Jacques Profizi
Jacques Profizi
"Un amour schizophrène" ne doit pas être abordé comme un roman traditionnel. Il s'agit plutôt d'un récit-témoignage où l'imaginaire et le vécu, étrangement, s'accouplent. Narration sans point de repère ? Rêve ou cauchemar éveillé ? Cette confession d'un schizophrène, qui vit une grande passion avec celle qui le soigne, nous laisse un profond et subtil malaise. Jacques Profizi sait nous faire pénétrer dans l'univers de "l'anormalité", royaume parallèle, peuplé d'êtres attachants qui souffrent en marge de notre société.
Après avoir cité, sur « Les fleurs du mal », l'opinion d'un grand journal en 1857 : « Ces fleurs s'épanouissent superbement, mais sur un fumier », l'auteur de cet essai ajoute : « Voulez-vous visiter le fumier, afin d'y découvrir les superbes fleurs ? » Et c'est une exploration psychanalytique, en procédant par touches révélatrices successives, que nous donne Jacques Profizi du livre fameux de Baudelaire. La clairvoyance de Jacques Profizi suit Charles Baudelaire, le « Baudelaire de la pénombre », à travers cette oeuvre-clé, jusqu'au plus secret de sa hantise du mal, dans la maladie et la douleur, la décrépitude physique et l'appareil funèbre de la mort - à laquelle Baudelaire prêtait un sens vital - sans négliger ce sentiment de Dieu toujours présent chez le poète. Cet essai éclaire, avec une parfaite intuition, la « personnalité embusquée » du plus actuel, du plus moderne des grands romantiques.