au contexte sécuritaire actuel ? Non, l'« ennemi » ne vient pas de l'extérieur. C'est nous qui sapons les bases même de notre société, en nous isolant les uns des autres, alors que nous sommes, fondamentalement, des êtres de relations ! Les pauvres, les faibles sont en première ligne mais ne nous leurrons pas : nous subissons tous cet appauvrissement relationnel. C'est parce que ce socle de relations s'est appauvri que notre société s'affaisse. Nous ne sommes pas seulement attaqués, nous sommes fragilisés. Une société dont les membres cultivent le vivre-ensemble, l'entraide, traverse mieux les crises, les difficultés passagères. Il est loin le temps où l'on se rendait visite, où l'on riait ensemble, où les portes étaient ouvertes. Même si cela devient urgent, il n'est heureusement pas trop tard pour les rouvrir. Et ce n'est pas insurmontable. Cet ouvrage dessine ce qu'est un engagement « à taille humaine », ce que signifie « retisser les liens », de proche en proche, tout en esquissant les contours d'une vraie politique sociale qui permettrait à la fraternité de notre devise républicaine de prendre réellement son sens.
« Liberté, Égalité, Fraternité », telle est la devise de notre République. Mais si les deux premiers piliers sont au coeur de nombreux débats, le troisième semble le parent pauvre de notre système. Dans notre monde fracturé, les politiques de solidarité et de « vivre ensemble » montrent franchement leurs limites, et l'ampleur de ce fléau universel qu'est l'isolement social révèle l'urgence de développer une véritable politique publique autour de la fraternité. Tant que le sujet ne sera pas porté politiquement, tant que le débat public ne s'en sera pas emparé, tant que la Fraternité ne sera qu'une volonté de façade morcelée entre différents ministères, des millions de Françaises et de Français continueront d'être frappés par cette nouvelle forme d'extrême misère que constitue la solitude. Fort de ses années d'expérience dans le monde associatif en lien avec les services de l'État, Jean-François Serres invite donc à une prise de conscience de l'importance de ces organisations - 20 millions de bénévoles oeuvrent aujourd'hui en leur sein ! -, de la nécessité de les promouvoir, de les coordonner, de les financer, de créer des partenariats, et propose un grand plan national au service de la fraternité républicaine.
Un Français sur dix est en situation objective d'isolement. Les personnes âgées et celles en situation de pauvreté sont les plus menacées par ce phénomène qui fracture la société. Comment retisser du lien en faisant en sorte que personne ne soit enfermé dans la solitude ? Pour vaincre l'isolement, Jean-François Serres propose de prendre le mal par la racine. L'État et les citoyens peuvent mettre en oeuvre une véritable politique de fraternité. Développer des liens forts et durables est la condition nécessaire pour relever d'autres grands défis : précarité sociale, privation de travail, manque d'attention aux plus fragiles... Encourager la fraternité ne doit pas être cantonné à un voeu pieux. Vaincre l'isolement peut devenir un geste à portée de main, quel que soit le temps dont on dispose, son lieu d'habitation et son âge. Pour concrétiser cet engagement, ce livre propose de s'appuyer sur les ressources et les réseaux de plusieurs centaines d'équipes citoyennes. Présentes dans toute la France, ces équipes sont un carrefour d'initiatives rejoignant les plus fragiles. Ainsi, chacun a la possibilité d'inventer des liens conviviaux qui contribuent à la construction d'une société riche de l'épanouissement de tous.