Jean-François Draperi
Jean-François Draperi
Eté 1795, Paris, rue Guénégaud, quartier du Pont-Neuf. Près de dix-huit mois après la mort de Marie Roland sur l'échafaud, place de la Révolution, de l'autre côté de la Seine. Sophie Grandchamp relit le volume des mémoires qu'elle lui vit écrire durant ses mois d'emprisonnement sous la Terreur. Elles avaient été liées brièvement et sur le tard, d'une amitié que Sophie donne pour une passion. On doit à Sophie un portrait, subjectif et parfois amer, qui modifie sensiblement celui des historiens. "Sa" Marie est une femme attachante, intelligente et vive, impatiente des contraintes du quotidien.
Le marché du luxe est évalué à environ 300 milliards de dollars par an ; on estime que celui des pauvres oscille entre 5 000 et 13 000 milliards de dollars par an. Bienvenue dans le monde du business social ! Le business social ? C'est nouveau, ça vient des Etats-Unis, et ce n'est pas très social. Une date ? Depuis l'an 2000. L'objectif ? Appliquer les méthodes de la grande entreprise aux activités sociales. Des moyens ? La start-up sociale, la théorie dite "bottom of the pyramid", et l'art de détourner le sens des mots qui ont un sens (émancipation, environnement, écosystème, alternative, coopération, etc.). Un risque ? La mort du lien social. Une conséquence ? L'augmentation de la fortune des plus riches et l'accroissement des inégalités sociales. Partant d'une question : pourquoi ceux qui ont le plus contribué à casser l'économie réelle sont-ils ceux qui, quelques années après, prétendent résoudre la question sociale, ce livre ne critique évidemment pas la sincérité des projets des start-ups sociales, mais nous alerte sur l'un des nouveaux visages du capitalisme et nous éclaire pour que nous ne participions pas involontairement à une idéologie que nous réprouvons profondément.
L'autobiographie raisonnée est, mutatis mutandis, la forme prise par l'approche narrative en formation professionnelle dans les secteurs de l'action sociale et de l'économie sociale et solidaire. Particulièrement utile au sein du mouvement coopératif, elle permet aux acteurs de prendre conscience de leur parcours de vie personnelle et professionnelle, de l'exprimer et le formaliser. Le résultat de ce travail se traduit en termes de compétence professionnelle, de savoir-faire transmissible ou de culture et projet d'entreprise.
Les coopératives se heurtent à la puissance des régulations internationales qui tantôt les ignorent, tantôt les contrarient. Simultanément, la société civile attend de l'économie sociale des solutions alternatives. Les coopératives sont-elles capables de susciter elles-mêmes des attentes différentes de celles provoquées par l'économie capitaliste ? La transformation des attentes de la population est le défi auquel la société a à faire face aujourd'hui pour éviter une catastrophe écologique et sociale annoncée.