Jean-Claude Leroy
Jean-Claude Leroy
Fin observateur du monde, ses aberrations, ses dérives, comme de sa beauté, qui ne se révèle qu'à celui qui sait voir et entendre, Jean-Claude Leroy pose sur le papier ses miscellanées en forme de pavés, allant du poème, de l'aphorisme, de la réflexion sauvage, à la fantaisie la plus spontanée. Le lecteur est ainsi invité à cheminer, cahin-chaos, de questionnements en pensées formulées, d'hommages fulgurants en portraits poignants. Misanthropie sévère, mais sentimentalité récurrente façonnent ces Pavés à petites touches d'humeur sombre et d'humour noir, perçant à jour l'universel, terrifiant, et le personnel, dérisoire. « Jean-Claude Leroy est un veilleur du langage au sens où ce dernier active le pouls du monde, des vies, des expériences. » (Serge Martin, Europe, mars 2022). Et Marc Wetzel d'ajouter (Sitaudis, 1er octobre 2025) : « auteur net, d'humeur difficile ».
Récit romancé d'un séjour en Égypte durant la séquence révolutionnaire de l'hiver 2011, inscrite dans ce qui fut appelé le Printemps arabe. Journal des événements vécus en simple témoin analphabète, à travers la vision, le ressenti, le partage des émotions et opinions, c'est aussi un voyage intérieur percuté par les mauvaises nouvelles qui surviennent. La perte d'un ami dans un accident de la circulation en Inde. La catastrophe nucléaire de Fukushima. Prose réflexive où, par l'esprit critique, mais aussi par l'amitié, « l'humanité de l'humain » cherche à garder tous ses droits.
Les nouveaux : Benjamin Fouché, Corine Pourtau, Jasmin Limans, Jean-Claude Leroy, Juliette Penblanc, Maëlan Le Bourdonnec, Sandrine-Malika Charlemagne, Witold Bolik Les récidivistes : Alexandre Nicolas, Antonin Crenn, Cleo Jansen, Ève Vila, Jean-Marc Sire, Julien Boutreux, Michel Antoine Chappuis, Sandra Bechtel, Thierry Moral, Yan Kouton Éditeurs à l'honneur : Erosonyx & Le Laboratoire Existentiel Édito : Ce numéro s'est élaboré sur la base d'une sélection de tableaux de Gilles Ascasoet de Saïd Mohamed. Mêlant, avec la désinvolture qui lui est désormais coutumière, genres littéraires, thèmes et écritures, Le Cafard hérétique partage ses pages entre talents confirmés - qu'il lui plaît de suivre et d'encourager - et voix nouvelles, grinçantes ou graciles. Ce numéro 10 ne déroge pas à la règle : couleur (peinture), saveur (écriture)... que du bonheur (lecture) ! Photo de couverture : Oscar Sergent Illustrations intérieures : Vincent Normand Tableaux reproduits : Gilles Ascaso, Cleo Jansen & Saïd Mohamed
J'étais seul et sans mémoire depuis cinq ou six années. Je ne savais plus quoi, mais il avait bien fallu l'oublier. Mon nom même m'apparaissait comme une résonance plutôt étrange, je l'avais perdu sans doute pour gagner celui de fleurs et d'astres que je distinguais nouvellement - le monde me devenait familier, m'engloutissait. La vieille maison dont j'avais hérité souffrait de désolation, j'y errais dans un étroit périmètre de pénombre, entre des murs gris et des objets surannés. Une atmosphère mélancolique m'imbibait comme un mauvais vin, une piquette prise à contre-coeur. Cependant je vivais en continuant de vivre, ne méritant plus que de l'habitude. Rien de triste, en somme, simplement la vie de presque tout le monde. L'hiver venait souvent, j'avais froid. Des heures durant je me tenais sur le seuil, assis sur la pierre d'entrée, comme à attendre. Ainsi ce jour. Jean-Claude Leroy signe avec Aimer de vivre un recueil crépusculaire, étranger au monde frivole, hors du temps - ensorcelant. Son écriture, subtilement poétique, se fait lascive, tumultueuse, mélancolique, intranquille, pour ciseler cinq récits, brûlants et vacillants comme la flamme d'une bougie, où se croisent, s'aiment, se désirent et se déchirent des corps, des coeurs, des frères et des âmes soeurs.