Jacques Gonnet
Jacques Gonnet
De plus en plus on considère qu'il est nécessaire d'apprendre à lire les médias comme on apprend à compter ou à lire ou à écrire dans les petites classes. L'enjeu ? Devenir citoyen, savoir hiérarchiser l'information. « Copyright Electre »
À quoi sert l'information ? À rien. Ce constat que l'on n'ose pas dire, ce constat sacrilège, tout le monde le vit plus ou moins, en regardant l'insupportable des images qui nous viennent du Kosovo, du Rwanda, d'Algérie ou d'ailleurs. Bien sûr, l'information est vitale dans les stratégies des États, dans les parties d'échecs à l'échelle mondiale, pour préparer une opinion publique au pire, pour prendre le pouvoir ou le conserver, pour manipuler. Mais ce que je reçois, dans ma solitude, dans mon impuissance apparente à agir, comment le vivre ? Cette prise de conscience est une révolution. En effet, jusqu'à une époque récente, l'humanité a vécu avec un imaginaire de l'information. Être informé, c'était la certitude de l'action. Il s'agit donc d'une blessure au sens où Freud parle, par exemple, de la blessure de l'homme qui découvre que le moi n'est pas le maître dans sa propre maison. Mais alors, comment vivre ce spectacle de la souffrance des autres présenté chaque jour avec plus de violence ? Quel rapport entretenir avec l'information ? Loin d'entraîner au pessimisme, cette conscience nous renvoie à nous-même, à notre disponibilité à l'Autre, au cheminement intime de chaque être pour inventer ses réponses.
À quinze ans, on écrit pour survivre, pour crier, pour rêver d’un monde moins dur. Les Journaux des lycéens rassemble ces voix brutes, ces poèmes et ces textes sans fard, où la jeunesse parle d’amour, de révolte et de solitude.
Des milliers de journaux scolaires et lycéens paraissent chaque année, dans presque tous les pays du monde. En France, depuis 1925 et l'introduction de l'imprimerie à l'école - prônée par Célestin Freinet - les petits journaux scolaires font partie du paysage des écoles. Mais le phénomène s'est amplifié, dépassant le cadre de l'école primaire, il touche aussi les adolescents qui expriment dans ces publications leurs espoirs, leurs préoccupations, leurs questions. Ainsi, ces productions apportent un témoignage irremplaçable - souvent méconnu - de la vie des jeunes. Comment définir ces journaux ? Que disent-ils au juste ? Comment sont-ils accueillis par les adultes ? Pourquoi et comment faire un journal ? Si cet ouvrage témoigne de l'intérêt pédagogique d'un projet-journal, il donne aussi la mesure du caractère d'initiation à la vie sociale que vivent les jeunes qui se lancent dans ces aventures.